Enseignement.be - Magazine PROF n°40

banner du site

Menu Enseignement.be

logo des recours FAQ CEB CE1D CESS
logo du site Mon Espace
logo du pacte d'excellence
logo FAQ+
logo des annuaires scolaires
logo espace enseignant
logo des communiques de presse
logo du magazine PROF
 

ATTENTION: cette page est désactivée et n'est pas visible par les internautes.
Toutefois, vous pouvez la voir car vous êtes connecté à l'intranet de la Fédération Wallonie Bruxelles.

ATTENTION: cette page est visible uniquement depuis l'intranet de la Fédération Wallonie Bruxelles.

ATTENTION: cette page n'est normalement plus visible du tout.

ATTENTION: cette page n'est plus visible du tout depuis le 31-12-9999 à 00:00.

ATTENTION: cette page ne sera visible qu'à partir du 17-12-2014 à 00:00.

Magazine PROF n°40

 


Dossier Pilotage & contrat d'objectifs

Oser se regarder dans le miroir

Article publié le 07 / 12 / 2018.

Un : regarder les indicateurs en face. Deux : se regarder dans le miroir. À l’École communale de Géromont, Mont, Xhoffraix et Longfaye, on est impatient d’arriver à trois : les solutions !

Maintenant, « c’est comme en cuisine : on va laisser reposer un peu ». Directeur de l’École de Géromont, Mont, Xhoffraix et Longfaye, Dany Noël laisse passer la Saint-Nicolas avant de revenir en concertations.

Après le diagnostic durant l'automne, l'équipe de l'Ecole communale de de Géromont, Mont, Xhoffraix et Longfaye définira ses objectifs et stratégies en janvier. « On est très motivés pour trouver des solutions… On trépigne ! »
Après le diagnostic durant l'automne, l'équipe de l'Ecole communale de de Géromont, Mont, Xhoffraix et Longfaye définira ses objectifs et stratégies en janvier. « On est très motivés pour trouver des solutions… On trépigne ! »
© PROF/FWB

En décembre-janvier, il s’agira, si nécessaire, de finaliser le travail sur les causes des forces et faiblesses, identifiées en formation le 19 novembre. Et de chercher des informations utiles à l’élaboration de stratégies, fin janvier, lors du troisième jour de formation des 28 membres de l’équipe.

Une envie d’entrer dans le vif du sujet

« On est très motivés pour trouver des solutions… On trépigne ! », lâchait une institutrice en fin de journée. Envie d’entrer dans le vif du sujet alors que le processus est entamé ici depuis le mois de mai - c’est sans doute un temps de maturation nécessaire pour un travail en profondeur. Michèle Eloy, conseillère pédagogique du CECP, qui anime les formations, parfois avec son collègue Thomas Herremans : « Les débats démarrent très souvent sur des éléments extérieurs aux pratiques pédagogiques… »

À Malmedy, deux des six écoles communales se sont lancées dans la « première vague ». Celle que dirige M. Noël comprend quatre implantations aux profils différents : deux classes primaires à Xhoffrais (3-4 et 5-6) et à Longfaye (1 et 2), deux ou trois classes maternelles à Mont, avec des écoliers qui habitent le village ; deux classes maternelles et cinq primaires à Géromont, avec 30% d’enfants venant de plus loin.

M. Noël et son collègue de l’École du Centre, Thierry Zangerlé, ont suivi les formations (réseau et IFC) en 2017-2018. La dynamique « plan de pilotage », détaillée fin mai aux deux équipes pédagogiques, a été résumée fin aout au personnel des six écoles.

En septembre, cinq enseignant(e)s, sur base volontaire, ont formé l’équipe restreinte, rejointe en novembre par un collègue maitre spécial. M. Noël en fait aussi partie, tandis qu’une « aide spécifique aux directions » apporte son expertise méthodologique acquise dans le privé. Comme ailleurs, l’équipe restreinte prépare et rend compte des avancées des journées de formation.

La méthode de travail, définie par le réseau, est présentée (et ajustée) lors de journées de formation des directeurs impliqués dans cette première vague. Bien que désireux parfois de plus de souplesse, M. Noël constate « un enthousiasme général des directeurs. Si on le fait en trainant la patte, on va droit dans le mur… »

« Notre constat, pas celui de Bruxelles »

Le 19 octobre, première journée de formation de toute l’équipe. Il s’agissait de réagir au « miroir » de l’école, basé sur les réponses aux questionnaires transmis en juin aux parents (60% de réponses), aux élèves de 5e et de 6e primaire (100%), et aux enseignants (une majorité). Le travail, très structuré, a permis de distinguer la perception née de ce « miroir » et l’objectivité des indicateurs chiffrés reçus de l’Administration.

