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Magazine PROF n°25

 


Dossier Neurosciences et éducation :
un dialogue en construction

L’apprentissage est d’abord une situation sociale

Article publié le 01 / 04 / 2015.

Membre du Centre de recherche en neurosciences et cognition et professeur à l’ULB, le Professeur Axel Cleeremans est spécialiste de la conscience et de l’apprentissage implicite. Il évoque les recherches actuelles en neurosciences.

PROF : Quelles sont les avancées utiles aux enseignants ?
Axel Cleeremans :
C’est une question compliquée, parce que je ne suis pas spécialiste de la pédagogie. Les expériences menées en neurosciences ne se réfléchissent pas en fonction de leurs implications sur l’enseignement. Il y a une forme de déconnexion entre l’école et la recherche fondamentale. C’est très important – et ça commence à se faire en France ou en Angleterre par exemple – de renforcer ces liens, pour que les travaux soient appliqués à la classe.

On a tendance à mettre les neurosciences à toutes les sauces ! On en arrive à dire « Ce n’est pas moi, c’est mon cerveau… » Nous ne devons pas perdre de vue que l’apprentissage est une situation sociale. L’efficacité de l’apprentissage dépend beaucoup plus du lien avec l’enseignant que de ce que l’on sait des neurosciences…

Néanmoins, quelques grands chantiers concernent les apprentissages. Comme les travaux sur la lecture : toutes les recherches indiquent que la méthode alphabétique est plus favorable que la méthode globale. C’est assez surprenant de constater que malgré ces résultats, l’approche analytique est parfois contestée…

D’autres choses ?
Il y a quantité de choses qui viennent à l’esprit. On sait par exemple que les adolescents ont besoin de plus d’heures de sommeil et qu’en outre ils ne sont pas réveillés le matin. Leur rythme circadien n’est pas le même que celui des adultes. Ce n’est pas lié à leur mode de vie mais à des facteurs physiologiques. On pourrait se dire qu’on va adapter les rythmes scolaires…

Il y aussi des travaux passionnants sur des méthodes permettant de consolider la mémoire, menés par Karpicke, et qui montrent que le rappel d’une information dépend presque plus du nombre de fois qu’on l’a rappelée [par exemple lors de tests] que du nombre de fois qu’on l’a mémorisée. Parce que le rappel, c’est une action. Il faut donc entrainer cette action. C’est l’effet « testing ».

Sur quoi les neurosciences travaillent-elles aujourd’hui ?
Il y a beaucoup de travaux sur la plasticité cérébrale. On sait à la fois beaucoup et très peu de choses. On sait qu’il y a deux mécanismes à l’œuvre : la potentialisation à long terme et la dépression synaptique à long terme, qui favorise l’élagage (1). Mais on n’a pas encore documenté le détail, par exemple comment un neurone forme une nouvelle connexion avec un autre neurone.

Il y a aussi des travaux sur la neurogenèse. On constate qu’il existe des cellules souches dans le cerveau adulte, capables de se transformer en neurones, ce qui renverse le dogme établi selon lequel le cerveau adulte est un organe statique.

Pas mal de recherches concernent aussi le contexte social.

Ceci dit, il y a des tas de choses qu’on ne sait pas ! Quel est l’impact des nouvelles technologies, par exemple ? Aujourd’hui, les informations sont instantanément disponibles sur n’importe quel sujet. Cela modifie la manière dont on interagit avec ces informations : retenir des mots-clés suffit. On sélectionne ce qu’on estime devoir mettre en mémoire. Mais plus j’externalise la mémoire, moins je favorise l’intégration de cette information au sein de ma mémoire, ce qui influence ma capacité à faire des liens…

Propos recueillis par
Didier CATTEAU

(1) Qui permet le renforcement durable des synapses entre deux neurones activés simultanément. Pour plus d’explications, voir http://lecerveau.mcgill.ca/flash/i/i_07/i_07_m/i_07_m_tra/i_07_m_tra.html et http://lecerveau.mcgill.ca/flash/i/i_07/i_07_m/i_07_m_oub/i_07_m_oub.html