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Magazine PROF n°6

 


Dossier Europe et enseignement

La qualité pour tous

Article publié le 01 / 06 / 2010.

La politique européenne en matière d’éducation et de formation influence notre enseignement. Tous les jours, de la maternelle au supérieur. Mais l’Europe, c’est d’abord un cadre de référence commun visant à faire de la qualité un standard pour tous.

L’Europe contribue au développement d’une éducation de qualité en encourageant la coopération entre États membres (1). Avec nos partenaires européens, nous participons au renforcement collectif de l’éducation et de la formation en Europe, de la maternelle au supérieur. « Il y a une émulation et une contrainte. On ne peut plus être le petit village gaulois», commente Dominique Barthélémy, Directeur général à la Communauté française. Mais au fait, que nous apporte l’Europe ?

© Fotolia/Rob Byron

Tout d’abord, c’est une providentielle manne financière. Une enveloppe indicative de 6,97 milliards d’euros finance le programme 2007-2013 visant à faire de nos systèmes d’apprentissage une référence mondiale en matière de qualité (2).

Des sous sans soucis

L’Europe, c’est notamment une fabuleuse aide financière à l’enseignement qualifiant. Un chiffre suffit à comprendre l’importance de l’enjeu : 25 millions d’euros (3). C’est le montant du cofinancement en six ans, par le Fonds européen de développement régional (Feder), d’équipements pédagogiques pour les écoles et pour les Centres de technologies avancées (CTA). Quant au Fonds social européen (FSE), il intervient dans l’engagement de personnels supplémentaires. Un exemple : vingt jeunes par accompagnateur au sein des Centres d’éducation et de formation en alternance (CFA) au lieu de trente, c’est un tiers de charge en moins. D’autres actions concernent notamment l’enseignement spécialisé, ou encore des projets de liaison entre centres de compétences et écoles.

Mais l’action éducative la plus visible de l’Europe reste assurément la mise en œuvre des programmes sectoriels visant à promouvoir les échanges à tous les niveaux de l’enseignement. Des programmes de partenariats, mais aussi d’assistanat et de formation continuée des enseignants. Enfin, la plateforme en ligne eTwinning 2.0 permet des échanges virtuels entre classes de l’Europe entière. Une communauté d’enseignants qui met le continent à portée d’un simple clic.

Pour le reste, l’influence de l’Europe est surtout connue dans l’enseignement supérieur, avec le programme Erasmus qui, depuis plus de 20 ans, a permis à 1,5 million d’étudiants d’effectuer une partie de leurs études dans un autre État membre. Mais l’enseignement obligatoire n’est pas en reste. Avec le processus de Copenhague visant à promouvoir l’attrait et la qualité de l’enseignement professionnel (4), c’est tout l’enseignement qualifiant qui va changer radicalement.

La Commission prépare un découpage des formations professionnelles en unités d’acquis d’apprentissages et la création d’un système de crédits permettant la mobilité transnationale des apprenants (lire Un mobile presque parfait). Onze projets-pilotes européens vont permettre d’expérimenter ce nouveau système, dès l’année prochaine, avant que celui-ci ne soit progressivement généralisé. Mais ce n’est pas tout…

Dès l’année scolaire prochaine, tous les élèves de l’enseignement secondaire pourront, dès l’âge de 14 ans, suivre un enseignement de plusieurs mois à l’étranger comme leurs condisciples du supérieur. La Communauté française rejoint ainsi les premiers pays participant à ce tout nouveau programme de mobilité individuelle Comenius (5). Bref, ça bouge en Europe et c’est tant mieux car une Europe en mouvement, c’est une Europe qui va de l’avant. Mais le principal est ailleurs…

Un standard de qualité

Une des caractéristiques majeures de l’influence européenne sur l’enseignement, c’est l’implémentation d’une culture de la qualité, avec pour corollaire la pratique régulière de l’évaluation. Depuis la stratégie de Lisbonne, au moins, l’Europe fixe des seuils de performances que les États membres sont invités à atteindre : augmenter la participation à l’enseignement supérieur, réduire le nombre de jeunes en décrochage scolaire, développer les compétences de base, dont celles en écriture et en lecture, etc.

Ces indicateurs permettent aux États de se situer par rapport à leurs partenaires européens et de mesurer leurs progrès. Ainsi, par exemple, nous pouvons constater que la mise en œuvre des stratégies d’éducation et de formation tout au long de la vie demeure problématique au niveau européen. C’est donc un point qu’il serait bon d’améliorer partout en Europe.

Il n’y a pas de rivalité entre États, mais ce que l’on pourrait appeler une émulation positive. La stratégie européenne en matière d’éducation et de formation vise à la convergence vers une norme commune d’excellence. Faut-il s’en réjouir ? Oui. Mais la tendance est aussi à la standardisation. De fait, l’Europe, c’est aussi la mise en place d’outils et de cadres de référence communs: cadre européen des certifications (CEC), d’assurance de la qualité (CERAQ), cadre européen commun de référence pour les langues (CECRL) émanant du Conseil de l’Europe (et non de l’Union européenne), etc. Certes, standardisation n’est pas uniformisation. L’Europe, c’est le cadre. À chacun d’y mettre ses couleurs. Mais qui dit cadre dit encadrement.

S’inscrivant dans ce processus européen d’évaluation de la qualité, l’Agence pour l’évaluation de la qualité de l’enseignement supérieur (AEQES) procède à des audits de sections. Émanation de la Communauté française, cette institution publique se réfère aux lignes directrices européennes pour l'ensemble de ses procédures. Symptôme d’un changement des mentalités, certains établissements de l’enseignement obligatoire s’en inspirent et prennent eux-mêmes l’initiative d’implémenter une démarche constructive d’auto-évaluation (6). L’objectif est de diagnostiquer les problèmes pour y remédier, pas de stigmatiser.

Tout est-il pour le meilleur dans le meilleur des mondes ? Certes non, mais la volonté collective d’améliorer nos systèmes éducatifs en Europe portera ses fruits si chacun de nous sème de petites graines sur son terrain. Au moins sommes-nous bien placés pour savoir que l’union de tous fait la force de chacun. Le petit village gaulois, c’est sympathique quand on a la potion magique…

Étienne GENETTE

(1) Le principe de subsidiarité renforcée permet la coopération entre États, mais ceux-ci restent souverains conformément aux articles 149 et 150 du nouveau traité de Lisbonne.
(2) Programme 2007-2013 pour l’éducation et la formation tout au long de la vie, consultable sur http://bit.ly/9UNiCM.
(3) Pour les années 2007 à 2013, dont la moitié environ pour les CTA.
(4) Voyez notamment les « Priorités futures de la coopération européenne renforcée en matière d’enseignement et de formation professionnels », dans le Journal Officiel de l’Union européenne C18/6 du 24 janvier 2009, consultable sur http://bit.ly/anED3w.
(5) pour tout renseignement, voir auprès de l’agence AEF-Europe (http://www.erasmusplus-fr.be).
(6) Différents outils aident les écoles dont le CAF (sur la question, voyez. l’ouvrage collectif dirigé par Christine Defoin "Pour une culture de l'évaluation" en bibliographie).