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Magazine PROF n°8

 


Dossier Réforme de la formation initiale

Un an pour réfléchir à la formation initiale

Article publié le 01 / 12 / 2010.

Le débat sur l’allongement de la formation des instituteurs et régents est relancé. Le ministre Marcourt se donne un an pour recueillir l’avis des premiers concernés.

Début octobre, le Gouvernement de la Communauté française l’annonçait : « Ce n’est plus tant l’opportunité d’allonger la formation initiale des enseignants qui sera uniquement envisagée en priorité mais bien les tenants et les aboutissants de son éventuelle concrétisation effective sur le terrain dans les années qui viennent ». Précisions avec le Ministre de l’Enseignement supérieur.

Jean-Claude Marcourt : « Si on dit aux jeunes qu’ils seront outillés de façon plus complète pour répondre à toutes les interrogations du métier, ça créera plutôt un appel d’air qu’un frein… »
Jean-Claude Marcourt : « Si on dit aux jeunes qu’ils seront outillés de façon plus complète pour répondre à toutes les interrogations du métier, ça créera plutôt un appel d’air qu’un frein… »
© PROF/FWB

PROF : Pourquoi en reparler aujourd’hui ?
Jean-Claude Marcourt :
Parce que la société a vécu de profondes mutations. Et pas seulement dans le domaine technologique. Ce qu’on demande aujourd’hui aux enseignants va bien au-delà de ce qui leur était demandé auparavant. Face à cela, je pense qu’il est temps d’avoir une réflexion sur la pertinence de notre formation. Nous avons d’excellents enseignants, mais il faut voir si leur formation rencontre les besoins actuels.

Pourquoi allonger et ne pas faire autrement en trois ans ?
Ce n’est pas à moi de le dire. C’est pour ça que nous allons lancer une évaluation participative. Il ne suffit pas de porter la formation à cinq ans pour répondre à l’évolution de la société. Cette évaluation participative devra répondre à trois questions. Un : quel serait le contenu de formation le plus pertinent ? Deux : doit-il s’agir d’un cursus académique, de stages ou d’autres formules ? Et trois : quelle doit être la durée de formation ? Ce n’est pas parce qu’ailleurs c’est le plus souvent cinq ans qu’on doit le faire aussi. On ne va pas plaquer ce qui se fait ailleurs, sans réfléchir.

Le cout de l’allongement des études a été estimé à 500 millions d’euros par an. C’est réaliste ?
La question s’est posée de remettre le débat à plus tard. Un allongement à cinq ans représenterait un véritable Himalaya budgétaire. Mais faut-il pour cela rester au pied de la colline ? J’ai lancé la réflexion. C’est vrai que la question des moyens se posera, dans 10, 15, 30 ans. Mais pour moi, elle ne doit pas empêcher le débat.

Avec quel calendrier ?
Je pense que l’évaluation participative doit être terminée en 2011. Comment va-t-elle s’organiser ? Un groupe de travail va émettre des propositions. Nous en parlons avec les représentants des pouvoirs organisateurs et des enseignants, notamment. Je reste très ouvert aux propositions de tous les acteurs. D’ailleurs, si vos lecteurs en ont, qu’ils n’hésitent pas !

Avez-vous déjà une idée du rôle des universités et des hautes écoles en cas d’allongement ?
Les cultures des unes et des autres diffèrent. Il n’y en a pas une qui soit meilleure que l’autre par principe.

Certains s’inquiètent de voir les étudiants issus de milieux modestes se détourner de l’enseignement si les études passent à cinq ans. Votre avis ?
C’est vrai que la mixité sociale n’est pas satisfaisante : nous finançons un enseignement supérieur qui reproduit la société d’il y a 20-30 ans. Je constate d’ailleurs qu’en fonction de la présence ou non d’enseignement supérieur dans une région, il y a un impact sur le nombre de jeunes qui font des études. C’est la raison pour laquelle il faut travailler sur la territorialité de l’offre d’enseignement. Il faudra vérifier que l’allongement éventuel ne soit pas un obstacle insurmontable pour certains jeunes.

Imaginez-vous un cursus unique pour les instituteurs et les régents ?
Non, mais je parle ici à titre personnel. Il y a un cousinage entre instituteurs et régents, mais des évolutions qui font qu’on pourrait envisager pour les régents une formation autonome, sans qu’il y ait opposition avec celle des instituteurs. Qu’on me comprenne bien : je ne veux pas découper la formation en rondelles, mais il y a des différences entre enseignement primaire et secondaire.

