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Magazine PROF n°8

 


Dossier Réforme de la formation initiale

Tous à l’université, ou presque

Article publié le 01 / 12 / 2010.

En Europe, la Belgique fait figure d’exception quant au niveau de formation des instituteurs et des régents.

Quasi partout, une formation de statut universitaire s’est imposée en Europe (1). La plupart des enseignants des classes maternelles sont formés dans le supérieur. Seuls l’Autriche et Malte l’organisent au niveau secondaire supérieur ou au niveau postsecondaire non supérieur. La Tchéquie et la Slovaquie proposent deux voies possibles : dans l’enseignement supérieur et dans le secondaire supérieur.

En ce qui concerne la formation des instituteurs primaires, le groupe de pays l’organisant dans le supérieur hors universités se restreint. On notera que la Roumanie a réinstauré une formation de niveau secondaire supérieur, à côté de la formation dans le supérieur, pour remédier à la pénurie d’enseignants.

Pour les régents, la Belgique fait presque cavalier seul : l’Autriche propose encore une formation non universitaire, mais uniquement aux futurs enseignants de certaines écoles ne donnant pas accès au secondaire général supérieur.

Niveau universitaire ne rime pas avec durée similaire de la formation. Celle-ci s’étend en moyenne sur 3,9 ans pour les enseignants du primaire, et sur 4,4 ans pour ceux du premier cycle du secondaire. Mais en France, par exemple, elle est de cinq ans pour tous (2).

Deux modèles pour se former

Les études comparatives montrent également que deux modèles coexistent en formation initiale des instituteurs et des régents. L’un, simultané, combine la formation générale et professionnelle. Il est d’usage dans la quasi-totalité des pays. L’autre modèle, qualifié de consécutif, suppose que les étudiants effectuent des études supérieures dans une discipline spécifique, puis une formation professionnelle les préparant au métier d’enseignant. La France est le seul pays européen à n’appliquer que ce modèle consécutif aux futurs enseignants du fondamental. Elle le fait aussi pour les candidats à l’enseignement secondaire inférieur, comme l’Italie, l’Espagne, Chypre et la Hongrie (3).

Chacun de ces modèles a ses partisans et ses opposants. Selon l’étude d’Eurydice (4), la formation professionnelle occupe une part plus grande, notamment pour la formation des régents, là où l’on applique le modèle simultané.

Enfin, notons que dans des pays où la profession d’enseignant jouit d’un statut social élevé, comme en Finlande ou en Irlande par exemple, accéder à la formation initiale est un vrai challenge. En Finlande, où l’on ne parle pas de pénurie, le futur enseignant de primaire est sélectionné sur la base de ses résultats à la fin des études secondaires, de son expérience pratique,… Puis, à l’université, il vit une seconde phase de sélection axée notamment sur des entretiens personnels ou en groupe.

Catherine MOREAU

(1) Chiffres clés de l’éducation en Europe 2009, Agence exécutive Éducation, Audiovisuel et Culture - P9 Eurydice, 2009. http://bit.ly/czWg89
(2) OCDE, Le rôle crucial des enseignants. Attirer, former et retenir des enseignants de qualité, 2005, téléchargeable sur http://www.oecd.org/fr/edu/scolaire/lerolecrucialdesenseignantsattirerformeretretenirdesenseignantsdequalite-rapportfinal.htm
(3) et (4) op.cit.

« Nous restons ouverts »

Dans son avis 90 de juin 2009 (1), le Conseil général des hautes écoles propose que la formation initiale des instituteurs et régents devienne un baccalauréat (180 crédits) suivi d’un master (120 crédits), organisés et certifiés par les hautes écoles.

Son président, Pierre Lambert, explique : « Une telle organisation doit conserver une articulation entre la théorie et la pratique. Les hautes écoles ont les compétences et l’expérience nécessaires. Mais nous laissons la porte ouverte à des collaborations avec les autres opérateurs de l’enseignement : universités, promotion sociale,… »

« Le master pourrait s’organiser sous la forme de pratiques professionnelles accompagnées. Cela permettrait d’entrer en contact avec la diversité des tâches et des milieux de l’enseignement dans un système restant à la portée des enseignants déjà formés, ce qui éviterait le danger de pénurie et permettrait des réorientations de carrière aisées ».

Pa. D.

(1) C'est l’Académie de recherche et d’enseignement supérieur (ARES) qui rassemble aujourd'hui les acteurs de l’enseignement supérieur.
https://www.ares-ac.be/fr/

Une co-diplômation ?

Le Conseil interuniversitaire de la Communauté française n’a pas encore remis d’avis sur la réforme de la formation initiale. Pas plus que le Conseil des recteurs (1). Vincent Wertz, pro-recteur de l’UCL, sans parler au nom de ces instances, exprime une opinion partagée, lui semble-t-il, par bon nombre de ses collègues.

« Dans le contexte européen, les universités sont ouvertes à l’allongement. Il renforcerait les compétences sur les disciplines et la psychopédagogie et permettrait de décharger l’horaire de travail, diversifier les stages et développer la réflexivité de l’étudiant. Un tronc commun assurerait un meilleur continuum pédagogique ».

« Le master permettrait une revalorisation sociale et pécuniaire déjà recherchée par les enseignants dont les inscriptions à l’UCL (master en sciences de l’éducation) ont doublé en deux ans. Pour y arriver, une co-organisation entre l’université et les hautes écoles s’avère nécessaire, voire une co-diplômation ».

Pa. D.

(1) http://www.enseignement.be/index.php?page=25672 et http://www.cref.be