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Magazine PROF n°1

 


Dossier Le sport à l'école

Le prof de gym derrière les clichés

Article publié le 01 / 03 / 2009.

Dans les salles de profs ou du côté des parents d’élèves, qui n’a pas brocardé les professeurs d’éducation physique : profs « récréation », moins de préparation, pas de travail pendant les examens… Clichés justifiés ? L’enseignant en éducation physique a-t-il une place particulière dans les équipes pédagogiques ? Ses cours sont-ils valorisés ? PROF a sauté l’obstacle pour trouver sa flamme.

L’intégration de prof de gym dans l’équipe pédagogique est très divergente selon les écoles. « Mais si le prof d’éducation physique s’engage, il a sa place au sein du conseil de classe, déclare Jacqueline Vandenbossche, inspectrice du secondaire. Cela dépend du prof, du projet d’établissement et de la direction ». De plus, il peut être isolé pour plusieurs raisons : ses lieux de travail sont parfois décentrés ; dans le fondamental, il est souvent impliqué dans plusieurs établissements,… Mais il est très difficile de généraliser.

En matière d’évaluation, une différence objective le caractérise : il doit juger l’évolution de l’enfant par rapport à lui-même et non par rapport à des normes générales. Pour ce travail, il manque d’outils de référence. Cependant, idéalement, il apporte un éclairage complémentaire.

Pour Philippe Noyer, enseignant en éducation physique à l’Athénée royal Paul Delvaux, à Ottignies, « si dans certaines écoles, l’éducation physique n’est pas valorisée, ici c’est tout le contraire. Et je fais partie du conseil de classe comme un autre. Si un élève a des difficultés, je le prends à part et je dialogue avec lui. En général, ça s’arrange avant de devoir sanctionner. Lors des délibés, j’apporte une évaluation sur l’effort et le courage. Parfois, je demande des choses très dures à mes élèves ».

Philippe Noyer a le soutien de sa direction : « Le projet d’établissement reprend des activités sportives et d’éducation à la santé, explique la préfète, Thérèse Handgraaf. Nous avons envoyé un rapport à la Communauté française et obtenu le label Mangerbouger. C’est le travail de tout le personnel : de la cuisine à la direction en passant par toute l’équipe éducative ».

À l’École primaire Saint-Charles, à Molenbeek, « même si notre matière est moins considérée, même si j’accorde moins d’importance aux points, je fais partie intégrante de l’équipe pédagogique, explique Grégory Lambert. Nous retravaillons d’ailleurs ensemble le projet d’établissement. Nous avons aussi une concertation entre professeurs d’éducation physique sur l’infrastructure et l’échange de pratiques ».

Et les parents ?

Le prof de gym a sans doute moins de contacts que les autres avec les parents. Très peu sont appelés lors des rencontres organisées avec les parents. Pourtant, il a besoin de leur collaboration, notamment pour l’équipement des jeunes.

Par contre, les parents se manifestent plutôt pour les exemptions de cours. Tous les acteurs interrogés s’entendent pour confirmer que le cours d’éducation physique attire les élèves ; que peu d’élèves « n’en ont rien à faire », et que le certificat de complaisance pour des raisons familiales, culturelles ou religieuses est un phénomène marginal.

Jacqueline Vandenbossche : « C’est vrai que la natation pour les jeunes d’origine étrangère et la pression que les parents exercent sur eux est un gros souci. De façon générale, si une direction constate un abus, elle contacte le médecin et envoie les certificats à l’Ordre des médecins ».

« J’ai le sentiment que les parents ne sont pas derrière leurs enfants, nuance Philippe Noyer. Je ne les vois jamais, sauf pour un recours. Pourtant, si un élève n’a pas son matériel, on se bat pour lui en procurer. Je loue des paires de chaussures, par exemple. Mais c’est épuisant. S’il y a ramadan, je ne vois pas les élèves musulmans ».

Grégory Lambert confirme que « les parents ne font pas appel au professeur d’éducation physique. Si je dois leur parler, j’arrive à les faire venir. Mais c’est très rare ». Pour Didier Debacker, du Clair Soleil, à Anderlecht, « certaines choses se tissent petit à petit. J’ai eu tous les enfants d’une maman musulmane. Après 15 ans de quasi ignorance, un jour, elle est venue vers moi pour me saluer. Ce respect m’a ému ».

« Ils en veulent à fond la caisse »

Et les élèves dans tout ça ? Philippe Noyer confesse que « s’ils me montrent qu’ils en veulent, ils me donnent de l’énergie. Je cible mon cours par rapport à ce qu’ils me montrent. Je les inscris à plusieurs organisations parascolaires et notamment au Rhéto Trophée de l’Adeps. Je les drille à l’orientation et ils en veulent à fond la caisse ».

« Depuis 8 ans que j’enseigne, les écoliers ont toujours autant de plaisir à venir au cours, ajoute Gregory Lambert. Je n’ai eu qu’un seul cas d’élève qui n’en avait rien à faire. Un seul. Lorsque je rencontre un jeune en difficulté, j’essaie de le mettre en confiance par le dialogue et de le valoriser en le félicitant à voix haute et en l’amenant à faire une démonstration devant les autres ».

« Il y a très peu de certificats médicaux de complaisance, souligne Didier Debacker. Mais nous avons un autre problème. Pour partir une semaine en stage, nous nous heurtons au refus parental pour des raisons financières mais aussi philosophiques. Une fille musulmane ne peut dormir en-dehors de la maison. Le décret qui impose une participation de 90% de la classe rend ce projet impossible ».

Patrick DELMÉE