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Magazine PROF n°2

 


Dossier Mythes et réalités de l’immersion

Des dièses et des bémols

Article publié le 01 / 06 / 2009.

Quels sont les bénéfices de l’immersion ? Accroit-elle les compétences linguistiques sans nuire à la maitrise de la langue maternelle ?

À la source de la méthode immersive : le souci d’atténuer le retard des francophones en matière de bilinguisme mis régulièrement en évidence par le monde économique. Pour lancer leur projet, certaines écoles ont d’ailleurs osé le slogan « tous bilingues à 12 ans ». « L’objectif de l’enseignement des langues, ce n’est pas de former des bilingues, mais d’amener tous les élèves à acquérir des compétences », nuancent les inspecteurs.

Dans quelle langue apprendre à lire ou écrire ?
Dans quelle langue apprendre à lire ou écrire ?
© PROF/FWB

Les acquis

Quels sont les acquis de l’immersion ? Alain Braun et Josiane Haemers, de l’Université de Mons-Hainaut, ont observé des classes en immersion précoce (5 ans). Au terme des primaires, ces élèves ont une compétence en lecture et en compréhension de la langue d’immersion semblable aux locuteurs natifs. Ils n’accusent ni perte en langue maternelle orale et écrite, ni retard dans d’autres branches et développent d’autres compétences : meilleure motivation, grande aptitude à la nouveauté,…

Une étude du laboratoire Cognition, langage et développement (ULB) pointe des interférences entre les langues au niveau de l’écrit et un retard par rapport aux néerlandophones dans les épreuves de compréhension orale et écrite, d’expression écrite, de grammaire. « On reste au constat brut, note l’inspecteur Wim De Grieve. Il faudrait corréler ces résultats avec une étude socioéconomique des classes ».

Autre question : faut-il apprendre à lire ou écrire dans la langue maternelle ou d’immersion ? L’équipe de l’ULB a comparé les performances de classes en immersion ayant commencé ces apprentissages, soit en néerlandais, soit en français, et de classes unilingues (1). « À la fin de la 2e et de la 3e année, les premiers lisaient dans la langue d’immersion, malgré un vocabulaire restreint, aussi bien que les néerlandophones, puis en langue maternelle aussi bien que les francophones, explique Philippe Mousty, qui a coordonné cette étude. Aborder ces apprentissages dans un système orthographique transparent, comme c’est le cas pour le néerlandais, permettrait donc de compenser rapidement les difficultés initiales. Et cela faciliterait ensuite la lecture et l’écriture dans un système plus opaque, en français, notamment, où les sons et les symboles écrits ne correspondent pas toujours ».

Apprendre à penser dans une autre langue

L’immersion garantit-elle un bon niveau linguistique ? « La méthode, très efficace pour surmonter la peur de parler et apprendre à se débrouiller, a ses limites, explique Agnès Corbisier, enseignante en langues dans le supérieur. Pour dépasser ce stade, il faut de nombreux exercices pour visualiser mentalement les structures de la langue et les automatiser c’est-à-dire apprendre à penser dans une autre langue ».

Pour évaluer la méthode, le décret a prévu la création d’un organe d’observation et d’accompagnement et confié aux inspecteurs de langues le soin de fournir un rapport tous les trois ans. À suivre donc.

(1) http://www.enseignement.be/index.php?page=24855&navi=862&rank_page=24855

Tôt ou tard ?

Les partisans de l’immersion tardive insistent sur la bonne maitrise préalable de la langue maternelle. Les autres avancent des études neurolinguistiques basées sur des techniques d’imagerie cérébrale. Elles montrent que de très bons bilingues jouent à l’économie, utilisant les mêmes zones du cerveau pour les deux langues, contrairement aux moins bons et aux apprenants tardifs. De plus, la plasticité du cerveau diminuerait avec l’âge. Mais cette hypothèse est controversée. Autre argument en faveur d’une immersion précoce, les sons français se cantonnent dans une bande linguistique de 1 000 à 2 000 hertz. S’il n’est pas exposé à des sons étrangers quand il est jeune, un francophone éprouverait des difficultés à entendre des sons produits dans une autre bande sonore, sa souplesse auditive s’estompant avec l’âge.