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Magazine PROF n°7

 


Dossier Amarrer les enseignants débutants

Suivre un jeune enseignant, pas le précéder…

Article publié le 01 / 09 / 2010.

Lauréates du Prix Reine Paola 2010 pour l’enseignement, Martine Dufrasne et Françoise Meurant animent le groupe de paroles de l’Athénée Gatti de Gamond, à Bruxelles.

Françoise Meurant et Martine Dufrasne ne sont pas inconnues de nos lecteurs, puisque notre premier numéro évoquait le groupe de paroles qu’elles ont initié à l’Athénée Gatti de Gamond, à Bruxelles.

Martine Dufrasne et Françoise Meurant, Prix Reine Paola 2010.
Martine Dufrasne et Françoise Meurant, Prix Reine Paola 2010.
© PROF/FWB

PROF : Comment le projet a-t-il muri depuis l’an dernier ?
Martine Dufrasne :
Depuis un an, le groupe s’est élargi aux parrains, l’athénée ayant développé un projet de parrainage des jeunes enseignants qui est davantage centré sur la discipline enseignée. Si au départ, les enseignants plus expérimentés coiffaient la casquette de conseillers, cela a vite évolué vers un échange entre pairs.

Autre changement : la rencontre hebdomadaire a migré du mercredi après-midi vers une pause de midi. Plus convivial et plus léger, notamment pour les enseignants débutants accaparés par la préparation des cours. Les modules de cinq semaines s’appuient sur une situation problème vécue dans l’école et relatée, choisie en commun. Nous prenons le temps de l’analyser, de comprendre et d’expliciter le contexte puis d’explorer des manières alternatives de réagir.

Quelles sont les conditions de réussite de ce groupe ? Et ses limites ?
Il y a évidemment la participation volontaire et régulière de l’enseignant, la confidentialité, une écoute bienveillante et l’absence de jugement de valeur. À Gatti de Gamond, notre travail en duo nous permet d’avoir davantage de recul et de croiser nos regards. Il faut aussi maintenir le cap sur l’objectif de codéveloppement professionnel, c’est-à-dire nourrir la conviction que la personne possède en elle-même les ressources nécessaires pour trouver des solutions aux difficultés. Et qu’elle peut trouver son propre style, sa manière de communiquer avec ses élèves. Pas question de tomber dans le paternalisme : il faut accompagner le jeune enseignant, pas le précéder.

Quel bilan ?
Il y a le travail visible et invisible. Ce groupe ouvre, j’en suis sûre, à un travail sur soi-même. Ce qui est visible, c’est l’affermissement des liens entre les enseignants débutants. Ce groupe d’échanges a sans doute permis d’ancrer certains nouveaux venus dans le milieu professionnel. Mais son apport est limité en cas de grosses difficultés de gestion d’un groupe ou de relations individuelles qui nécessitent un entretien individuel.

Le projet va-t-il s’exporter dans d’autres établissements ?
Le projet pourra être étendu, dès septembre, à d’autres écoles du réseau organisé par la Communauté française, qui pourront y consacrer des heures prélevées sur le fonds de solidarité (1% du NTPP de toutes les écoles). Et nous disposerons d’heures de détachement supplémentaires pour mettre en place une cellule d’accompagnement des groupes de paroles. Mais soyons clairs : un projet clé sur porte est inconcevable : il doit nécessairement éclore et se construire au sein de l’école, bénéficier de moyens et s’adapter à la culture de l’établissement, à ses projets, au tissu de relations qui s’y est tramé.

Éviter des erreurs

Sara Verstreken, professeure de français, a participé au groupe de paroles. « Face à certaines situations, on ne sait comment réagir : à partir de quand faut-il sanctionner ? Comment ? En échangeant ses expériences, on se forge sa propre dynamique puis on vérifie en classe ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas. Par essais et erreurs, donc. En outre, face à de jeunes enseignants, qui arrivent en cours d’année, les élèves tentent de modifier les règles existantes. Le groupe permet de mettre les choses au clair. Et donc d’éviter pas mal d’erreurs ».

Pas de jugement

Pour Emira Tissaoui, professeure de sciences et géographie, « ce groupe de paroles, c’est d’abord un formidable outil d’intégration pour le jeune enseignant parachuté dans un milieu professionnel. C’est aussi un lieu où l’on peut discuter librement, sans se sentir jugé. Cela m’a confortée dans ma manière de réagir avec les élèves. Dès le départ, je me suis montrée exigeante. En discutant avec mes collègues plus chevronnés ou débutants comme moi, je me suis rendu compte que j’ai suivi la bonne voie ».