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Magazine PROF n°6

 


Dossier Remédiation : prévenir ou guérir ?

Soutien scolaire : resserrer les mailles du filet

Article publié le 01 / 06 / 2010.

Depuis une quinzaine d’années, un éventail de réformes a été déployé pour mener à bon port un maximum d’élèves. Tour d’horizon.

Des élèves confiants en eux-mêmes, capables d’acquérir des compétences pour apprendre tout au long de la vie, de s’engager dans une société ouverte et solidaire et de s’émanciper socialement : voilà le plan de navigation confié aux enseignants par le décret Missions de 1997 (1). Et celui-ci le précise : tous les élèves. Corollaire naturel : mettre tout en œuvre pour retenir ou repêcher ceux qui pourraient tomber à l’eau. Il s’agit de barrer la voie aux facteurs socio-économiques défavorables à la réussite scolaire, autrement dit de mettre le cap sur une école plus efficace et plus juste.

© PROF/FWB

Avant cela, les années ‘60 charrient la notion d’égalité des chances. Cela se résume, en cette époque de plein emploi, à mettre les élèves désormais issus de toutes les classes sociales dans les mêmes conditions de passation d’épreuves. « La gestion des différences entre élèves se faisait principalement par ségrégation dans des classes différentes avec des passerelles peu empruntées », expliquent Stéphanie Descampe, Françoise Robin, Philippe Tremblay et Bernard Rey, chercheurs de l’ULB  (2). Le contexte économique devenant plus houleux, il s’avère nécessaire d’élever le niveau de qualification de l’ensemble des élèves. Apparait alors l’idée d’égalité des résultats : il s’agit de traiter chaque élève en fonction de ses différences, pour qu’ils atteignent les mêmes objectifs pour tous.

Fruit de cette évolution, le décret Missions fixe, à certains moments clés de la scolarité, l’acquisition de socles de compétences, niveau de maitrise que tous les élèves doivent atteindre. Il organise l’enseignement fondamental par cycles, avec un tronc commun jusqu’à la fin de la deuxième secondaire, pour permettre aux élèves de progresser à leur rythme. Cela suppose l’évolution des pratiques des enseignants, confrontés à des classes devenues très hétérogènes aux niveaux scolaire, social et culturel, vers la pédagogie différenciée et l’évaluation formative.

Des balises

Plusieurs décrets balisent le terrain. Dans le fondamental, un encadrement renforcé peut être mis en place en 1re et 2e primaires pour diminuer la taille des classes et/ou mettre en œuvre la remédiation. De la 1re à la 6e, les écoles peuvent puiser dans leur capital-périodes pour engager un maitre spécial de remédiation et organiser des cours d’adaptation à la langue de l’enseignement (3).

Dans le premier degré commun du secondaire, les quatre périodes hebdomadaires d’activités complémentaires peuvent céder la place à autant d’heures de math, de français ou de langue moderne 1 permettant une remédiation ou une remise à niveau. Deux années complémentaires (S) ont aussi été prévues au sein du premier degré pour permettre aux élèves en difficulté de suivre un programme de remédiation déterminé, sur la base de leur plan individuel d’apprentissage (4). Et un premier degré différencié vise à réintégrer dans le premier degré commun du secondaire les élèves n’ayant pas obtenu le CEB à la fin des primaires. La priorité y est accordée à l’acquisition des compétences en français et en mathématiques.

Dans le reste du secondaire, les chefs d’établissement peuvent puiser dans le NTPP (nombre total de périodes-professeurs) pour organiser des périodes de remise à niveau dans certaines branches. Ajoutons à ces dispositifs celui des classes passerelles organisées dans une soixantaine d’écoles fondamentales et secondaires pour aider des primo-arrivants à monter à bord de notre système éducatif.

Enfin, le décret sur l’encadrement différencié a prévu dès 2009-2010 plus de moyens pour davantage d’écoles accueillant un public défavorisé. Cela peut notamment se traduire par l’engagement d’enseignants supplémentaires pour aider les élèves maitrisant mal le français, ou de personnel pour encadrer l’étude dirigée (5). Sur les quarante millions d’euros ajoutés aux moyens accordés dans le cadre de la D+, quinze ont été libérés pour les écoles et dix autres seront puisés dans les moyens supplémentaires dont devrait disposer la Communauté française.

L’échec fait partie de l’apprentissage…
L’échec fait partie de l’apprentissage…
© Fotolia/C Hidalgo

Vers quel cap ?

Navigue-t-on vers l’école sans ce redoublement que Marcel Crahay et bien d’autres chercheurs jugent inefficace et stigmatisant pour les élèves en difficultés ? Et, pour y tendre, va-t-on vers davantage de remédiation, voire l’obligation de remédiation immédiate ? « On va, par le biais des évaluations externes, vers l’établissement d’un niveau de maitrise suffisant commun à l’ensemble des établissements, explique Jean-Paul Hogenboom, inspecteur en charge de la coordination dans l’enseignement secondaire. Et vers davantage de souplesse accordée aux écoles pour introduire la pédagogie différenciée au sein des classes ».

La déclaration de politique communautaire 2009-2014 prône, elle, la remédiation immédiate. Elle propose notamment à deux enseignants de regrouper leurs classes pour permettre l’organisation d’activités différenciées, de créer des partenariats (logopèdes…). Elle pointe aussi la nécessité de former les (futurs) enseignants au dépistage rapide des difficultés individuelles et au développement d’outils de remédiation différenciés, pour éviter que les difficultés des élèves se transforment en obstacles insurmontables.

Vaste chantier ! L’échec fait partie de l’apprentissage, mais des enseignants sont désarçonnés, parfois, par l’ampleur de la tâche. Pourtant, l’enjeu est de taille. Et des projets se bâtissent au cœur des écoles.

Catherine MOREAU

(1)http://www.enseignement.be/index.php?page=23827&do_id=401
(2) DESCAMPE S., ROBIN F. et TREMBLAY Ph. sous la direction de REY B., Étude des pratiques de remédiation et de pédagogie différenciée dans le cadre de la mise en place des cycles, ULB, Service des Sciences de l’Éducation, rapport final, aout 2007. http://bit.ly/c2sXCX
(3) Décret-cadre du 13 juillet 1998. http://bit.ly/9zY8S4
(4) Décret du 30 juin 2006. http://bit.ly/cwOLjY
(5) Décret du 30 avril 2009.http://www.gallilex.cfwb.be/fr/leg_res_01.php?ncda=34295&referant=l02