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Magazine PROF n°25

 


Dossier Neurosciences et éducation :
un dialogue en construction

« Mettre plein de relations dans la tête des enfants »

Article publié le 01 / 04 / 2015.

Depuis vingt ans, Joseph Stordeur explore les neurosciences et ce qu’elles peuvent apporter aux enseignants.

Orthopédagogue de formation et formateur d’enseignants, Joseph Stordeur a récemment publié Comprendre, apprendre, mémoriser, sous-titré « les neurosciences au service de la pédagogie » (éd. De Boeck, coll. Outils pour enseigner, 2014).

PROF : aborde-t-on les neurosciences en formation initiale ?
On commence à donner des informations sur le fonctionnement du cerveau dans certains cours, mais cela reste des informations, sans lien avec la pratique. Quand je donnais cours de psychopédagogie à l’école normale, j’avais mes étudiants 12-13 heures. Je pouvais construire une cohérence, établir des liens.

Aujourd’hui, quand je donne des formations, ceux qui ne comprennent pas le vocabulaire de base - ne se représentent pas ce qu’est une synapse, par exemple - ont beaucoup de difficulté à trouver la cohérence avec les pratiques en classe.

Quelles sont les certitudes qui peuvent aider les enseignants ?
En sciences, il n’y a jamais de certitudes. Il y a des hypothèses, plus pertinentes que d’autres. La plus importante, à mes yeux, est que le cerveau est modulaire. Les neurones sont spécialisés pour un type de contenu, mais ces modules spécialisés vivent en relation.

Chaque mardi, je travaille avec une institutrice maternelle, pour changer les pratiques en tenant compte de ce que nous disent les neurosciences. Les résultats ont dépassé nos espoirs. Aujourd’hui, les enseignants de 1re et de 2e primaire nous disent que les enfants ne sont plus les mêmes. Qu’ils ont envie d’apprendre. Je récolte des indices que nous sommes dans la bonne voie…

Le point de départ, c’était la litanie des nombres. Quand des enfants récitent des mots sans comprendre qu’il s’agit de représentations quantitatives, ils continuent à compter avec les doigts. Petit à petit, on a mis au point des pratiques qui permettent de s’assurer que les enfants ont compris.

Cela concerne des apprentissages très circonscrits…
Oui, mais ces pratiques reposent sur des situations complexes, qui n’ont rien à voir avec le drill ! Le drill, c’est travailler sur un micro-module. Si, face à une opération de calcul, je propose aux élèves toutes les situations opérationnelles possibles, je sollicite tous les modules qui peuvent entrer en action face à cette situation. Je travaille la mise en relation des différentes possibilités. Il faut mettre plein de relations dans la tête des enfants parce que c’est en relation que le cerveau fonctionne. Et chaque activité, on la travaille une semaine minimum, pour qu’elle laisse des traces que l’enfant pourra réutiliser ensuite.

Si on vous dit que le temps manque ?
Comme il s’agit de travailler des situations complexes, on est tout le temps dans les processus. Le plus important, dans l’apprentissage, c’est le processus. Et de construire des traces qui seront autant de points d’ancrage pour les apprentissages ultérieurs.

Vous insistez sur la nécessité de commencer dès la 1re maternelle. Pourquoi si tôt, et n’est-ce pas à contre-courant ?
Si je ne commence pas très tôt à ouvrir des circuits neuronaux, l’enfant doit trouver des trucs lui-même, qui forment et renforcent des circuits aux dépens d’autres connexions synaptiques. Si on laisse à l’enfant le soin de constituer ses circuits neuronaux sans une démarche pertinente, quand on voudra travailler cette démarche, ce sera plus difficile.

Tout se joue avant 3 ou 6 ans ?
Tout ne se joue pas avant 3 ou 6 ans. Mais c’est plus facile avant 6 ans. Il restera toujours plus difficile d’apprendre à 55 ans qu’à 6 ans...

Construire des traces des apprentissages passe par du temps et de la répétition. C’est possible en secondaire ?
Je n’ai pas de solution. Je pense qu’il est nécessaire de revoir l’organisation des apprentissages. C’est vrai qu’en 20 à 50 minutes, on n’a pas le temps de construire des traces…

Propos recueillis par
Didier CATTEAU