Est-il opportun de parler d’allongement alors qu’on observe des pénuries ?
C’est un vrai problème. Mais on ne peut pas dire en même temps qu’il y a quelque chose à faire pour la formation et qu’il ne faut pas ouvrir le dossier ! Je pense que si demain on dit aux jeunes qu’ils seront outillés de façon plus complète pour répondre à toutes les interrogations du métier, ça créera plutôt un appel d’air qu’un frein à l’intérêt pour ce métier.

Que répondez-vous à ceux qui ne voient dans ce processus qu’effet d’annonce ?
L’effet d’annonce, c’était la Déclaration de politique communautaire. Que tous les partis démocratiques sont pour l’allongement. Aujourd’hui, je trace le chemin vers une solution. L’évaluation participative en est le premier acte, mais pas l’acte conclusif. Il nous reste à construire quelque chose dont nous parlons tous depuis des années mais que personne ne voulait enclencher…

Propos recueillis par
Didier CATTEAU

Les interrogations syndicales

Oui… mais. Voilà en deux mots la position des organisations syndicales à propos de l’allongement des études. Bien entendu, pas question d’exiger cinq années d’études sans revoir les traitements. La CSC Enseignement ne s’est pas encore officiellement prononcée sur cet allongement, mais pour Charles Malisoux, secrétaire communautaire pour l’enseignement secondaire, « le barème 501 me semble inévitable » (NDLR : celui d’un licencié agrégé de l’enseignement secondaire supérieur).

Il n’y a pas que les traitements. Johan Lismont (Sel-Setca) : « Il ne faudrait pas écarter de l’enseignement des jeunes issus des milieux modestes » et qui ne pourraient assumer financièrement cinq ans d’études. Michel Wauters, président de régionale Namur-Brabant wallon de la CGSP Enseignement, le dit autrement : « réduire les lieux de formation aux seuls pôles universitaires obligerait les jeunes à louer un kot… » Ceci étant, « pour la CGSP, l’allongement des études est une priorité. Le tout est de voir comment, vu l’impécuniosité de la Communauté française et les incertitudes institutionnelles ».

Vice-présidente du SLFP, Isabelle Wargnies, inquiète de l’effet d’un allongement sur les pénuries, suggère un allongement en deux phases : des études en trois ans permettant d’enseigner en bénéficiant d’un horaire allégé et de l’encadrement d’enseignants expérimentés. À charge pour ces débutants de conquérir leur master dans un laps de temps à définir. L’Appel, pour sa part, souligne que « le contenu de la formation importe plus que le nombre d’années ».

Quelle que soit la formule, Charles Malisoux insiste sur l’importance d’une évaluation de cet éventuel allongement. Car
« selon les enseignants du non obligatoire, on ne peut pas tirer un enseignement très positif du passage de deux à trois ans de formation ! Si on passe à cinq ans, il faudra bien vérifier que l’échec scolaire, par exemple, diminue vraiment grâce à une meilleure qualification des futurs enseignants… ».

D. C.

Réactions

CGé. ChanGements pour l’égalité souhaite que l’allongement permette de « mieux préparer les enseignants à former tous les élèves, quelle que soit leur origine, dans une perspective de réussite… » Pour CGé, « il ne suffit pas que les futurs enseignants maîtrisent les matières enseignées ; il faut qu’ils soient conscients de leurs difficultés intrinsèques afin de pouvoir construire des séquences d’apprentissage adaptées et ainsi repérer et remédier immédiatement, dans la classe, aux difficultés de leurs élèves ». Troisième axe : « l’indispensable dimension collective du métier ». http://www.changement-egalite.be/spip.php?article1905

Fapeo. La Fédération des associations de parents de l’enseignement officiel, renvoyant à son Plan Charlemagne, estime qu’un allongement de la formation devrait permettre de consolider les compétences de base, et de former les enseignants à la pédagogie différenciée, au repérage des troubles d’apprentissage, à l’organisation des différents types de l’enseignement spécialisé, au travail en équipe, aux techniques de communication, et à l’apprentissage du français comme langue étrangère.

Ufapec. L’Union des fédérations d’associations de parents de l’enseignement catholique n’a pas pris position, mais son Mémorandum 2009 insiste
« sur les deux axes suivants de la formation initiale et continuée des enseignants : les relations (porter un regard positif sur chaque élève et les encourager, favoriser les relations avec les parents) ; la prévention des échecs et des décrochages (observer, évaluer et guider les élèves, dépister à temps les difficultés) ».

MR. Françoise Bertieaux, chef de groupe MR au Parlement de la Communauté française, estime qu’« avant de créer deux années supplémentaires, il faut d’abord évaluer et renforcer le cycle existant… » Le MR suggère de « créer un Service d’appui pédagogique pour tous les enseignants qui n’auront pas bénéficié de cette nouvelle formation ». Son communiqué insiste aussi sur la nécessité « d’accompagner l’entrée des jeunes enseignants dans leur carrière professionnelle ».