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Magazine PROF n°30

 


Dossier La littérature belge en classe

Une pratique régulière mais limitée

Article publié le 01 / 06 / 2016.

Le questionnaire relatif aux pratiques d’enseignement de la littérature belge en Fédération Wallonie-Bruxelles (lire « Quelle méthode ? ») a été réalisé en 2015 par Françoise Chatelain - collaboratrice scientifique à l’ULB, membre du comité de la collection Espace Nord - et Tanguy Habrand - assistant à l’ULg, responsable de la collection Espace Nord. Ils nous livrent leur analyse des réponses.

À quelle fréquence les répondants pratiquent-ils la littérature belge ? Quelle proportion représente cette dernière par rapport au volume de livres lus ? En croisant les réponses à ces questions (lire nos infographies), on pourrait donc définir l’enseignement de la littérature belge comme une pratique assez régulière, mais limitée à une part minoritaire du corpus littéraire envisagé en classe, analysent les auteurs de l’enquête.

Cette limitation est renforcée par le fait que trois quarts des répondants ne cherchent pas à inscrire ces livres dans une histoire de la littérature belge : les lectures sont envisagées pour elles-mêmes, au cas par cas, sans attention portée à un contexte évolutif de production.

Une place, à côté de la littérature de France

La première concurrence vient bien sûr de la littérature française, mais les enseignants témoignent aussi du souci de faire découvrir d’autres cultures de la fiction à leurs élèves à travers des traductions. Les littératures américaine et anglaise figurent en première place. Certaines langues romanes (littératures espagnole, latino-américaine et dans une moindre mesure italienne) se défendent bien, au même titre que les littératures arabe, africaine et d’Extrême-Orient. Après la littérature russe, les littératures allemande, scandinave, suédoise, autrichienne ou encore hollandaise sont pour ainsi dire inexistantes.

Une question de représentation

De tous les arguments avancés pour souligner les bienfaits de la littérature belge, c’est le critère de la proximité qui est le plus souvent mobilisé. Cet argument recouvre deux aspects bien distincts, en termes de contenus et de rencontres potentielles.

D’une part, l’ancrage local est susceptible de mieux parler aux élèves qui trouveront de l’intérêt pour ce qui leur est proche (ambiance, thématiques, lieux, vocabulaire). Il serait plus aisé de s’identifier à un univers fictionnel dès lors qu’il fait état de références communes. D’autre part, la proximité est liée au caractère plus accessible des auteurs contemporains, lesquels pourront éventuellement se rendre en classe pour une session de discussion.

Avec un taux de réponse presque équivalent, on trouve la nécessité de sensibiliser les élèves à une culture proprement belge. La littérature belge ouvre ainsi des portes à la réflexion, au questionnement sur l’identité et ce que signifie le fait d’être belge.

De nombreux répondants mettent toutefois en exergue des mérites propres à la littérature belge et revendiquent ses qualités intrinsèques : importance de certaines œuvres dans le paysage littéraire, beauté de l’écriture, styles multiples.

La littérature belge n’en reste pas moins entourée de représentations qui la desservent. Parmi les traits jouant en sa défaveur, celui qui est le plus régulièrement avancé a trait à la méconnaissance qui l’entoure. Sa faible notoriété s’expliquerait de façon globale par la difficulté de se procurer des ouvrages non réédités et des ressources pédagogiques.

En tout état de cause, elle reste, de l’aveu de quelques-uns, inféodée à la littérature française et ne trouve que peu de compensation du côté des pouvoirs publics, le programme belge des cours de français reposant essentiellement sur la littérature française : « L’enseignement de la littérature ne vise que trop souvent que la littérature française, estime un participant, n’utilisant les exemples belges qu’avec parcimonie ».

Françoise CHATELAIN et Tanguy HABRAND