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Magazine PROF n°19

 


Dossier Inspecteurs et conseillers pédagogiques :
          différents mais complémentaires

« Inspecteurs, conseillers pédagogiques et formateurs travaillent en synergie »

Article publié le 01 / 09 / 2013.

Le décret Inspection le rappelle et Roger Godet, inspecteur général coordonnateur, y insiste : la réforme de l’Inspection s’inscrit dans la perspective d’un pilotage accru de notre système scolaire. Ce qui exige des liens avec d’autres services.

© PROF/FWB

PROF : Pouvez-vous expliquer en quoi vous voyez l’inspecteur comme un relai entre le terrain et les décideurs ?
Roger Godet :
Je dirais, sous forme de boutade, évidemment, qu’un inspecteur doit savoir lire et écrire. Lire, c’est décrypter une réalité scolaire à un moment donné, pas à l’aune de ce qu’il pense, mais à l’aune d’un programme et de missions, via toute une série de pratiques proposées par le décret Inspection.

Écrire, c’est transcrire cette réalité. D’une part au bénéfice des décideurs sur le plan micro : le pouvoir organisateur, le chef d’établissement, l’équipe éducative. Ces acteurs doivent pouvoir s’emparer de ses constats, les confronter à leurs propres lectures, pour conforter ce qui va et améliorer ce qui ne va pas. D’autre part, cette transcription s’intègre aussi dans une description plus large qui permettra de donner des indications de terrain au bénéfice de ceux qui gèrent le système au niveau macro.

Notre Vadémécum de l’inspecteur permet de bien lire et décrire une réalité et harmoniser nos pratiques. Nous ne sommes ni des dirigeants du système scolaire, ni des décideurs. Nous ne sommes plus des enseignants de terrain. Nous évaluons la façon dont, dans les écoles, les acteurs traduisent en gestes professionnels ce qui est recommandé, prescrit, conseillé. Cela bénéficie tant aux acteurs de terrain qu’aux décideurs.

Quelle est la collaboration avec les conseillers pédagogiques ?
À côté du Service général d’Inspection, le décret de 2007 a créé les conseillers pédagogiques travaillant dans les différents réseaux. Les responsables des services des inspecteurs et des conseillers pédagogiques se rencontrent régulièrement dans un Collège, également créé par ce décret, et présidé par un fonctionnaire général, en l’occurrence l’Administrateur général de l’Agers.

Un échelon plus bas, inspecteurs et conseillers pédagogiques collaborent dans des cellules de travail pour le spécialisé, pour le maternel ordinaire, le primaire ordinaire et le secondaire ordinaire. Cela débouche sur des réunions communes par disciplines. Récemment, ces réunions ont permis de discuter de la difficulté des enseignants à prendre en compte les représentations mentales des élèves en difficulté, même si ces professionnels sont bien conscients aujourd’hui de la nécessité d’aider ces élèves-là.

Quel en est l’impact ?
La réalisation de nos rapports généraux nous amène à constater l’impact suivant : lorsque nous retournons dans les écoles après une évaluation négative, nous constatons le plus souvent des améliorations. Le facteur principal et prépondérant est l’intervention des conseillers pédagogiques.

Et la formation ?
Les difficultés pointées par l’Inspection sont très souvent intégrées dans les propositions de formations réseaux ou interréseaux. Par exemple, l’Institut de la formation en cours de carrière (IFC) a mis en place des formations pour amener les enseignants à s’emparer des outils liés aux évaluations externes, suite à un constat de l’Inspection d’une difficulté à ce sujet. J’ajoute que l’Inspection siège dans le conseil d’administration et le bureau de l’IFC. La fonctionnaire dirigeante de l’IFC est invitée aux réunions de la Commission de Pilotage (COPI), Collège de l'inspection, de conseil et de soutien pédagogiques. L’administrateur général de l’Agers est le supérieur hiérarchique du Service général de l’Inspection ; il préside aussi l’IFC et la COPI.

Ces collaborations ont-elles permis, par exemple, un renforcement de l’apprentissage des mathématiques ?
En 2009, le rapport de l’Inspection générale relevait notamment la rare utilisation des situations-problèmes, la multiplicité d’exercices procéduraux identiques, l’usage modéré des pistes didactiques issues des évaluations externes non certificatives. Il notait aussi que la planification coordonnée des activités, peu présente dans les programmes, était aussi très rare dans les écoles.

