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Magazine PROF n°18

 


Dossier Cours philosophiques : à la croisée des chemins

Un cours commun de philosophie ?

Article publié le 01 / 06 / 2013.

Le Centre d’étude et de défense de l’école publique, comme le Centre d’action laïque, défend l’idée d’un cours de philosophie obligatoire, commun à tous les élèves.

Le Centre action laïque (1) est la structure faitière d’un ensemble de trois cents ASBL du mouvement laïque. Benoit Van Der Meerschen, qui en dirige la cellule « étude & stratégie », représente le Conseil moral laïque au sein du Conseil consultatif supérieur des cours philosophiques. Il développe.

Benoit Van Der Meerschen : « L’école est le dernier lieu de la société où on demande à s’identifier religieusement. »
Benoit Van Der Meerschen : « L’école est le dernier lieu de la société où on demande à s’identifier religieusement. »
© PROF/FWB

PROF : Benoit Van Der Meerschen, quelle est la position des laïcs dans le débat des cours philosophiques ?
Benoit Van Der Meerschen : Le Centre d'étude et de défense de l'école publique (2) est favorable à la suppression du caractère obligatoire des cours dits philosophiques, et au renforcement de la formation citoyenne au sens large. Cette formation remplacerait les cours dits philosophiques, dans un cours commun de philosophie devant tous les élèves d’une même classe, dans tous les réseaux. Il serait dispensé dans le cadre du programme obligatoire, par des professeurs formés à cet effet.

Y a-t-il un lien entre cette position et l’avis développé par trois constitutionnalistes devant le Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles ? Cet élément bouleverse la donne. Une étude juridique du Service des études et de documentation du Parlement montrait en 2002 que l’article 24 de la Constitution pouvait être interprété différemment (3). Une interprétation juridique laïque en déduisait le caractère facultatif des cours dits philosophiques ; une interprétation juridique catholique le contraire.

Deux constitutionnalistes, Marc Uyttendaele (ULB) et Henri Dumont (Facultés Saint-Louis), qui, pour moi, font partie de chacune de ces écoles, s’accordent sur ce caractère facultatif. Ce dernier s’appuie sur l’article 2 du premier protocole à la Convention européenne de sauvegarde des Droits de l’Homme et des Libertés. Selon celui-ci, nul ne peut se voir refuser le droit à l’instruction ; l’État, dans l’exercice des fonctions qu’il assumera dans le domaine de l’éducation et de l’enseignement, respectera le droit des parents d’assurer cette éducation et cet enseignement conformément à leurs convictions religieuses et philosophiques.

Ainsi, si quelqu’un n’a pas de conviction, il ne peut se voir contraint de suivre ces cours. D’option politique, cela devient une obligation juridique. De plus, la Flandre dispose déjà d’une dispense pour ces cours. Je pense que des parents introduiront sans doute des recours à ce sujet en septembre prochain.

Quel est l’avis du CAL sur le cadre décrétal proposé par la ministre de l’Enseignement obligatoire ?
Marie-Dominique Simonet ne semble obtenir un consensus ni général, ni au sein de sa majorité. Le Parti socialiste a dressé la liste des questions à travailler en préalable à une décision de créer un cours de citoyenneté et d'introduction à la philosophie dans l'enseignement obligatoire. Écolo propose pour tous niveaux et tous réseaux de réduire les cours dits philosophiques d’une moitié par semaine, et d’en consacrer l’autre moitié à un cours portant sur le questionnement philosophique, la citoyenneté active et la compréhension des différentes religions et de la morale. Le Mouvement réformateur est pour l’introduction d’un cours de philosophie et d'histoire culturelle des religions dans le programme du 3e degré secondaire officiel. Le terrain est mouvant et l’année est électorale...

Quels autres arguments avancez-vous ?
Le fondement est le bien-être des enfants. L’école est le dernier lieu de la société où on demande à s’identifier religieusement. Un anachronisme. D’où la volonté de rassembler plutôt que de diviser. Dans une société sans boussole où règne l’immédiateté, il faut éviter les clivages par confessions et favoriser un dialogue fécond avec tous les élèves d’une même classe. En allant au bout de cette logique d’un cours facultatif, la Fédération des associations de parents de l'enseignement officiel estime qu’il faut rendre les cours dits philosophiques facultatifs, hors grille horaire, mais obligatoirement organisés dans le cadre de l’école (4).

Un nouveau cours aurait-il un impact sur l’emploi ?
Notons que si l’hindouisme et le boudhisme seront demain des cultes reconnus, le cout des cours dits philosophiques et les difficultés de les organiser n’iront que croissant. Ensuite, on ne donne pas un cours de philosophie si on n’a pas la formation adéquate, et ce dans l’intérêt supérieur des enfants. Sa mise en œuvre devra se faire par étapes et s’accompagner de mesures transitoires pour le personnel enseignant. Je n’ai pas beaucoup d’inquiétude pour les professeurs de morale quant à leur capacité à donner ce cours. Et son contenu ? Sur le contenu, on ne part pas de rien. Le rapport Wynants, le décret Citoyenneté, les avis du CCSCP (lire « Des référentiels pour les religions dans l'officiel ») offrent une matière à ordonnancer en un tout cohérent. Cette position rejoint globalement les trois axes sur lesquels travaille le CCSCP actuellement. Mais la méthode reste un point d’achoppement. Les représentants du culte défendent une approche par cours spécifiques. Nous prônons un cours commun. Certains craignent aussi de passer d’un cours commun à un réseau commun… Effectivement, la revendication d’un cours commun s’inscrit dans une revendication plus globale, celle d’un réseau unique. Si un domino tombe, peut-être va-t-il entrainer avec lui d’autres éléments…

(1) http://www.laicite.be
(2) http://www.cedep.be/?cat=9
(3) Cette étude est conservée au Parlement. On peut en trouver un résumé dans la présentation de la proposition de Richard Miller. http://bit.ly/18t15WI
(4) http://bit.ly/132eMrk