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Magazine PROF n°18

 


Dossier Du bon usage de la commémoration

Toutes les mémoires

Article publié le 01 / 06 / 2013.

Dans le cadre du Programme d’éducation à la citoyenneté de la Fédération Wallonie-Bruxelles, des enseignants de l’Athénée royal Serge Creuz, à Molenbeek, ont construit un projet centré sur les mémoires plurielles.

Coordinateur le projet, professeur d’informatique, Samir Oulad Ben Taïb explique : « L’école accueille des élèves de nationalités multiples, dont la majorité proviennent d’Afrique du Nord et centrale. Nous avons tenté de construire des projets qui puissent intégrer et impliquer l’ensemble des élèves en allant rechercher une histoire qui les concerne tous ».

La sortie d’Indigènes a attiré l’attention des élèves sur les soldats africains.
La sortie d’Indigènes a attiré l’attention des élèves sur les soldats africains.
© DR

D'où une porte d'entrée originale ouverte en 2010 : l'accent mis sur des combattants peu connus et souvent oubliés des manuels d’histoire : les Tirailleurs africains (Maliens, Sénégalais, Marocains, Algériens, Tunisiens,…), parmi lesquels les soldats marocains appartenant à la 1re armée française, qui retardèrent l’avance de l’armée allemande lors de la Bataille de Gembloux, en mai 1940.

Ce projet, construit progressivement par une équipe de six enseignants, a rassemblé des élèves de 5-6es secondaires. La première étape a été la projection, à l'école, du film La Couleur du sacrifice, un documentaire mêlant des témoignages d'anciens combattants « indigènes » venus combattre en Europe durant la Seconde Guerre, des documents historiques, des interviews d'acteurs de l'époque, des interventions d'historiens, des reconstitutions théâtrales et cinématographiques (1).

« Le débat qui a suivi, avec le réalisateur Mourad Boucif, s’est prolongé lors d’ateliers accessibles sur base volontaire durant les pauses de midi et les mercredis après-midi, explique Laïla Zaalouki, professeure d’histoire et de géographie. Au départ, les discussions étaient passionnées, très subjectives. Pourquoi ont-ils accepté de combattre en Europe ? Pourquoi en parle-t-on si peu ? Pour ne pas laisser l’enjeu historique au second plan, nous leur avons demandé de chercher des informations sur les causes, les circonstances, le contexte de l’époque en consultant des sites Internet, en faisant des recherches dans la bibliothèque de l’école,… Il faut dire que la sortie de plusieurs films, dont Indigènes, de Rachid Bouchareb, avait suscité un regain d’intérêt pour le sujet dans les médias. Certains collègues ont pris le relai dans leurs cours ».

Rencontrer des témoins

Pour compléter leurs informations, les enseignants ont proposé aux élèves d’aller rencontrer à Bordeaux des anciens Tirailleurs. En recommandant là aussi la vigilance critique et une attention au contexte de vie et de prise de parole de ces témoins. « Cela leur a permis de recueillir des témoignages directs et de poser les mêmes questions contradictoires que lors des ateliers », poursuit Mme Zaalouki. Le dernier volet du projet a été la participation des élèves à la commémoration du 71e anniversaire de la Bataille de Gembloux à la Nécropole de Chastre, où 340 stèles portent des inscriptions en arabe.

Dans la foulée, lors d'une commémoration organisée lors de l'anniversaire de l'Armistice,devant le monument situé dans une des trois implantations de l’école, des élèves ont composé et récité des poèmes. Et la même année, ils ont participé à un voyage à Auschwitz organisé par l’école avec l’aide de la commune.

Devoir de mémoire

Enfin, tout ce cheminement est raconté dans un documentaire, Devoir de mémoire, réalisé par les élèves en collaboration avec le metteur en scène Mohamed Ouachen. Il mêle des photos des activités, des témoignages des jeunes et des enseignants, des images d’archives,…(2).

Si le projet est terminé, il se prolonge à travers d’autres cours. « J’inscris mes élèves à la dissertation de la Fondation Auschwitz, explique Rosetta Cappetta, professeure de français. À cette occasion, complémentairement au travail mené par la professeure d’histoire, j’analyse la pièce Rhinocéros, d’Ionesco, et je prépare la visite du Fort de Breendonk en proposant au cours des témoignages écrits de rescapés des camps ».

Samir Oulad Ben Taïb, le coordinateur, conclut : «En accrochant les élèves avec une histoire qui intègre les racines multiples de notre société, nous espérons renforcer leur auto-valorisation et promouvoir la citoyenneté. Il ne s’agit pas de renforcer les communautarismes, mais bien au contraire de créer des ponts au travers d’une prise de conscience collective et progressive : notre société est plurielle. Le projet que nous avons initié avec la rencontre des soldats indigènes en est un exemple. Mais d’autres doivent surgir tels que l’histoire de l’immigration, qui peine aujourd’hui encore à intégrer les programmes scolaires».

(1) Un dossier pédagogique a été réalisé pour accompagner la projection du film : http://bit.ly/10ZarQZ
(2) http://www.sergecreuz.be/events