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Magazine PROF n°8

 


Dossier Réforme de la formation initiale

Revaloriser le métier

Article publié le 01 / 12 / 2010.

Revaloriser l’image de l’enseignant, à ses yeux et aux yeux des autres, passerait par un allongement de la formation initiale.

Faut-il repenser toute la formation initiale des enseignants, en organisant un master pour les instituteurs et agrégés de l’enseignement secondaire inférieur et en réformant dans la foulée celle des agrégés de l’enseignement secondaire supérieur ?

Allonger ou non ?

Le contexte européen y pousse. Mais certains n’y croient pas. Xavier Dejemeppe (HELHA) évoque le fait qu’en Flandre, la formation initiale de trois ans n’empêche pas les bons résultats aux épreuves PISA. Jacqueline Beckers (ULg), qui a participé à la rédaction de l’ouvrage Le rôle crucial des enseignants (1), édité par l’OCDÉ, trouve plus réaliste un accompagnement des débutants. « Réaliser un parrainage est aussi couteux. Si le débutant est payé à temps plein, on doit pouvoir lui dégager des périodes, d’une part pour travailler avec un mentor formé, et d’autre part pour participer à un réseau de pairs encadré par des conseillers pédagogiques. Un réseau extérieur à l’établissement, pour permettre un recul par rapport à la culture d’école ».

Un meilleur accompagnement des débutants n’aurait pas l’impact d’un allongement des études sur les pénuries. Marc Demeuse (UMons), lui, propose un master réalisable de jour ou en horaire décalé. « Des masters s’offrent déjà aux enseignants. Cela laisse du temps à la réflexion ».

Université ou hautes écoles ?

Qui serait le maitre d’œuvre d’un éventuel master ? On lira (""Nous restons ouverts") les positions du Conseil général des hautes écoles et d’un représentant du monde universitaire. Pour Dany Fosty (HE Charlemagne), « il faut conserver la spécificité d’une formation professionnalisante. Les hautes écoles sont la meilleure articulation entre terrain et théorie ». Pour Ghislain Carlier (UCL), universités et hautes écoles doivent toutes deux évoluer : « la pratique plus inductive de la haute école, plus proche du terrain, ne doit pas être moins exigente. Ce doit être tout le contraire. Par ailleurs, l’agrégation, plus abstraite et déductive, doit déboucher sur des apprentissages réels ».

Les différents niveaux de formation ne déboucheraient-ils que sur les facettes spécifiques d’un métier commun ? Pour M. Carlier, le métier est le même pour tous, en partie. D’ailleurs, la formation continuée s’adresse, dans de nombreuses disciplines, au public global des agrégés de l’enseignement secondaire inférieur et supérieur.

La plupart des acteurs aspirent à une large concertation. Selon M. Demeuse, le pôle hennuyer réalise déjà une réflexion sur les sciences de l’éducation et sur le partenariat entre hautes écoles, universités et promotion sociale. Albert Leroy (ancien directeur de l’HENaM) appelle à plus de liberté et d’autonomie pour les départements pédagogiques des hautes écoles, en collaboration avec les centres didactiques universitaires. Et dans la période de transition, il invite les formateurs de formateurs à élaborer une épreuve d’évaluation commune en réseau ou en inter-réseaux, à titre informatif, et portant chaque année sur une thématique différente. Une nouvelle image

Selon nos interlocuteurs, un des objectifs d’une éventuelle réforme doit être d’attirer et de conserver les jeunes enseignants, en construisant une nouvelle image du métier. Pour M. Carlier, les nouveaux métiers comme le mentor, le maitre de stage, le coordonnateur de degré offrent une diversification pour peu qu’on y attache un salaire ou des crédits d’heure. Selon lui, l’alternance ou l’occasion de sortir de l’enseignement pour y revenir plus tard mieux qualifié serait aussi un attrait. Tout comme une formation continuée revue aussi en termes d’unités capitalisables et valorisables.

Reste que si la formation initiale s’érige en master, la barre se placera un cran plus haut. Que se passera-t-il pour le public qui y accède aujourd’hui en provenance du qualifiant ? Verra-t-il les portes se fermer complètement pour lui ?

Pa. D.

(1) OCDÉ, Le rôle crucial des enseignants. Attirer, former et retenir des enseignants de qualité, 2005, téléchargeable sur http://www.oecd.org/fr/edu/scolaire/lerolecrucialdesenseignantsattirerformeretretenirdesenseignantsdequalite-rapportfinal.htm

La maitrise du français, encore trop lacunaire

L’utilisation de la langue française est une compétence primordiale. L’avis 105 du Conseil de l’éducation et de la formation pointe sa faible maîtrise écrite et orale dont font preuve beaucoup d’étudiants. Ce problème récurrent est dénoncé par tous les acteurs qui la verraient bien devenir une compétence à part entière dans le décret organisant la formation.