Aujourd’hui, nous constatons que les enseignants prennent plus en compte les élèves en difficultés. Ils utilisent aussi davantage l’initiation à l’activité mathématique par la situation-problème. Ils perçoivent mieux la notion des grandeurs dans le primaire, notamment grâce à l’intervention des conseillers pédagogiques. Quant à eux, les inspecteurs ont affiné la prise en compte du phénomène de la difficulté de l’apprentissage des mathématiques. D’une part, nous estimons qu’il y a un lien avec la difficulté de développer des stratégies de résolution de problèmes. La compétence a été trop souvent considérée comme un assemblage de savoirs et de savoir-faire. Pour moi, la compétence est plutôt la capacité à mettre en place une stratégie – évolutive – face à une situation-problème. L’assemblage de savoirs et de savoir-faire pouvant être une de ces stratégies.

Le Service général du Pilotage du système éducatif a continué à produire des pistes didactiques en mathématiques qu’il met à disposition des enseignants. Et on voit apparaitre dans le catalogue des formations de l’IFC des formations qui renforcent cet apprentissage. Enfin, la conception des nouveaux référentiels de mathématiques apporte plus de précisions qu’avant, dans une articulation plus planifiée et plus spiralaire : on revient sur des mêmes notions mais en les approfondissant. Quelle importance ont eu ces facteurs ? C’est difficile à dire et il n’y pas assez de recul pour l’affirmer. Mais, les résultats au CEB montrent une amélioration.

Une conclusion ?
L’inspecteur, le conseiller pédagogique, le formateur travaillent en synergie, mais chacun dans sa mission ou dans la spécificité de son métier. Chacun, dans son rôle, aide l’équipe éducative à améliorer le système éducatif. L’inspecteur évalue de l’extérieur, le conseiller donne des stratégies d’amélioration, le formateur aide aussi à améliorer ces pratiques.

Une autoanalyse en mode Kilt

Par une enquête auprès des écoles, le Service général de l’Inspection vise à améliorer son fonctionnement. Il a envoyé aux chefs d’établissement et aux directeurs de CPMS visités en 2010-2011 et 2011- un questionnaire d’évaluation, dans le but avoué d’améliorer le fonctionnement global du Service général de l’Inspection. Environ 1800 personnes ont reçu ce questionnaire, et 941 y ont répondu. Les réponses étaient ou ont été rendues anonymes : on n’y reconnait ni l’auteur, ni l’école ou le centre PMS, ni l’inspecteur.

« L’idée d’enquête, commente Roger Godet, inspecteur général coordonnateur, a été reprise à des collègues écossais. Pour la petite histoire, nous l’avons baptisé projet Kilt ».

Les questions

La première question porte sur l’avant visite. L’information communiquée a-t-elle permis de préparer cette visite efficacement ? « Toutes nos visites sont annoncées à l’avance, explique M. Godet. Nous voulions savoir si cette façon de faire, avec son calendrier, l’annonce de l’objectif, de la procédure, est efficace ».

La deuxième question concerne la visite elle-même. Les modes d’investigation ont-ils permis de lire et de décrire efficacement la réalité de l’équipe éducative ? La troisième porte sur la suite. Le rapport a-t-il eu un impact positif sur l’auto-évaluation du travail pédagogique mis en œuvre dans l’établissement ? Vient ensuite une appréciation plus globale sur les missions de l’Inspection et sur les rapports fournis.

Les résultats

Ces questions fermées permettent une analyse quantitative. De plus, après chaque question s’ouvre un espace de remarques et de suggestions : chacune d’elles est analysée de façon qualitative, avant d’être prise en compte ou non. M. Godet : « Cela prend du temps : les résultats sortiront en septembre ».

Des tendances ? En-dehors du très bon taux de réponse, M. Godet retient déjà que, globalement le taux de satisfaction est très positif et que les suggestions ont surpris son équipe, tant par leur nombre important que par leur qualité. Et de citer un exemple : « Certaines écoles nous ont dit que le fait de les prévenir génère du stress. À nous maintenant de déterminer comment prendre ce facteur en compte ».