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Magazine PROF n°11

 


Dossier École et jeunes en danger

Certains restent au Quai

Article publié le 01 / 09 / 2011.

Le Quai est une Cellule d’accrochage scolaire interne à l’Institut Saint-Joseph, à Jambes. Assistante sociale et criminologue, Julie Orban en est le « chef de gare » à temps-plein, comme éducatrice engagée sous le statut d’APE.

© Fotolia/Eléonore H

PROF. En quoi consiste le Quai ?
Julie Orban :
On s’y s’arrête pour réfléchir à sa destination, pour prendre son train ou un autre, ou pour rester sur place. Les mots d’ordre ? Inclure plutôt qu’exclure.

Qui y vient ?
180 élèves en un an. Certains envoyés par la direction, pour un renvoi temporaire. D’autres, par les professeurs pour une remise en ordre. La porte s’ouvre aussi sur les volontaires. Elle se referme d’abord sur un entretien confidentiel. Je le balise en évoquant le secret professionnel et ses limites, le code pénal à côté de moi. Puis, l’élève remet en ordre son journal de classe et ses cours. Enfin, je cherche à trouver avec lui une solution, qui n’est pas une nouvelle souffrance, ce qui augmenterait sa haine pour l’école.

Cela va de la lecture réflexive à la médiation avec les parents ou un professeur, en passant par un stage extérieur. Pour l’instant, je travaille avec le restaurant du cœur Lè Sauverdias. J’envisage les pompiers, la Croix-rouge, un centre d’aide aux toxicomanes. J’ai conclu une convention « Mon club, mon école » avec le champion du monde de boxe anglaise Georges Dujardin pour une quarantaine de séances d’initiation.

Le résultat ?
Pas moins de non-réinscriptions en septembre. Mais sur les 66 renvois temporaires, seulement trois sont devenus définitifs en cours d’année.

Quels avantages a votre formation ?
Je donne au jeune et aux différents acteurs autour de lui les bases des infos en droit, en aide à la jeunesse, en protection de la jeunesse. Je connais ces différents mondes. Je peux donc être une interface entre le jeune, ses parents, l’école, le Service d’aide à la jeunesse (SAJ), le Service de protection judiciaire (SPJ). Je travaille peu avec la police.

N’êtes-vous pas entre deux chaises ?
Je maintiens l’équilibre. Si le jeune m’avoue une bêtise, je n’en parle à qui de droit qu’en fonction de son niveau de gravité. Et si le jeune est en danger, je dois le faire. Si des professeurs me posent des questions, je reste également très superficielle. Et si le cas me dépasse, je passe la main à des partenaires dont le premier est le CPMS.

Propos recueillis par
Pa. D.