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Magazine PROF n°12

 


Dossier Au menu des cantines scolaires

Des militants à l’école, jusqu’où ?

Article publié le 01 / 12 / 2011.

La campagne jeudi veggie milite pour que les cantines scolaires, notamment, adoptent un jour sans viande par semaine. Jusqu’où peut entrer le militantisme dans l’école ? Quelques pistes de réponses.

Le militantisme est évoqué par les deux décrets Neutralité de la Communauté française, datant de 1994 (pour l’enseignement organisé) et de 2003 (pour l’enseignement officiel subventionné). Ces textes enjoignent au personnel de veiller « à ce que, sous son autorité, ne se développent ni le prosélytisme religieux ou philosophique, ni le militantisme politique organisé par ou pour les élèves » (1).

Le Parc naturel des plaines de l’Escaut mène un atelier du gout dans une école de Guignies : expérience, information et débat.
Le Parc naturel des plaines de l’Escaut mène un atelier du gout dans une école de Guignies : expérience, information et débat.
© PNPE/S Dhote

Cette notion de militantisme politique n’est pas facile à cerner. Quels actes peuvent y entrer ? La distribution de tracts, l’invitation d’un homme politique, la rédaction d’un article tranché dans le journal de l’école ?... Cela dépend vraisemblablement des présupposés de la collectivité concernée, ou des balises qu’elle se donne dans son projet, son règlement d’ordre intérieur.

Par ailleurs, les mêmes décrets défendent le respect des libertés, la Constitution, la Déclaration universelle des droits de l’homme... Des valeurs consensuelles. Mais liées à un choix, donc pas neutres, rétorquent certains. La citoyenneté, le débat, le savoir doivent-ils toujours rester parfaits, dans le consensus, sans conflits d’intérêts ? Le vrai débat n’est-il pas parfois violent, dur, avec du parti-pris, des conflits d’intérêt ?

De plus, historiquement, la notion de militantisme évolue et varie dans son acceptation. Au 19e siècle, il fut d’abord celui des partis, qui défendaient un intérêt. Puis, celui des syndicats, construit à l’encontre. Aujourd’hui, l’un et l’autre sont communément admis. Ensuite, la deuxième moitié du 20e siècle a vu exploser les militantismes associatifs, moins institutionnalisés. Dans les années ‘60, on a connu des militantismes extrêmes, violents, proches de l’anarchie ou du terrorisme, toujours exclus.

Dès qu’une parole minoritaire devient acceptée par une majorité, elle quitte le militantisme. Par exemple, la campagne des jeudis veggie, qui prône un jour sans viande par semaine, serait peut-être à ce tournant, encore décriée par certains, mais déjà soutenue par certaines institutions.

Par ailleurs, les décrets Neutralité en appellent à une démarche visant la plus grande objectivité possible, en acceptant la diversité des idées et l’esprit de tolérance, en entrainant les élèves à la recherche personnelle et à l’exercice de l’esprit critique.

Ainsi, les partenaires potentiels de l’école, eux aussi, tiennent compte de cette approche. Par exemple, lorsqu’elle placarde Jean-Claude Van Damme tenant un vison écorché dans ses mains pour abolir l’élevage des animaux à fourrure, l’ASBL GAIA milite. Mais lorsqu’elle propose aux écoles des outils autour de la question animale, elle vise une autre démarche. « Dans l’exposition gratuite Des animaux et des hommes, deux panneaux décrivent le lien entre animal et assiette et proposent aussi de manger moins de viande (2)... Dans cette exposition et l’animation qui l’accompagne, nous apportons un point de vue, avec une approche documentaire, des images non violentes, un langage non militant, sans nous substituer à l’enseignant et à son devoir de neutralité », explique Dominic Hofbauer, responsable pédagogique.

Autre exemple, le réseau IDée, qui informe et diffuse les ressources en éducation à l’environnement, favorise dans ses animations scolaires une approche basée surtout sur l’adhésion. Dominique Willemsens : « Pour favoriser le passage des idées aux actes, nous proposons entre autres de ne pas tenter de convaincre coute que coute. Cela ne sert à rien sinon à augmenter les résistances. Nous souhaitons ne pas dévaloriser celui qui ne fait pas, ni susciter la culpabilité ; et toujours valoriser, encourager et positiver. Et nous choisissons de prendre le temps et la patience d’informer et de sensibiliser… »

Patrick DELMÉE

(1) Décrets téléchargeables sur http://www.gallilex.cfwb.be/document/pdf/28381_000.pdf et http://www.gallilex.cfwb.be/fr/leg_res_01.php?ncda=18312&referant=l01
(2) http://www.gaiakids.be