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Magazine PROF n°36

 


Dossier Quand le théâtre entre en classe

Ils jouent, ils se forment au jeu

Article publié le 11 / 12 / 2017.

Amener le théâtre en classe, cela peut s’apprendre, notamment en prenant la place des élèves dans des jeux… et en observant.

Vendredi 26 octobre, dans une salle liégeoise, une vingtaine d’enseignants et de comédiens s’échauffent, se massant deux par deux ou faisant passer un claquement de mains entre voisins dans un cercle… Tous participent aux deux jours de la formation Faire du théâtre avec sa classe (menée par les Ateliers de la Colline pour l’Institut de la Formation en cours de Carrière). Ensuite, pendant dix minutes, ils écrivent, sans interruption, un texte à réutiliser librement ou pas, sur un thème - la lutte intérieure entre devoir et désir.

La représentation ponctue tout le travail d’improvisation et de préparation.
La représentation ponctue tout le travail d’improvisation et de préparation.
© PROF/FWB

Leitmotiv des divers exercices du jour, ce thème se retrouve dans une improvisation à partir de personnages (une reine, un roi, un beau-frère, une fille, un intendant, le défunt roi de Thaïlande) et d’un mobilier (une table, des chaises). L’animateur Jean Lambert demande un temps mort : il désigne un acteur qui confie au public sa pensée secrète, crée ainsi une connivence et choisit un point de vue. D’autres jeux se succèdent, axés sur un petit nombre de répliques ou sur le déplacement en silence, rythmé par la musique.

Le jeu vise la représentation

Tout ce travail permet à quatre groupes de préparer une représentation. Le premier prépare un dialogue qui démarre par « C’est une famille royale qui… ». Le second élabore une communication (chanson, poème, proclamation…), dans un endroit proche du théâtre. Cela pose la question de la scénographie. Le suivant part de la scène du Cid de Corneille où son père lui demande de le venger en tuant le père de Chimène. Le dernier débute son histoire avec une collection de vieilles chaussures. Cela pose la question de la relation à l’objet et au symbole.

Des codes à apprendre

La veille, après l’échauffement, chacun a joué une situation personnelle conclue par « Je suis fichu ». Puis, le groupe a travaillé dans un local scolaire sur les codes : différenciation des personnes et des personnages ; détermination des espaces-temps de jeu – où tout est fiction –, de préparation, de vision, prise en compte du jeu comme une construction – il n’y a pas d’échec – en vue d’une représentation, basée sur la parole, mais aussi sur le corps, le non-verbal, les émotions, des situations, des actions, des buts...

Au cours des jeux, l’animateur crée des arrêts pour relancer des pistes ou demande au public de le faire. À la fin de chaque jeu, les spectateurs, puis les acteurs, évaluent. Quel titre choisir ? Quel est le résumé ? Le lien avec le thème ? Qu’est-ce qui fonctionne ? Les relances possibles ? Quels sont les points de vue en présence ?

Pour garder des traces, l’un suggère d’utiliser la vidéo, l’autre d’utiliser les notes de préparation, un dernier de prévoir un temps de réécriture pour les équipes.

Clap de fin, l’animateur invite le groupe à s’applaudir : « Cela soude et montre le travail bien fait ».

La suite en classe ?

Quels changements en classe, après la de formation Faire du théâtre avec sa classe ? Enseignante à l’Institut provincial d’enseignement agronomique, à La Reid, Vinciane Stefani transpose une série d’outils : « improviser à partir d’un fait divers lu dans un quotidien, ouvrir l’imagination par l’écriture automatique rythmée en musique, improviser sans parole sur base d’une musique... » Ses élèves préparent quelques saynètes pour les portes ouvertes de l’école. « Le fil rouge ? La question : quel message souhaite-t-on faire passer ? »

Fabien Halleux, professeur de français à l’IPES à Huy, a pratiqué certains exercices d’échauffement et d’improvisation avec plus ou moins de succès : « Certains sont à réadapter en fonction du public ».

Institutrice maternelle à l’École Félix Trousson, à Ninane, Nathalie Albert constate le plaisir des enfants à s’échauffer et à vivre des « débuts de situation ». Le jeu des chaises – remplacées par des boites – a suscité entraide et collaboration. Et « dans un contexte musical, les enfants laissent s’exprimer leur corps et leurs émotions. J'envisage l'improvisation en demandant à un enfant, ou deux, de déplacer un élément d’un décor, ou de vivre une situation à partir d’un thème choisi ».