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Magazine PROF n°12

 


Dossier Compétition ou coopération ?

Deuxième session avancée et remédiation intensive

Article publié le 01 / 12 / 2011.

Depuis trois ans, et parmi d’autres mesures, le Lycée mixte François de Sales, à Gilly, met le paquet sur la remédiation au 1er degré secondaire, et organise les examens de passage encore en juin.

Un quartier paupérisé, une forte population issue de l’immigration, une école incendiée à trois reprises entre 2002 et 2005, et qui était en perdition… Voilà le topo à l’arrivée d’Élisabeth Raemy puis de Stany Tworowski. Après deux années passées à résorber le passif et à replacer des balises, les directeur et sous-directrice ont commencé à instaurer de nouvelles options pédagogiques, en lien direct avec l’environnement scolaire et social.

Les 2e et 3e degrés proposant du technique de transition, de qualification ou de l’enseignement professionnel, « si on voulait garder un 1er degré ce n’était pas pour faire la même chose qu’à côté », assène M. Tworowski. Des propos directs qui corroborent l’analyse d’Hugues Draelants (1) à propos des intentions politiques qui ne peuvent se concrétiser qu’à travers le prisme des contraintes vécues localement par les acteurs chargés de les mettre en œuvre…

Premier degré en deux ans

À Gilly, la direction fait le pari d’un 1er degré en deux ans sans redoublement, l’année complémentaire suivant ces deux années avec les mêmes enseignants. Pari risqué avec des élèves entrant à 90\% avec un CEB obtenu de justesse, ce qui impose à l’équipe de direction d’user de toute sa force de conviction pour obtenir l’adhésion des enseignants. « Tout le monde n’était pas convaincu au départ, parce que ça demande une remise en question des façons de travailler. Certains ont freiné, faisant remarquer que pour tel ou tel élève, "Je vous avais bien dit que ça ne marcherait pas…" Quand j’entends ça, je demande ce qui a été mis en place dans les cours pour que ça marche…? » Aujourd’hui, même s’il y a encore des réticences, aucun enseignant ne profite de la possibilité offerte aux équipes en encadrement différencié de quitter le navire pour voguer sur des mers plus tranquilles…

Bien entendu, il ne suffit pas de décréter la fin du redoublement. Les élèves du 1er degré bénéficient de 15 à 20 heures de remédiation, et d’une école de devoirs. Cette dernière, avant ou après les heures de cours, explique aux élèves comment faire un devoir, comment étudier une leçon. Quant à la remédiation, prise en charge par les enseignants, elle est coordonnée (à raison de 6h/semaine) par la bibliothécaire. « Les enseignants signalent une difficulté, proposent éventuellement des exercices ou des notes de révision, ce qui permet à la coordinatrice d’organiser la remédiation avec les collègues qui la prennent en charge ». Et c’est parce qu’elle est ainsi coordonnée qu’elle peut fonctionner.

Deuxième session encore en juin

Dans cette lutte contre l’échec qui mobilise toute l’équipe, un autre dispositif a été mis en place depuis trois ans : la session d’examens de juin a été avancée d’une bonne semaine, ce qui permet d’organiser les examens de passage (qui concernent environ un tiers des élèves) avant la fin juin. « Nous avons initié une réflexion au sein du Groupe de Pilotage de l’école, qui réunit la direction et des enseignants coordinateurs (des degrés, de la remédiation, des classes-passerelles, du CEFA…), explique le directeur. Nous avions constaté que les résultats aux examens de septembre étaient moins bons qu’en juin. Sur base d’une enquête, nous avons dégagé trois pistes possibles : arrêter les examens de passage, anticiper la session de juin, ou le passage de classe avec plans de rattrapage. Nous avons opté pour la deuxième solution ».

Moyennant dérogation ministérielle à propos de la date du début de session en juin, les élèves en échec reçoivent un plan de remédiation à suivre durant une semaine. « Une partie de l’équipe prend en charge des activités pour ceux qui ont réussi et ceux qui ne passent pas ; l’autre partie assure l’encadrement de cette semaine de remédiation, à l’issue de laquelle se déroulent les examens de passage… »

Il est encore trop tôt pour dresser le bilan de ces deux initiatives, mais en tout cas, les élèves s’y investissent. Et une majorité de l’équipe y croit…

(1) DRAELANTS H., Réforme pédagogique et légitimation. Le cas d'une politique de lutte contre le redoublement, éd. De Boeck, coll. Pédagogies en développement, Bruxelles, 2009.

Partir de ce qui se fait

Le projet développé par le Lycée mixte François de Sales, comme une vingtaine d’autres, bénéficiera de l’encadrement d’une équipe de recherche, durant deux années scolaires. L’école a répondu à l’appel à « projets de différenciation pédagogique » (1) et a été sélectionnée.

Lors du séminaire de la Fondation Roi Baudouin consacré à la remédiation, la ministre de l’Enseignement obligatoire a insisté sur cette méthodologie qui consiste à « travailler avec les acteurs de terrain pour faire émerger des pistes de travail puis les partager. Il s’agit de partir de ce qui se fait, par de vrais élèves et de vrais enseignants. Bien entendu, ces pratiques sont situées dans leur contexte local. Mon objectif est qu’ayant été éprouvées, ces pratiques soient transférées, ce qui nécessite de les recontextualiser. Les experts qui accompagnent ces projets vont vérifier l’adéquation des pistes de solutions aux problématiques contre lesquelles on veut lutter… »

(1) Lire la circulaire 3540, http://www.adm.cfwb.be