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Magazine PROF n°3

 


Dossier Manuels agréés

Manuels agréés : pas de pêche miraculeuse…

Article publié le 01 / 09 / 2009.

Le décret « Manolo » crée un système d’agrément indicatif de conformité ainsi qu’un programme budgétaire spécial pour l’achat de manuels agréés. Une façon d’encourager l’utilisation de manuels conformes aux prescrits du décret missions et aux référentiels pédagogiques communs.

Ce n’est pas un poisson d’avril : le 1er avril 2006 entrait en vigueur le décret visant à promouvoir l’utilisation des manuels scolaires. Après des années de papillonnage intellectuel, et les carences d’une « génération zapping » en mal de structuration, il crée un système d’agrément ainsi qu’un budget spécial pour l’achat de manuels agréés dans les écoles primaires et dans le 1er degré du secondaire.

Dans les limites des crédits disponibles, le montant alloué à l’achat de manuels s’élevait au départ à 1,5 million €, majoré de 10% chaque année jusqu’en 2013. Il est de 1,997 million € pour 2009. À partir de 2014, ce montant sera indexé annuellement. De quoi « doter les élèves et les enseignants des outils du savoir » selon la 6e priorité du Contrat pour l’école.

Des experts agréent

L’agrément est octroyé par la Commission de pilotage, composée d’experts en pédagogie et de représentants des instances concernées : pouvoirs organisateurs, réseaux, associations de parents, syndicats et inspection. Il s’agit d’un agrément indicatif de conformité pédagogique et légale (1), décerné collégialement sur base de l’avis motivé d’un collège d’inspection. Celui-ci est constitué de deux inspecteurs de la discipline au moins, qui ne sont pas (co-) auteurs du manuel pour lequel un agrément est demandé ou d’un manuel concurrent. Contrairement à l’école, il n’y a pas de seconde session : ça passe ou ça casse !

Chant des sirènes pour les écoles, l’agrément peut devenir chant du cygne pour les éditeurs scolaires lorsqu’il leur est refusé, car seuls les manuels agréés sont remboursés. Non seulement un manuel non agréé risque de ne pas se vendre, mais, par un effet de halo négatif, tous les autres manuels de la même collection risquent de subir le même plongeon commercial.

Un budget non épuisé

Ce qui importe, c’est de savoir si les objectifs sont atteints. Selon l’Association des éditeurs scolaires, il n’y aurait pas de progression significative des ventes. Pas de pêche miraculeuse donc. Il est vrai que les écoles achètent aussi des manuels agréés par la Communauté française en France, où ils sont parfois moins chers, ce qui ne fait pas l’affaire de nos éditeurs. Quoi qu’il en soit, les demandes de remboursement des écoles n’épuisent pas les moyens disponibles : 81,9% du budget en 2006 et 70,53% en 2007. Selon l’Administration, leurs déclarations de créance reprennent trop souvent des titres qui ne sont pas agréés et ne peuvent donc être remboursés. Procédure trop complexe, trop lourde ? Le moment est sans doute venu de l’évaluer et de la réajuster.

Bien que réclamés par les enseignants lors de leur consultation en 2003-2004, les manuels ne sont guère achetés. C’est le paradoxe d’Emmanuelle ! Emmanuelle est un phantasme. Tout le monde en rêve mais quand la sirène devient femme, personne n’ose y toucher. Ce paradoxe s’explique peut-être par le fait que, dans certaines disciplines du moins, les manuels adaptés aux socles de compétence et aux nouveaux programmes arrivent seulement sur le marché. Verrons-nous bientôt les courbes de vente monter au septième ciel ? La déclaration d’amour ne suffit pas, encore faut-il passer à l’action ! Pour ne pas finir en queue de poisson…

(1) Les manuels doivent respecter des critères éthiques (principes d’égalité et de non discrimination inscrits dans la Constitution, conformité avec les lois contre le racisme, la xénophobie, la discrimination, et avec le décret sur l’égalité de traitement), mais aussi des critères pédagogiques (notamment la conformité avec les socles de compétence, compétences, savoirs et profils de formation).

E. G.

Le bon manuel ? Dix critères de qualité

Les critères qui suivent proposent une synthèse originale de recommandations émises dans la documentation scientifique ainsi que par une dizaine de spécialistes consultés pour la préparation du dossier. Le lecteur trouvera également des informations intéressantes dans l’article de F.-M. Gérard intitulé « Les manuels scolaires d’aujourd’hui, de l’enseignement à l’apprentissage » (lire Bibliographie sélective). Quant au lecteur plus spécifiquement intéressé par les manuels de mathématiques, il pourra consulter également l’article de Th. Gilbert, B. Jadin et N. Rouche intitulé « Qu’est-ce qu’un bon manuel de mathématiques ? » (lire Bibliographie sélective).

