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Magazine PROF n°17

 


Dossier T’ar ta gueule à la récré

Une érosion de la confiance en soi

Article publié le 01 / 04 / 2013.

Quelles peuvent être les conséquences psychologiques du harcèlement sur un élève ? Deux questions à Patrick Spapen, psychologue à l’Hôpital Brugmann, à Bruxelles.

PROF : Quels effets possibles à court, moyen et long terme ?
Patrick Spapen :
Leur gravité dépend de l’âge de l’élève, de la durée du harcèlement et, surtout, de l’écoute et du soutien qu’il peut trouver dans l’entourage familial et scolaire. D’où l’importance de repérer les symptômes, ce qui n’est pas toujours aisé : souvent culpabilisée, honteuse, menacée parfois, la victime aura tendance à ne pas se plaindre.

Patrick Spapen : « La principale conséquence, c’est une érosion de la confiance en soi ».
Patrick Spapen : « La principale conséquence, c’est une érosion de la confiance en soi ».
© Fotolia/Pink Candy

La principale conséquence, c’est une érosion de la confiance en soi. Si l’enfant ne veut pas ou ne peut pas s’appuyer sur autrui pour trouver une solution, il éprouve un sentiment d’abandon. Et si le harcèlement se prolonge, par besoin de comprendre la violence dont il est victime, il peut s’imaginer responsable et coupable, ce qui peut provoquer stress, anxiété ou désespoir. Cela peut se manifester par un recours à la violence comme moyen d’expression, par un décrochage scolaire, voire même, dans des cas extrêmes, par le désir de disparaitre. Ce dernier cas ne doit pas être vu comme une volonté de se donner la mort, mais bien comme une solution à un problème qui dure depuis trop longtemps et semble insoluble. À plus long terme, devenue adulte, l’ancienne victime peut ne pas oser être spontanée dans ses interactions avec les autres, de peur d’être rejetée, par exemple.

Quels conseils donneriez-vous à un enseignant, à un éducateur, à un directeur,… confronté à un cas de harcèlement ?
D’aller au-delà des idées reçues – « Cela a toujours existé et ce n’est pas si grave », « Ce sont des histoires entre enfants ou entre ados », « Il suffit de punir sévèrement ou d’exclure le harceleur ». Ne perdons pas de vue que le harcèlement est une dynamique de groupe et qu’il influence le climat scolaire et le déroulement de la scolarité de ses acteurs.

Je leur dirais d’agir rapidement, mais pas dans l’urgence. D’abord de prendre le temps d’écouter la victime pour se faire une idée du problème, sans donner de conseils : Que se passe-t-il ? Où ? Quand ? Qui est impliqué ? Que ressens-tu ? Que souhaites-tu ? Que crains-tu ? Et lui dire qu’on va l’aider (en l’associant étroitement s’il s’agit d’un ado). Puis, de réfléchir et de se faire conseiller et entourer.

Illusoire, aussi, de croire que le problème peut être réglé en aidant la seule victime. Plus le brimeur harcèle sa victime (qui, par son attitude, peut le conforter dans le bien-fondé de son action), plus sa capacité de ressentir de l’empathie diminue. Et moins il mesure la gravité de ses actes. Le sanctionner, voire l’exclure de l’école, peut renforcer le mécanisme de vengeance. Fragilisé par la rupture de son cercle de relations, il pourrait reproduire ce comportement pour retrouver un sentiment de puissance et une estime de soi dégradée par la sanction.

Si on veut aider tous les acteurs – victime, agresseur et témoins – à sortir de là, il faut les amener à exprimer et à comprendre ce qui a été vécu, et à rechercher des solutions. Et collaborer avec leur famille, en évitant des accusations réciproques tellement courantes entre école et parents.

On peut aussi mettre en place des mesures matérielles : davantage de surveillance dans la cour de récréation, un accompagnement de la victime à la sortie de l’école. Et maintenir le contact pour voir si les mesures portent leurs fruits. Bref, de quoi permettre la reconstruction.

« Écouter la souffrance »

« Lorsque j’étais en 2e secondaire deux filles m’ont harcelée chaque jour verbalement et physiquement, explique Valérie Puraye, aujourd’hui institutrice de religion catholique. Les autres restaient passives. Les enseignants n’ont rien vu ou rien voulu voir, peut- être par crainte de ces deux élèves parfois très agressives. Mes parents ont tenté en vain de faire cesser ce harcèlement. En 3e, les deux filles ont changé d’école, mais les brimades ont continué, moindres. Je garde une image négative des années qui ont suivi. Aujourd’hui encore, je me préoccupe beaucoup du regard que l’on porte sur moi ».

« Je pense que cet épisode influence ma façon d’enseigner. J’ai un contact proche, naturel, bienveillant avec mes élèves. Quand j’observe un enfant isolé, je demande toujours si c’est son choix et, si la réponse est négative, je propose aux autres de l’intégrer dans leurs activités, leurs discussions. Je valorise les attitudes positives. Quantifier le harcèlement est difficile mais quelle que soit son intensité, il faut écouter la souffrance de la victime. Je pense aussi, que le harcèlement reste un sujet tabou pour les enseignants : sans mauvaise volonté, on craint de victimiser un élève, on minimise, on lui trouve même parfois des torts ».