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Magazine PROF n°40

 


Dossier Pilotage & contrat d'objectifs

Chronique d'un plan annoncé

Article publié le 07 / 12 / 2018.

D’octobre à novembre, durant trois journées pédagogiques, l’équipe de l’Institut Notre-Dame, à Anderlecht, a défini les objectifs du plan de pilotage de ses deux implantations.

Mi-octobre. Lors d’une première journée pédagogique, l’équipe de l’Institut Notre-Dame, à Anderlecht, divisée en groupes, décortique les résultats de l’outil « miroir » (lire « Miroir, mon beau miroir ») pour ses deux implantations contiguës.

L’équipe éducative, répartie en groupes, s’est basée sur l’outil miroir pour élaborer le diagnostic de l’école.
L’équipe éducative, répartie en groupes, s’est basée sur l’outil miroir pour élaborer le diagnostic de l’école.
© PROF/FWB

L’exercice s’avère un peu fastidieux. Le miroir détaille les résultats des enquêtes menées auprès des enseignants, des parents et des élèves, à propos de leur perception du fonctionnement de l’école. Mais aussi, ici, les résultats des élèves aux épreuves diocésaines de 2e et de 4primaire, à l’aune de résultats obtenus dans des écoles de même indice socio-économique et dans les autres écoles du réseau libre. De même qu’une série d’indicateurs prélevés dans TABOR(1).

« Ce miroir, c’est un outil, un point de départ pour entamer et nourrir les discussions et les débats, rassure Christine Toumpsin, directrice de l’implantation qui accueille les élèves de la 3e à la 6primaire. Il donne l’occasion de voir certains problèmes que nous n’avons peut-être pas cernés. Mais le plus important, c’est notre regard, notre vision qui nous permettra de déterminer notre cheval de bataille pour les années à venir ».

Au sein de chaque groupe, des duos sont à la manœuvre. Ils font partie du Comité de coordination du plan de pilotage (Coop), qui réunit des enseignants du maternel et du primaire, des maitres spéciaux, et les directrices des deux implantations. « J’ai souhaité faire partie du Coop par intérêt pour le changement, explique Nathalie Bogemans, institutrice en 1re-2primaire. Élaborer ensemble le plan de pilotage, cela va faire bouger les gens, changer les mentalités ».

Pour Christine Ponchau, sa collègue de 1accueil–1re maternelle, « le fait d’avoir adhéré l’an dernier au programme Prof’Essor nous aide dans notre démarche actuelle. Il nous a donné l’occasion, avec l’aide d’une conseillère pédagogique, de travailler davantage en équipe ; de construire des projets dans l’école en définissant des objectifs spécifiques, mesurables, acceptables, réalistes et définis dans le temps. Une dynamique s’est créée ».

À la fin de cette première journée, les enseignants ont pu, au départ de l’observation du miroir, déterminer les forces et faiblesses de l’école, puis choisir une dizaine de problématiques à travailler.

Des racines et des ramures

Mi-novembre. Des petits carrés de papier colorés viennent nourrir des arbres à pourquoi dessinés sur un panneau. Peu à peu, cet outil méthodologique permet à l’équipe éducative, au sein des mêmes groupes, d’identifier et de creuser les causes-racines de cinq situations problématiques choisies par vote.

Ensuite, les groupes en déterminent les conséquences (les branches) et leurs effets secondaires (les ramifications). Après avoir éliminé les causes-racines et les effets sur lesquels l’équipe ne peut pas agir, chaque élément est reformulé de façon positive.

Formés pour la plupart à l’utilisation de cet outil par une conseillère pédagogique, les membres de la Coop canalisent les choses. Car le débat est rondement mené et les réactions fusent, très diverses. « Quand je suis dans ma classe, confronté à la réalité quotidienne de faire avancer chaque élève à son rythme, je ne vois pas bien comment le plan de pilotage va m’aider à être un enseignant plus performant. Il y aura toujours des éléments sur lesquels je n’aurai pas prise », lâche un enseignant.

Puis, l’équipe est invitée à « rêver » en formulant des solutions parfois utopiques, pour chacune des cinq problématiques. « C’est une initiative personnelle, confie Mme Toumpsin. Je suis persuadée que c’est en ouvrant le champ des possibles que des idées vont sortir. Si on se freine, on n’ose pas grand-chose ». Et d’ajouter : « Notre équipe est unique, notre plan de pilotage le sera sans doute aussi. Les outils que nous avons reçus, nous nous les approprions, nous les adaptons à notre sauce ».

Un arbre en cache un autre

Fin novembre. Toujours au sein des mêmes groupes, l’équipe éducative aura construit d’autres arbres. Aux problèmes succèderont des objectifs ; les causes seront remplacées par des activités à mettre en place pour atteindre ces objectifs ; les conséquences par les résultats attendus.

Lors de cette troisième journée pédagogique, en effet, la mission aura été de choisir des problématiques à reformuler en objectifs spécifiques permettant de contribuer aux objectifs d’amélioration attendus pour l’ensemble du système éducatif en Fédération Wallonie-Bruxelles. Puis, pour chaque objectif, de définir des stratégies ou des actions à mettre en œuvre pour les atteindre. Comme appris l’année dernière à travers le programme Prof’Essor.

La suite ? Avec l’aval de l’équipe, les membres du Coop, en duo pour chacun des objectifs, et les deux directrices, se lanceront dans l’écriture du plan de pilotage qui doit être prêt fin mars. Et cela en tenant également compte des indicateurs fournis à l’école via l’application informatique Pilotage.

Mme Toumpsin : « Près d’un an aura passé entre la soirée d’envol, durant laquelle j’ai informé l’équipe sur les tenants et aboutissants, et les différentes étapes de l’élaboration du plan de pilotage. Le travail réalisé aura clarifié les écueils et les atouts de l’école, fait naitre des projets, suscité enthousiasme et scepticisme… Si le plan connait des ratés sur le plan légal, nous continuerons le travail, car c’est un outil magnifique pour réunir l’équipe ».

Catherine MOREAU

(1) Le TABOR est un ensemble de données chiffrées à caractère administratif et statistique envoyé chaque année aux chefs d’établissements. On y trouve notamment la situation du personnel de l’établissement, les parcours des élèves, les moyennes des résultats, les taux de redoublement et de retard…

Fiche d'identité

Institut Notre-Dame, à Anderlecht

Deux implantations

École fondamentale en encadrement différencié

680 écoliers

Environ 60 enseignants

Miroir, mon beau miroir

On lira tout au long de ce dossier le terme de « miroir ». C’est un des outils qui lancent le débat au sein des équipes pédagogiques et nourrissent leur diagnostic.

Chaque réseau l’a constaté : les indicateurs fournis par l’application Pilotage élaborée par l’Administration ne pouvaient pas fournir d’informations sur le climat, sur le bien-être, sur le travail collaboratif… D’où la nécessité de demander l’avis des acteurs de l’école sur ces dimensions.

Avec le support technique du bureau de conseil Mc Kinsey, chaque réseau d’enseignement a alors planché sur le contenu d’une enquête, avec des conseillers pédagogiques ou une équipe plus large.

Un questionnaire a été transmis par les directions des écoles aux enseignants et autres membres des personnels, aux directions, parents et élèves et, pour certains réseaux, au pouvoir organisateur. Ces acteurs ont répondu au questionnaire via une plateforme web (parfois via des formulaires papier) et les résultats ont été retransmis à chaque école.

Les écoles de la Fédération des établissements libres subventionnés indépendants ont souvent opté pour un questionnaire rédigé avec leur équipe éducative.