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Magazine PROF n°16

 


Dossier Esprit d'entreprendre es-tu là?

Esprit d’entreprendre, es-tu là ?

Article publié le 01 / 12 / 2012.

Mini-entreprises, pédagogie du chef-d’œuvre, stages et visites, entreprises d’entrainement pédagogique,… Voilà quelques projets mis en chantier pour développer les capacités entrepreneuriales à l’école. Quel sens donne-t-on à ce concept, pourquoi et comment veut-on le développer chez les élèves ?

© PROF/FWB/Jean-Michel Clajot

Enseigner l’esprit d’entreprendre peut renvoyer d’emblée à des options sciences économiques dans l’enseignement général. Le concept peut renvoyer aussi aux cours donnant accès à un certificat relatif aux connaissances de gestion de base. Celui-ci peut être obtenu au 3e degré secondaire qualifiant et/ou en 7e technique et professionnelle dans l’enseignement ordinaire et à horaire réduit, dans l’enseignement de promotion sociale ou au jury de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Ou, dans le cadre d’une formation de chef d’entreprise à Espace Formation PME, à Bruxelles, et en Wallonie, à l’IFAPME (Institut wallon de Formation en Alternance des indépendants et Petites et Moyennes Entreprises).

Cependant, le concept de l’esprit d’entreprendre a pris un sens bien plus large qui fait référence à des compétences transversales. Il s’agit de mettre en œuvre, à tous les niveaux d’enseignement, des méthodes pédagogiques qui développent les capacités entrepreneuriales : créativité, confiance en soi, persévérance, sens des responsabilités, esprit d’initiative et d’équipe. Bref, des compétences dépassant largement les sphères économiques et commerciales, que les élèves pourront appliquer dans le monde du travail, mais aussi dans tous les aspects de leur vie de citoyen. « Cette approche partage beaucoup de choses avec la pédagogie active, les méthodes inductives, le travail par résolution de problèmes ou encore la pédagogie par projet », observent Bernard Surlemont, professeur à l’Université de Liège, et Paul Kearney, spécialiste de la pédagogie entreprenante (1).

Un apprentissage social

S’agit-il de faire de tous les enfants des entrepreneurs dès le biberon ou presque ? En tout cas, cette insistance sur l’esprit d’entreprendre traduit une évolution du concept d’entrepreneur. Pour Frank Janssen, professeur à la Louvain School of Management (2), dans l’histoire de la pensée économique, l’entrepreneur a d’abord été défini par une approche fonctionnelle – « celui qui innove et prend le risque de mener une affaire commerciale à son propre compte ». Puis, on l’a considéré comme une personne dotée de qualités innées : besoin d’autonomie, d’accomplissement, confiance en soi,… Actuellement, l’entrepreneuriat est considéré comme un apprentissage social : les qualités nécessaires peuvent s’acquérir. D’où le rôle très important que peut jouer l’école dans la création et la diffusion d’une culture entrepreneuriale.

Cette évolution s’inscrit aussi, évidemment, dans un autre paysage. Européen, d’abord. Si l’Europe veut préserver son modèle social, il lui faudra davantage de croissance économique, davantage de création d’entreprises, davantage d’entrepreneurs disposés à se lancer dans des projets innovants. En 2006, le Parlement et le Conseil européens ont défini les huit compétences clés à inculquer à tous les stades de l’éducation et de la formation. Parmi ces compétences figure « l’esprit d’initiative et d’entreprise » défini comme la capacité de passer des idées aux actes, ce qui suppose créativité, innovation et prise de risque, ainsi que la capacité à programmer et gérer des projets pour réaliser des objectifs (3). La Commission a donc recommandé à chaque État de sensibiliser le plus grand nombre de personnes à cet apprentissage, et en particulier les jeunes, de l’école primaire à l’université, pour « les encourager à devenir les entrepreneurs de demain » (4).

Du pain sur la planche

Dans ce paysage-là, la Belgique est plutôt à la traine. Le Global Entrepreneurship Monitor (GEM) mesure le taux d’activité entrepreneurial (c’est-à-dire le nombre d’entreprises en phase de démarrage par rapport à la population en âge de travailler) dans une cinquantaine de pays. Selon la dernière enquête (5), la Belgique a atteint en 2011 un taux inférieur à ceux de certains pays voisins et, plus encore, à ceux de pays émergents où la proportion élevée s’explique sans doute par le fait que créer son entreprise est plus une question de nécessité que d’opportunité (voir infographies). Enfin, selon un sondage réalisé en 2007 (6), seuls 30% des Belges souhaiteraient devenir leur propre patron, alors que la moyenne européenne est de 45%.

Ces constats ne sont pas neufs. Ils ont amené des réactions. En 2006, dans le cadre du Plan Marshall, le Gouvernement wallon a créé l’Agence de stimulation économique (ASE) pour structurer l’animation du développement économique en Wallonie et, notamment, sensibiliser les jeunes à l’esprit d’entreprendre. Cinq agents de sensibilisation – des enseignants chargés de mission - proposent aux enseignants des actions labellisées, et adaptées aux besoins. « Nous avons atteint un premier objectif qui était de faire connaitre notre action dans une majorité d’écoles (plus de 90% d’établissements visités), explique Didier Clarinval, directeur du département Opérations de l’ASE, qui coordonne notamment les programmes de l’entreprenariat au sein de l’ASE. Nous nous efforçons maintenant de diversifier nos outils pédagogiques (lire « Les enfants , moteurs de leur projet ») et de proposer des formations aux enseignants et aux futurs enseignants ».

