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Magazine PROF n°25

 


Dossier Neurosciences et éducation :
un dialogue en construction

Neurosciences et éducation :
un dialogue en construction

Article publié le 01 / 04 / 2015.

D’un côté les neurosciences, de l’autre les enseignants ; le labo et la classe. Le dialogue passera par un langage commun. Pour que la compréhension du fonctionnement du cerveau soit utile aux pratiques.

Auteures d’un dossier très complet sur les rapports entre neurosciences et éducation (1), Marie Gaussel et Catherine Reverdy, chargées d’étude et de recherche à l’Institut français de l’éducation, observent qu’« ignorer les avancées faites sur la compréhension des phénomènes d’apprentissage ne parait plus être d’actualité pour certains chercheurs en éducation ».

© Fotolia/Carla Castagno

C’est aussi le credo de Joseph Stordeur, formateur d’enseignants et auteur de Comprendre, apprendre, mémoriser, sous-titré Les neurosciences au service de la pédagogie (lire en page 19). « La médecine a fait d’énormes progrès quand les médecins ont essayé de comprendre le fonctionnement du corps humain. La pédagogie ne pourrait-elle pas faire des progrès en essayant de comprendre le fonctionnement du cerveau ? »

Cette compréhension s’affine, grâce notamment aux progrès de l’imagerie cérébrale. Dont les méthodes sont indirectes : elles ne mesurent pas le raisonnement ou la compréhension mais captent l’activité électrique ou magnétique du cerveau, ou l’afflux sanguin, selon les techniques (2).

Un rapport publié par l’OCDÉ dans le cadre d’un ambitieux programme international baptisé « Cerveau et apprentissage » (3) rappelle d’ailleurs que « la neuroscience utilise des conclusions déjà établies par d’autres moyens : études psychologiques, observations in vivo ou études de résultats. » Et met en garde : « Il faut se méfier des approches simplistes ou réductionnistes qui, pour plaire aux médias ou sembler rentables, trahissent néanmoins les conclusions scientifiques ».

Établir des causalités et pas des corrélations

Il n’empêche : l’apport des neurosciences est important car elles permettent « d’établir la causalité et pas seulement la corrélation » et contribuent « à informer des interventions et des solutions efficaces, en explicitant les mécanismes responsables des éléments observés ».

Elles ouvrent aussi de nouvelles pistes, par exemple en comparant les activations neuronales présentes chez les experts et chez les novices (lire L’apprentissage est d’abord une situation sociale). Elles permettent de dissiper des « neuromythes » (lire Gare aux neuromythe). Et leurs conclusions questionnent parfois l’organisation scolaire.

Plus fondamentalement, le lien entre émotion et cognition ne fait plus aucun doute aujourd’hui (lire Il n'y a pas de cognition sans émotion). C’est vrai à tous les âges, mais « étant donné que les adolescents contrôlent mal leurs émotions […], il pourrait être judicieux de réfléchir à l’introduction de la régulation émotionnelle dans les programmes scolaires ».

Bien entendu, et historiquement c’est en ce domaine qu’elle a orienté ses travaux, la neuroscience éclaire les troubles de l’apprentissage, dont nous ne traiterons cependant pas dans ces pages.

Le cerveau, un organe dynamique

Professeur à la Faculté des sciences de l’éducation de l’Université du Québec à Montréal, Steve Masson, également fondateur de l’Association pour la recherche en neuroéducation (4), cite trois découvertes incitant à tenir compte des résultats de recherches.

Un : le cerveau est un organe dynamique, qui modifie son architecture cérébrale à chaque instant pour s’adapter à son environnement. « Lorsque l’on apprend, le cerveau change. Plus précisément, les connexions entre les neurones sont modifiées par l’apprentissage : de nouvelles connexions peuvent être créées et des connexions existantes peuvent se défaire, se renforcer ou s’affaiblir. »

Deux : l’architecture du cerveau influence l’apprentissage. « Un nombre croissant de chercheurs est d’avis que l’architecture cérébrale, c’est-à-dire la façon dont les neurones sont interconnectés les uns aux autres, influence et contraint de façon significative la façon dont certains apprentissages scolaires peuvent prendre place dans le cerveau ». Il prend la lecture comme exemple, et s’appuie sur les recherches effectuées à ce sujet par Stanislas Dehaene, psychologue cognitif et neuroscientifique (5).

Trois : l’enseignement influence les effets de l’apprentissage sur le cerveau. Et Steve Masson d’évoquer les travaux mettant en évidence l’importance de l’inhibition.

Du laboratoire aux classes

Reste à traduire ces résultats en classe. Pour Stanislas Dehaene, interrogé à ce sujet par Ange Ansour pour Le Café pédagogique (6), c’est aux enseignants de tirer les conclusions pratiques pour la classe. Donc, « ils doivent être informés des résultats scientifiques pour mieux discuter des conséquences de leurs choix pédagogiques ». C’est exactement ce que soulignent Joseph Stordeur, formateur d’enseignants (lire Mettre plein de relations dans la tête des enfants), et Aurélie Huyse, neuropsychologue, qui a animé une formation IFC sur le sujet (lire Construire ses outils sur une base solide).

« Je demandais aux enseignants ce qui fait que les résultats des recherches ne leur sont pas familiers, explique Mme Huyse. Ce qui est souvent revenu, c’est l’absence de vocabulaire commun. Les enseignants ne semblent pas comprendre les termes utilisés par les neuroscientifiques… » Ces quelques pages n’épuiseront pas le sujet, mais vous inviteront peut-être à poursuivre l’exploration…

Didier CATTEAU

(1) « Neurosciences et éducation : la bataille des cerveaux », dossier d’actualité Veille et analyses de l’Institut français de l’éducation, n°86, septembre 2013, p. 2. http://bit.ly/1EXDhZ6
(2) Pour en savoir plus sur ces techniques : http://bit.ly/1Gn6D4M
(3) OCDÉ (2007), « Conclusions et perspectives d’avenir », dans Comprendre le cerveau : Naissance d'une science de l'apprentissage, pp. 164-171. http://bit.ly/1DDrBMk
(4) MASSON, S., « Cerveau, apprentissage et enseignement. Mieux connaître le cerveau peut-il nous aider à mieux enseigner ? », in Éducation Canada, septembre 2014. http://www.associationneuroeducation.org/articles/2014/9/25/cerveau-apprentissage-et-enseignement-mieux-connatre-le-cerveau-peut-il-nous-aider-mieux-enseigner. Voir aussi http://www.associationneuroeducation.org
(5) http://crdp.ac-paris.fr/scienceetsociete/sites/default/files/video/dehaene/SD2.pdf et http://bit.ly/1GRxPJy
(6) « Des sciences cognitives à la classe : Entretien avec Olivier Houdé », http://bit.ly/19NOYqc