Face à ce portrait, premières interrogations, teintées parfois de scepticisme. « Tout ça c’est du quantitatif, alors que notre travail, c’est du qualitatif », entend-on. « Je trouve dommage de mettre le taux de sortie vers le spécialisé dans les faiblesses ! On nous manipule : le Gouvernement sait bien où il veut aller… » Le directeur tempère : « Ce que nous faisons aujourd’hui, c’est notre constat, pas celui de Bruxelles ». Ou explique : « Pour ce chiffre-là, il suffit qu’il y ait un enfant concerné sur trente, dans une implantation, pour qu’on soit au-dessus de la moyenne... »

Résultat de la journée ? L’équipe a dégagé trois forces et autant de faiblesses. Un autre aspect fera l’objet d’une attention particulière (et de projets), sans toutefois figurer parmi les priorités de pilotage.

Travailler autrement

Un mois plus tard, même lieu, même impatience. Ici comme ailleurs (lire en page 22), l’appétit vient en mangeant ! Objectif de la journée ? Pour chaque force ou faiblesse relevée en octobre, lister les « causes-racines », exclusives (ne pas en recouper d’autres) et exhaustives.

On entre ici au cœur des pratiques pédagogiques. Pas encore dans une démarche de construction d’autres pratiques collectives, mais on s’en approche : les causes portent en germes des pistes de solution. Reste à s’accorder sur les stratégies, fin janvier, en équipe… « Une équipe pédagogique, c’est un agglomérat d’individus que le directeur est chargé de transformer en équipe », nous confiait M. Noël, pour qui ce plan de pilotage constitue « le dernier défi » avant la retraite.

Bien sûr, il y a des réserves. Des agacements parfois, légitimes face aux critiques incessantes dont les enseignants font l’objet : « Si les résultats sont moins bons que la moyenne, c’est de la faute des enseignants… »

Bien sûr, on reste prudent : « J’espère qu’on n’aura pas fait tout ce travail pour rien ». Voire méfiant : « Ce qui me fait peur, c’est qu’on considère l’école comme une entreprise, avec un contrat… Mais nous ne sommes pas des machines, et les élèves non plus ! » Ou sceptique, quand il s’agit de remettre en cause des habitudes ou décisions : « Le PO est censé nous aider, sinon qu’est-ce qu’on fait ici ? »

Bien sûr, « mettre le doigt sur les faiblesses, ça peut faire peur, parce que nous faisons un métier où on manque de temps et où on est frustré par rapport à tout ce qu’on pourrait faire si on avait du temps… »

Mais il s’agit aussi de travailler sur les forces, et d’en tirer les leçons ! « On y est bien arrivé en grandeurs, on y arrivera aussi en lecture. Bien sûr, ça supposera du temps de concertation… On espère que ce ne sera pas du travail en plus, mais du travail autrement ! »

Faire autrement, c’est déjà ce qui s’est passé ici cet automne…

Didier CATTEAU

Fiche d'identité

École de Géromont, Mont, Xhoffraix et Longfaye

Quatre implantations maternelles et/ou primaires

252 écoliers

Environ 30 enseignants

Un plan par implantation ?

© PROF/FWB

Michèle Eloy, conseillère pédagogique CECP, accompagne neuf écoles. « Lors des réunions avec les directions, nous avons préconisé un plan par implantation, parce que les réalités sont parfois très différentes, par exemple entre une implantation en centre-ville ou une petite école de village. Mais si un directeur estime que c’est mieux de n’avoir qu’un plan, c’est lui le maitre d’œuvre ».

S’il est vrai que les indicateurs reçus de l’Administration concernent l’école, le « miroir », basé sur les questionnaires aux parents/élèves/enseignants, différencie les résultats par implantation, ce qui permet d’affiner l’analyse.

Directeur des implantations de Géromont, Mont, Xhoffraix et Longfaye, Dany Noël n’avait pas d’idée préconçue. « Il est fort possible qu’on décide d’élaborer un plan par implantation, au niveau du bien-être par exemple, parce que les réalités sont fort différentes ».

Quel que soit le choix, « tout ce qu’on observe, on le garde, précise Mme Eloy. Ce qui n’est pas priorisé dans le plan apparait quand même dans l’application Pilotage ».