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Magazine PROF n°22

 


Dossier E-learning : un autre défi pédagogique

Je mets mon cours en ligne

Article publié le 01 / 06 / 2014.

Lorsqu’un enseignant désire mettre en ligne tout ou partie de son cours, quelles sont les questions auxquelles il est confronté ? Réponses avec Pascal Balancier, le spécialiste de l’e–learning à l’Agence wallonne des Télécommunications (AWT).

Pascal Balancier : « Une vidéo d’une heure de cours transmissif sera plus difficile à suivre qu’une série de capsules de quelques minutes évoquant des questions précises ».
Pascal Balancier : « Une vidéo d’une heure de cours transmissif sera plus difficile à suivre qu’une série de capsules de quelques minutes évoquant des questions précises ».
© PROF/FWB

PROF : Pascal Balancier, l’e–learning, c’est avant tout un enseignant…
Pascal Balancier
: Le chercheur Nicolas Roland (ULB) qualifie les TIC de « pharmakon ». Celui-ci est à la fois positif et négatif, médicament et poison. C’est l’intervention de l’enseignant pharmacologue qui fait pencher la balance du bon ou du mauvais côté. Mais il faut savoir que les TIC amplifient la méthode pédagogique. On peut passer très vite du transmissif à l’hypertransmissif. L’enseignant doit donc très bien préparer son outil. Et ne pas hésiter à le tester, pour éviter de faire pire que mieux.

Quels sont des éléments pédagogiques spécifiques ?
Quelques éléments précis sont incontournables. On doit adapter le contenu à l’outil. On ne transmet pas un contenu par l'intermédiaire d'un écran d'ordinateur comme par l'intermédiaire d'une feuille de papier.

De plus, il a tout intérêt à se présenter en modules, pour gérer le rythme de progression de l’apprentissage, et éviter le décrochage. Une vidéo d’une heure de cours transmissif sera plus difficile à suivre qu’une série de capsules de quelques minutes évoquant des questions précises. Le morcèlement évite un processus trop linéaire.

Dans le même ordre d'idées, on pourra prêter aussi une attention particulière à la navigation au sein du cours.

Une autre composante, c’est l’apprenant ou le groupe d’apprenants ?
Le public est varié. L’enseignant doit adapter son cours à sa cible. La forme et le contenu de l’outil seront très différents selon qu’on s’adresse au personnel d’une entreprise, aux spécialistes d’un domaine donné, à des étudiants ou des élèves. Même si les stratégies utilisées sont poreuses, et qu’on retrouve des points communs.

Par ailleurs, l’outil devra s’adapter au background de l’apprenant : il doit autoriser, voire favoriser l’individualisation de l’apprentissage et l’autonomie de l’apprenant. Mais pour celui-ci, l’auto-discipline n’est pas quelque chose de facile.

Pour maintenir son accrochage, l’enseignant prévoira un système d’accompagnement ou de tutorat. L’apprentissage distant exclusif ne peut en aucun cas remplacer entièrement l'enseignement présentiel. La clé d'un e–learning réussi est sans conteste de déboucher sur le blended learning, l’apprentissage mixte distantiel / présentiel.

D’autres facteurs favorisent la motivation de l’apprenant. Ces modes peuvent passer par la voie technique : auto-évaluations, exercices ludiques, présentation détaillée du résultat final attendu,… Mais aussi par la voie organisationnelle : travail collaboratif, encadrement spécifique,… Des liens vers le réel concrétiseront l’objet de l’enseignement : exemples tirés de cas réels, liens vers des cours connexes et / ou vers des témoignages, etc. Des outils stimuleront la créativité : exercices de taille limitée, exemples de transposition des notions à des contextes différents, etc.

Pouvez-vous apporter des précisions sur le tutorat ?
Les tuteurs font l’interface entre les apprenants et l’enseignant. Ils ont un rôle administratif et organisationnel. Ils peuvent se limiter à être réactifs et répondre aux questions des apprenants. Mais ils peuvent aussi être pro-actifs, jusqu’à jouer un rôle de soutien pédagogique et socio-motivationnel : ils lancent la structuration du groupe et ils soutiennent l’apprenant et son groupe lorsque son moral est en baisse.

Un projet comme celui-là passe par des étapes ?
L’AWT préconise la méthode de gestion de projets ADDIE, structurée en cinq étapes: analyse, design (ou conception), développement (ou réalisation), implémentation, évaluation. Cette dernière est très importante pour rectifier le tir si nécessaire. J’ajoute que tout projet s’inscrit dans un contexte et qu’il est nécessaire de rester en lien avec son institution et sa hiérarchie, ses contraintes organisationnelles, techniques, matérielles.

Au-delà des éléments que vous avez cités, l’AWT a regroupé cinq caractéristiques qui permettent de labelliser un cours d’e-learning… (1)
Le premier principe est de faciliter l’utilisation. La plateforme doit fournir aux apprenants les éléments nécessaires à une compréhension et à une utilisation optimales du parcours d'apprentissage. Ils sont pédagogiques : objectifs du cours, plan, modalités et critères d’évaluation, glossaire, liste de liens utiles,… Mais aussi techniques : pour se connecter au cours et utiliser les outils,... Organisationnels : agenda, droits, devoirs,… Ou liés à l’accessibilité : chemin pour démarrer, avoir de l’aide,…

Il faut ensuite varier les apprentissages en utilisant des méthodes et stratégies adaptées aux objectifs et moyens définis pour la formation. On peut varier les exercices, les approches pédagogiques : connaitre, comprendre, appliquer, analyser, synthétiser, évaluer, etc.

Pour un même objectif, on proposera un choix libre ou imposé de différents parcours d'apprentissage. On utilisera la pédagogie active, l’apprentissage par problèmes, l’observation de ses processus d’apprentissage, les jeux et simulations, etc. Enfin, on alternera le présentiel et le distantiel.

Tertio, il faut promouvoir les échanges et les interactions entre les apprenants. Cela passe par le travail collaboratif, le tutorat, le blended learning. Cela se fera notamment grâce à l'accès et l'utilisation d’une plateforme proposant des outils collaboratifs : forum, chat, wiki, blogs, mail, visioconférence, etc. Des outils de feedbacks automatiques pourront aussi améliorer le processus.

Le principe suivant est la cohérence ou la concordance entre l’évaluation transparente, les objectifs annoncés et les méthodes pédagogiques mobilisées.

Le dernier principe est de penser multimédia. Les TIC permettent de varier les médias : images, sons, textes, vidéos, animations, etc. Elles favorisent aussi l’interactivité : les actions de l'utilisateur ont un impact sur le comportement de l'interface. Les outils de communication et de collaboration, les fonctionnalités ne manquent pas. Encore faut-il en garantir le fonctionnement sur différents canaux : ordinateurs, téléphones, consoles, etc.

(1) Le catalogue http://www.learn-on-line.be spécifie si ses formations sont labellisées ou non.