Dany Fosty (HE Charlemagne) confirme les lacunes en langue maternelle et en communication, qu’il constate dans ses propres cours : « Notre système permet à des élèves ayant obtenu leur CESS d’entamer des études d’enseignant. 75 % du public des hautes écoles proviennent de 6e qualification ou de 7e professionnelle. Mais on les confronte à la civilisation de la lecture-écriture et de la synthèse. Et on ne parle pas encore des compétences nécessaires pour enseigner cette discipline ».

Un avis de la Commission de pilotage évoque même la possibilité d’« une épreuve diagnostique et libératoire organisée systématiquement en début de cursus, et l’organisation de modules compensatoires ».

Ghislain Carlier (UCL), lui, verrait bien un test d’évaluation à l’entrée, qui pourrait participer à un écrémage des étudiants : « On ne peut plus se permettre de laisser entrer dans l’enseignement des gens qui ne soient pas de bonne qualité ». Marc Demeuse (UMH) n’approuve pas un tel test sélectif ; Jacqueline Beckers (Ulg) préfère aussi l’idée d’un diagnostic suivi de remédiations et d’une sévérité de sélection si celles-ci n’ont pas été utilisées par l’étudiant.

Pa. D.

Témoignages

Tout dépend du contenu

Damien De Cock, futur instituteur primaire : « Allonger la formation ? Tout dépend du contenu : nous pourrions avoir davantage d’informations sur la gestion mentale, sur la braingym, sur des pédagogies alternatives et sur l’enseignement spécialisé pour mieux comprendre les troubles de l’apprentissage, les détecter, y remédier, ou, en tout cas, savoir à qui s’adresser. Nous pourrions consacrer plus de temps, après nos stages, à un retour sur nos pratiques à la lumière de la théorie ».

En haute école

Axelle Burton, en spécialisation d’orthopédagogie : « Je n’ai pas eu assez d’informations sur le spécialisé durant mes études d’institutrice et je n’ai pas fait mon stage obligatoire dans ce type d’enseignement, car j’étais en Erasmus. L’idéal ? Un tronc commun de trois ans avec plus de bases, puis une spécialisation. Mais cela doit rester en haute école. L’université, pour moi, reste très théorique. Et il faut des stages dès la 1re pour que l’étudiant sache vite si ce métier lui plaît ».

Plus de terrain

«Davantage de pratique », réclament en chœur Wendy Van’t Woesteinde et Salvina Pantano. Pour ces deux étudiantes en régendat, certains cours pourraient être condensés pour laisser la place à davantage de périodes de stage. Mais en même temps, ils réclament l’approfondissement de certaines matières qu’ils jugent actuellement « survolées ». Pour elles, la nouvelle formation des régents devrait être à la fois aux mains des hautes écoles et des universités, pour mêler la théorie et la pratique.

Davantage de pratique

« Passer du baccalauréat au master, cela signifie perdre deux ans de salaire et une lourde dépense pour les parents », note Julie Baume. Mais cette future institutrice le souligne : cela permettrait d’organiser davantage de stages.
« Actuellement, nous n’avons qu’une semaine d’écoute et une semaine active en 1re année, quatre semaines en 2e et douze en 3e. Et nous ne sommes pas assez coachés sur une plus longue durée par un instituteur qui nous donnerait une aide personnalisée sur le terrain ».

Approfondir des matières

« D’accord pour allonger la formation si c’est pour alléger notre programme actuel, réagit Claude Lerat, en régendat français-français langue étrangère. À notre horaire quotidien (de 8h30 à 16h50), nous devons ajouter les stages, les travaux, le travail de fin d’études. Deux années de plus permettraient d’approfondir beaucoup de matières, de nous initier à certaines que nous devrons donner et pour lesquelles nous ne sommes pas formés. Je pense, par exemple, à l’éducation aux médias ».

Prendre du recul

« Certains de nos formateurs enseignent ex cathedra mais nous évaluent en stage », explique Candie Dumoulin, future institutrice primaire. Bénéficier de plus de sociologie, de philosophie, d’un horaire moins chargé…, tout cela nous permettrait de prendre du recul, de participer à des salons, des colloques, de découvrir les systèmes éducatifs d’autres pays, d’aiguiser notre sens critique. Un allongement organisé par les universités provoquerait un écrémage revalorisant la profession ».