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Magazine PROF n°14

 


Dossier Le plan individuel d’apprentissage

S’approprier le sens du PIA avant de construire ses outils

Article publié le 01 / 06 / 2012.

Une vingtaine d’enseignants et agents de CPMS ont suivi l’une des formations au PIA proposées par l’Institut de formation en cours de carrière (IFC). Où ils ont pu renouer avec le véritable sens de cette démarche collective au bénéfice de l’élève. La rédaction de PROF s’est jointe à eux. Témoignage et réflexions.

Autour de moi, ce jeudi, une douzaine d’enseignants du fondamental ou du secondaire spécialisé, plusieurs agents de CPMS, et quelques enseignants du 1er degré du secondaire ordinaire. Tous contraints par décret à coordonner ou à participer de près ou de loin à l’élaboration et au suivi de plans individuels d’apprentissage. Tous désireux de vérifier que leurs pratiques cadrent avec l’obligation légale. Très demandeurs aussi d’outils pertinents autant qu’applicables. Et pour certains soucieux de retrouver le sens du PIA, parfois – souvent ? – noyé sous la contrainte administrative ou sous des façons de faire venues d’en haut…

© Charlotte Meert

En deux jours de formation interréseaux, Francis Bruyndonckx, formateur PIA au sein de l’IFC, se donne pour objectif, tout en répondant aux interrogations légitimes des participants, d’en revenir à ce qui, huit ans après l’introduction de cet outil dans le spécialisé, en constitue le cœur : une démarche centrée sur l’élève.

Redonner vie à une corvée laborieuse

Dans un premier temps, M. Bruyndonckx part des modalités de PIA mises en place dans les contextes professionnels des participants, pour en dégager les représentations qu’ils s’en font. La diversité des applications saute aux yeux. Et si les vertus du PIA idéal se dégagent de cette image, trois aspects franchement négatifs en émergent aussi. D’abord, la solitude du titulaire ou coordinateur face aux PIA de ses élèves. Ensuite l’inquiétude quant aux éléments à mentionner (ou pas) dans ces documents qui sont communiqués aux parents, en liaison avec la question du secret professionnel partagé. Enfin, et massivement, l’aspect administratif voire dénué de sens d’un PIA qui, une fois rempli laborieusement, croupit dans les cartons !

Un détour par les textes légaux (lire à ce sujet « Obligatoire dans le spécialisé et au 1er degré du secondaire ordinaire ») montre qu’ils ne sont en rien responsables de l’inflation administrative, puisqu’ils ne décrivent pas l’outil dans le détail… Depuis et sans doute déjà avant l’apparition du PIA dans le décret « spécialisé » de 2004, les réseaux d’enseignement ont mis au point des modèles, avec le souci de proposer aux équipes de terrain des outils optimaux, qui se révèlent parfois trop complets et/ou trop lourds à pratiquer ou à gérer.

Le cœur du PIA

Avec le recul, il semble aujourd’hui plus pertinent de laisser les équipes construire leurs modèles de PIA qui, pour M. Bruyndonckx, doivent contenir des éléments/phases indispensables, sous peine de s’écarter de la philosophie d’individualisation de l’accompagnement.

Quels sont ces éléments ? Forts de leurs expériences diverses, les participants à la formation n’ont éprouvé aucune peine à les dégager, par eux-mêmes, ce qui illustre bien que l’adoption du PIA par les équipes enseignantes ne nécessite pas de ressources externes, dès que l’on est en phase avec ses objectifs. Ces éléments sont donc :
- des informations sur l’élève ;
- une observation permettant de dégager ses ressources/difficultés ;
- une analyse de sa situation en regard de sa difficulté d’apprentissage, individuelle puis collective, au conseil de classe ou conseil de guidance dans l’ordinaire ;
- après analyse, la définition d’objectifs prioritaires ;
- une communication aux parents et à l’élève, dont on mesure l’engagement ;
- une évaluation conclue par des ajustements ou la définition de nouveaux objectifs.

Une fois la démarche intégrée par les participants, place aux exercices pratiques, sur chacune de ces étapes. Quelle information sur l’élève ? Où la chercher ? Qui s’en charge ? Auprès de qui ? Pour M. Bruyndonckx, seules les informations en lien avec les apprentissages doivent figurer au PIA, distinct du dossier de l’élève. Par ailleurs, nombre d’écoles, surtout au 1er degré du secondaire ordinaire, impliquent l’élève en lui proposant des questionnaires souvent fort bien faits sur leur rapport à l’école, sur leur projet, sur leurs ressources,…

L’expertise existe au sein des équipes

Personne ici ne sera surpris de lire qu’un bon PIA repose sur l’observation des élèves. À côté de l’observation spontanée et permanente, M. Bruyndonckx suggère le recours à des grilles d’observation afin d’affiner le diagnostic.

L’analyse, individuelle puis collective, est évidemment le préalable à toute proposition d’objectifs. Lors de la formation, un exercice pratique, basé sur une situation vécue, a clairement montré que même des enseignants et autres professionnels ne donnant pas cours à un élève en difficulté disposent de toutes les ressources nécessaires pour définir quelques priorités d’action. L’intérêt de la démarche PIA est qu’elle permet de fixer une ligne de conduite claire impliquant tous les personnels concernés par un élève en difficulté.

Bien entendu, les améliorations ne seront possibles que si les objectifs, clairs, dépassent les généralités du genre « être autonome dans son travail scolaire » ! Et si ces objectifs sont assortis de moyens d’action précis, d’un échéancier clair, et d’indicateurs de réussite. Reste alors à convaincre parents et élève de s’impliquer dans ce plan élaboré sur mesure !

Quant aux participants à cette formation PIA de deux jours, il leur reste à digérer le tout et à convaincre leurs collègues qu’entrer dans cette dynamique collective sera certainement moins frustrant que de remplir des pages par obligation, et peut-être même moins chronophage…

D. C.

Des questions légitimes

Quelles étaient les attentes des participants à cette formation PIA ? Pour l’une, titulaire de 1re complémentaire dans l’ordinaire, il s’agissait de trouver de nouvelles pistes et de vérifier si ce qui a été mis en place dans son établissement scolaire est proche de ce qui se fait ailleurs. Pour un enseignant du spécialisé, il s’agissait de voir comment articuler le PIA avec d’autres éléments tels que le projet de l’élève.

Pour plusieurs participants, la question de la forme du PIA est très prégnante : l’un cherche des outils pour remodeler et simplifier le modèle utilisé depuis deux ans ; l’autre souhaite vérifier « si on est obligé de le faire en respectant toutes les phrases de la théorie qu’on nous a donnée » ; un troisième s’inquiète de la longueur des grilles d’encodage utilisées dans le modèle en usage dans son établissement.

Troisième grande préoccupation, et non des moindres : celle du sens et de l’utilité du PIA. Pour les uns, il est rempli parce qu’obligatoire. D’autres comprennent l’attention portée aux difficultés de l’élève, mais « en quoi est-ce utile pour ma pratique et pour mon équipe ? »

Par ailleurs, la question principale des agents de CPMS qui assistaient à la formation, c’est la façon de s’insérer dans la démarche et de faire passer l’intérêt de leur regard différent de celui des enseignants.

D. C.