Par ailleurs, la Déclaration de politique communautaire 2009-2014 (7), prévoit de développer, à tous les niveaux d’enseignement, l’esprit d’entreprendre, « qui doit se comprendre comme la capacité de se mettre en projet, ce projet pouvant s’inscrire dans un contexte économique, social ou culturel ». Elle prévoyait ainsi que chaque élève participe à une animation de sensibilisation à l’esprit d’entreprendre au cours des 2e et 3e degrés du secondaire et qu’un volet visant à développer la capacité d’innover, de créer et d’entreprendre soit intégré dans le projet d’établissement de chaque école qualifiante.

Un pari gagné ? Ce dossier illustre divers projets mis en œuvre dans l’enseignement fondamental, secondaire et supérieur. Dans des sections ou options à vocation économique ou non. La plupart font le pari de développer, outre des savoirs – souvent la connaissance de concepts économiques -, des compétences transversales telles que savoir travailler en équipe, prendre des initiatives, collaborer,… Une enquête a été menée auprès de 650 jeunes de 15 à 24 ans par le Forum Free qui s’efforce de développer l’esprit d’entreprendre en Belgique francophone. Elle a montré qu’un tiers d’entre eux aimeraient créer leur propre entreprise, notamment par gout pour les responsabilités, pour relever des défis et pour exercer leur créativité (8). Paradoxal au vu des chiffres modestes énoncés plus haut. Les raisons ? Principalement la peur du risque et la présence d’un environnement socioculturel et familial peu favorable aux entrepreneurs. Face à ce constat, l’école a sûrement un rôle à jouer.

C.M.

(1) SURLEMONT B., KEARNEY P., Pédagogie et esprit d’entreprendre, Bruxelles, Éditions De Boeck, 2009.
(2) JANSSEN F., « L’entrepreneuriat au fil de l’histoire », dans la revue Louvain, n°183, avril-mai 2010, pp.22-24.
(3) « Compétences-clés pour l'éducation et la formation tout au long de la vie-un cadre de référence européen » dans Journal officiel de l’Union européenne, 30 décembre 2006, L.394/17.
https://eduscol.education.fr/fileadmin/user_upload/arts/musique/pdf/competences-cles.pdf
(4) « Promouvoir l’esprit d’entreprises dans les écoles et les universités  » dans EUROPA (site de ) 26-09-2006
https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/HTML/?uri=LEGISSUM:n26111&from=SK
(5) Gem,The Global Entrepreneurship Monitor 2011, Global Report 2012.
http://www.gemconsortium.org/report
(6) Commission européenne, Flash Eurobaromètre, mai 2007.
(7) Déclaration de politique communautaire.
http://www.pfwb.be/le-travail-du-parlement/doc-et-pub/documents-parlementaires-et-decrets/documents/001303289
(8) Les jeunes et l’esprit d’entreprendre 05. Les nouvelles valeurs des jeunes qui motivent l'action d'entreprendre, FREE POUR ENTREPRENDRE (présentation de).
http://www.freefondation.be

Des formations et un certificat

Selon la dernière étude européenne (1), huit pays (ou régions) ont lancé des stratégies spécifiques de formation à l’entreprenariat. Dont la Communauté flamande qui a mis sur pied un plan d’action 2011-2014. L’objectif: développer l’esprit d’entreprise chez les élèves et leur donner des compétences pour s’installer à leur propre compte.

Concrètement, les écoles secondaires et de formation des adultes peuvent, si elles le souhaitent, donner aux élèves de 5 e,  6e et 7e secondaire générale, technique ou professionnelle, un cours de gestion commerciale de base durant 144 périodes réparties sur 2 ou 3 ans. Ils reçoivent un ensemble de connaissances générales, comptables et commerciales sur la gestion d’une entreprise, adaptées à la finalité de chaque formation (boulangerie, coiffure,…). Au terme de cette formation, chaque élève reçoit un certificat de connaissances de base de la gestion d’une entreprise. Le site http://www.competento.be donne accès à un grand nombre de ressources (événements, initiatives d’écoles,…).

En outre, dans le cadre du projet Proleron, mené au sein du Service de la formation professionnelle avec le soutien du Fonds Européen de Développement Régional, les enseignants du secondaire, les formateurs d’enseignants ainsi que les futurs enseignants ont participer à des stages en entreprises et à des formations à l’entreprenariat. Lors de ces stages et formations, l’accent a été mis non seulement sur les compétences nécessaires, mais aussi sur l’entreprenariat féminin et sur les entreprises créées par des personnes d’origine étrangère.

(1) EURYDICE,  Entrepreneurship education at school, 2012.
http://www.eunec.eu/european-heartbeat-news-eu/new-eurydice-publication-entrepreneurship-education-school-europe