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Magazine PROF n°11

 


Dossier École et jeunes en danger

Tisser des liens, pour aider les jeunes

Article publié le 01 / 09 / 2011.

Autour de l’enfant qui a besoin d’aide, l’école tisse des liens avec des partenaires. Ils sont parfois nombreux, ce qui pose un problème de choix et de coordination. Le premier d’entre eux reste le CPMS.

Autour de l’enfant en difficulté, 171 CPMS, tous réseaux confondus, sont les partenaires privilégiés des écoles, en écoute perpétuelle de leur fonctionnement, avec des équipes pluri-disciplinaires : psychologues (ou psycho-pédagogues), assistants sociaux, médecins et infirmières.

Selon Jocelyne Maudoux, présidente du Conseil supérieur des CPMS , les situations se complexifient.
Selon Jocelyne Maudoux, présidente du Conseil supérieur des CPMS , les situations se complexifient.
© Fotolia/LVDesign

Le rôle du CPMS

Parmi leurs diverses missions, ces agents répondent aux demandes spontanées des consultants. En général, ils essaient d’avoir un contact avec les parents. Si l’ado ne veut pas que ses parents soient contactés, ils peuvent l’écoutent quand même. Si l’école émet une demande, ils offrent leurs services. Cette aide n’est jamais obligatoire et ne se réalise qu’avec l’accord du jeune. Jocelyne Maudoux, directrice du CPMS de Tamines et présidente du Conseil supérieur des CPMS, complète : « En principe, il faut l’accord des parents. Mais on apprécie la situation. Si le jeune est en danger, on l’écoute. On le rencontre sans avoir nécessairement l’accord des parents ». Le CPMS mène également des actions de prévention.

Dans certains cas, l’intervention du CPMS est obligatoire. « La maltraitance en est un, explique Mme Maudoux. Après constat d’un médecin, notre premier mouvement est de rencontrer les parents. S’ils refusent, et que nous avons toutes les raisons de croire à la maltraitance, nous allons vers le SAJ, le Parquet ou par exemple SOS Enfants ». Le nombre de cas sociaux ne fait qu’augmenter : enfants battus, alcoolisme, racket, misère, inceste, filles-mères, renvois scolaires, haine raciale… (1). « Nous n’avons pas d’outils pour les quantifier, regrette Mme Maudoux. Le qualitatif importe d’ailleurs beaucoup plus que le quantitatif. Je note surtout que les demandes se complexifient. Y répondre amène davantage d’interventions pour une même situation. D’autres services viennent en soutien. Cela exige une coordination pour déterminer les limites et les fonctions de chacun. Ce travail quotidien se fait de plus en plus ».

Des articulations

Ainsi, créer du lien entre partenaires nécessite de se rencontrer et de parler. C’est le but de la Commission Crochets de l’arrondissement de Huy, depuis 10 ans. « C’est avant tout une table où on parle d’accrochage scolaire, explique Françoise Raoult, conseillère du SAJ de Huy, autour de laquelle on trouve des représentants des écoles secondaires et des CPMS de chaque réseau, des médiateurs scolaires, des AMO, des SAS, du parquet, du SAJ, du SPJ, du CAAJ ».

Une fois par trimestre, ils se voient pour former et entretenir des contacts, s’informer mutuellement sur le fonctionnement général de l’arrondissement et sur certains problèmes, sans parler de situation précise ou individuelle. Ils préparent aussi une journée annuelle de réflexion thématique pour tous les enseignants. Enfin, ils participent à la recherche-action sur les Commissions locales mixtes d’accrochage scolaire (2). « On ne se limite pas à ce thème, continue Mme Raoult. On touche aussi aux enfants en danger. Notre bilan est positif. Les délégués du SAJ évoquent des relations plus constructives. La notion de danger est mieux comprise. On ne leur envoie plus des situations qu’ils ne peuvent prendre en charge ».

Ce succès est-il transposable ? « Nous avons lancé une commission bis pour le primaire. La sauce a du mal à prendre, souligne notre interlocutrice. L’investissement des directions est plus difficile et il y a beaucoup plus d’écoles. Par ailleurs, notre arrondissement est très petit. Les autres font face à des situations fort différentes. Sans parler de Bruxelles ».

Et la police ?

Parmi les partenaires figure la police. Au-delà des interventions d’urgence ou demandées par le parquet, la circulaire PLP41 (3) vise à renforcer le partenariat police-école. Frédéric Boudin fait partie du pool jeunesse de la zone de police Nivelles-Genappe qui traite les dossiers famille jeunesse. « La PLP41, il a fallu d’abord bien la comprendre et ensuite, la rendre compréhensible, pour nous et pour les enseignants, explique-t-il. Nous avons élaboré un power-point, présenté à toutes les directions d’école de la zone ; surmonté les craintes ; déterminé des personnes de contact, les agents de quartier pour la police ; et abouti à une convention sur nos procédures de partenariat qui visent à un environnement scolaire plus sûr ».

Les bonnes pratiques ? Un « passe scolaire » uniformisé pour tous les élèves de la zone, en plusieurs couleurs en fonction des autorisations de sortie. Des procédures simplifiées en cas d’absentéisme, de consommation d’alcool. Une réunion annuelle de concertation.

Dans un avis rendu en 2008 à propos d’un programme de sensibilisation (MEGA) mené par la police auprès d’élèves de 5e, 6e primaire et 1re secondaire (4), le Conseil supérieur des CPMS « soutient toutes les mesures et dispositions d’échanges d’informations, de concertations, qui, sur le plan local, seraient prévues et organisées entre les responsables scolaires, les agents PMS, les parents, les services de santé et aussi les services de police; cette collaboration concrète et structurée est conseillée en amont de tout projet ».

Mais il relève une ambigüité à propos du rôle de la police : « Si les deux missions, – prévention et répression –, sont utiles à la société, elles sont cependant distinctes et doivent le rester sous peine de confusion du rôle du policier dans la société ; la police a un rôle sécuritaire important et socialement nécessaire ; pourquoi créer le trouble avec l’image du policier-psychologue, du policier-confident, du policier-ami ? ».

Patrick DELMÉE

(1) HULLEBROECK P., SILBERBERG V., Quels enjeux pour les CPMS ?, Ligue de l’Enseignement et de l’Éducation permanente, 2010.
(2) PLUNUS G. et al., Comment mobiliser les ressources des acteurs afin de favoriser une prise en charge plus rapide et plus adéquate des mineurs en situation d'absentéisme ou de décrochage scolaire ? Vers un référentiel commun, ULg, 2010, (étude prolongée jusque septembre 2011).
http://www.aidealajeunesse.cfwb.be/index.php?eID=tx_nawsecuredl&u=0&g=0&hash=0d1fa42a99603a31f5303402b86165ec77c69d92&file=fileadmin/sites/ajss/upload/ajss_super_editor/DGAJ/Documents/Recherches/Accrochage_scolaire/accrochage_scolaire_Rapportfinal_sept11doc.pdf
(3) Lire la circulaire 1721, http://www.enseignement.be/circulaires. Les circulaires 3660 et 3665 évoquent la collaboration des directions d’établissements scolaires avec les services de police, et notamment l’attitude à avoir à propos des éventuelles conventions établies dans le cadre de la circulaire PLP41.
(4) Avis 19 http://www.enseignement.be/index.php?page=25408