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Magazine PROF n°3

 


Dossier Manuels agréés

Ni pour ni contre, bien au contraire…

Article publié le 01 / 09 / 2009.

Marc Guiot est le directeur de l’école fondamentale des Bruyères à Louvain-la-Neuve, une école Freinet n’utilisant pas de manuels scolaires. Il n’est pas contre, mais utilise d’autres outils d’apprentissage. Codirecteur du Bureau d’Ingénierie en Éducation et en Formation (BIEF) et spécialiste des manuels scolaires, François-Marie Gérard préconise l’usage intensif des manuels parce qu’ils favorisent la structuration de la pensée. Double rencontre…

Partir de ce qu'apporte l'enfant

PROF : On n’utilise pas de manuels dans les écoles Freinet ?
Marc Guiot
: On part le plus possible de ce que l’enfant apporte pour construire des apprentissages qui ont du sens. Nous avons beaucoup de livres à caractère encyclopédique, des dictionnaires et des atlas, mais pas de manuels. Nous utilisons des fiches, le petit classeur et la BTJ.

C’est-à-dire ?
La bibliothèque de travail jeunesse, ce sont des fascicules – rédigés par des classes – qui font le point sur une question d’éveil. Pour les autres matières, on utilise les fichiers de l’Institut coopératif de l’école moderne [NDLR : également agréés par la Communauté française] (1). Ils contiennent des fiches plastifiées et numérotées permettant aux enfants d’avancer à leur rythme. Les enfants font leur propre correction à partir des fichiers autocorrectifs. S’ils réussissent, ils passent à la fiche suivante.

Et le « petit classeur »?
C’est un outil dans lequel l’enfant classe toutes les synthèses qu’il réalise à partir de ses découvertes, et qui l’accompagne durant toute sa scolarité. Globalement, tous les enfants ont la même chose, mais pas nécessairement car ils n’avancent pas au même rythme.

Si je comprends bien, vous pratiquez la démarche inductive…
Freinet disait : « Tous les enfants sont curieux de nature ». Il ne faut pas éteindre cette curiosité. Un de nos principes est le tâtonnement expérimental. Il s’agit d’amener les enfants à trouver la solution à des hypothèses par des expérimentations manuelles, en allant voir dans des livres ou près d’une personne-ressource.

Vous visez l’autonomie des enfants… N’est-ce pas une pédagogie très individualiste, finalement ?
Les enfants ne sont pas livrés à eux-mêmes. Il y a beaucoup d’activités collectives. On ne peut apprendre que si on est bien avec soi-même et avec les autres. C’est à partir de ça qu’on va construire beaucoup de choses puisqu’on part des apports du groupe. Les échanges permettent de mutualiser les découvertes de chacun.

Le manuel permet-il la démocratisation de l’enseignement ?
Ça ne tombe pas sous le sens selon moi. Je ne suis pas convaincu.

Et la pédagogie Freinet, la favorise-t-elle ?
En tout cas, elle n’est pas couteuse en outils pédagogiques ! Les fichiers, une fois plastifiés, tiennent de nombreuses années…

« Les manuels sont devenus des livres de plaisir »

PROF : Entre nos « bons vieux » manuels et nos manuels actuels, qu’est-ce qui change ?
François-Marie Gérard
: Une évolution s’est opérée tant sur le fond que sur la forme. Le manuel actuel est un outil didactique permettant d’atteindre les objectifs fixés par les référentiels. Il présente des situations proches de la vie dans lesquelles l’élève va pouvoir développer des compétences complexes. Ainsi, par exemple, les manuels d’histoire actuels offrent une démarche d’analyse historique permettant d’interroger les traces du passé, de développer l’esprit critique des élèves. Et sur le plan formel aussi, les manuels sont de meilleure qualité. Leur mise en page est colorée, ils sont agréables à manier. Ils sont devenus des livres de plaisir à des couts qui ne sont pas prohibitifs.

Qu’est-ce qu’un « bon » manuel ?
Le bon manuel doit être « ouvert » et non linéaire, c’est-à-dire qu’il doit proposer différentes portes d’entrée, permettant d’accéder à ce dont on a besoin dans l’apprentissage. À l’élève de construire son savoir.

Les manuels ont évolué, mais sont-ils efficaces ?
Ils ne peuvent être qu’efficaces puisqu’ils sont conçus pour ça ! Une étude sur l’apprentissage de la lecture montre que les différences entre écoles ne sont pas nécessairement liées au facteur socio-économique. L’élément qui a le plus de poids, c’est l’utilisation des manuels scolaires ! Un manuel, c’est deux ou trois ans de travail par des équipes de didacticiens et de gens de terrain. C’est le fruit d’une longue réflexion qui murit. Les enseignants ne peuvent pas faire ça.

N’y a-t-il pas risque d’uniformisation ?
Le problème n’est pas une question d’uniformisation mais de structuration. Après Mai 68, le discours était de bannir les manuels. Un « bon » enseignant devait créer ses propres outils. L’intention était bonne mais, dans les faits, elle a produit un effet dévastateur. Les enseignants pillaient à gauche et à droite tandis que le manuel présente le savoir de façon structurée. Il n’y a d’uniformisation que pour celui qui veut standardiser ses élèves…

(1) http://www.icem-pedagogie-freinet.org