1. être fiable. Ne pas contenir la moindre erreur de contenu, être rigoureusement exact.

2. être lisible. Adapté aux élèves auxquels il se destine. Ses explications doivent être claires, suffisantes sans pour autant être superfétatoires. Il doit pouvoir être lu - et donc compris - par l’élève seul, en pleine autonomie, voire par ses parents.

3. être didactique. Fruit d’une réflexion épistémologique, il doit tenir compte des difficultés des élèves, et respecter une logique et une progression dans la présentation des matières (cohérence horizontale), ainsi qu’établir des liens entre les savoirs. Il doit tenir compte de la psychologie et des différents types et niveaux d’intelligence des élèves en proposant différents niveaux d’explications et de difficultés des exercices (sans omettre de donner les réponses aux questions !). Il doit par ailleurs développer des compétences chez l’élève, c’est-à-dire : susciter le questionnement et la recherche, éveiller la curiosité ; rendre l’élève actif (lui permettre de construire son savoir) ; organiser des situationsproblèmes; offrir du sens aux élèves; créer des obstacles, mais ne pas décourager ; offrir des matériaux (documents…) sur lesquels l’élève va pouvoir exercer son esprit critique ; permettre une évaluation de l’apprentissage par l’élève.

4. être conçu et rédigé par une équipe pluridisciplinaire. Il doit être l’oeuvre d’une équipe constituée de trois catégories de professionnels : des gens de terrain (enseignants, inspecteurs) ; des experts de la matière (professeurs d’université, chercheurs) ; des spécialistes de l’apprentissage (pédagogues, didacticiens). Un directeur de collection doit assurer la cohésion entre manuels couvrant un même cycle.

5. permettre une cohérence verticale. Il doit couvrir tout un cycle des études et donc s’inscrire au sein d’une collection complète.

6. permettre une grande liberté d’utilisation. Il doit rester « ouvert », c’est-à-dire qu’il ne doit pas enfermer l’utilisateur dans un parcours obligatoire. Il faut pouvoir naviguer selon les besoins et trouver des réponses aux questions que l’élève se pose.

7. être expérimenté et adapté à la variété des élèves. Il doit avoir été préalablement testé auprès d’échantillons représentatifs de la diversité des élèves. Le manuel ne s’adresse pas à l’élève moyen, mais à toutes les catégories d’élèves, des plus faibles aux plus forts.

8. éviter l’excès de contenus. Mieux vaut voir moins de matière, mais qu’elle soit mieux expliquée.

9. être présenté de manière claire, pratique et agréable. Il doit utiliser les visuels (schémas, histogrammes, dessins, photos…), et soigner la lisibilité typographique, séparer clairement les différentes parties et utiliser un système de repérage rapide. Ne pas oublier les « indispensables » : une synthèse à la fin de chaque chapitre, une
présentation des objectifs globaux (en introduction) et des objectifs particuliers (en début de chaque chapitre), un glossaire (très important !), un index conceptuel et onomastique, une table des matières et une explication des liens entre parties, faire des rappels ou renvois de matières si nécessaires. La facilité d’utilisation du manuel (format, praticité) et sa robustesse ne doivent pas être négligées.

10. respecter le droit et la morale. Il doit respecter les prescrits légaux et ne pas véhiculer des valeurs immorales ni des stéréotypes, bêtes par définition.

É. G.

Financement, mode d’emploi

Sept questions et autant de réponses pour tout savoir du financement des manuels agréés par la Communauté française.

Qui peut bénéficier du remboursement de manuels scolaires ?
Toutes les écoles de l’enseignement ordinaire ou spécialisé, de tous les réseaux, pour l’ensemble du primaire et pour le 1er degré du secondaire.

Quel montant mon école peut-elle recevoir ?
Pour l’année 2009, une somme de 4,72 € par écolier pour le primaire, et de 4,32 € par élève pour le 1er degré du secondaire. Ce montant varie puisqu’il bénéficie, sous réserve de moyens disponibles, d’une augmentation annuelle de 10 % jusqu’en 2013, puis selon l’index à partir de 2014.

Comment est calculé ce montant ?
Chaque année, on répartit la somme allouée aux manuels (1,997 million € en 2009) : 75 % pour le primaire, 25 % pour le 1er degré du secondaire. Ensuite, on divise le montant obtenu, pour chacun des deux niveaux d’enseignement, par le nombre d’élèves qu’ils comptent au 15 janvier de l’année concernée. Les budgets sont calculés par années civiles, et non par années scolaires. Cela signifie que, pour l’année scolaire 2009, par exemple, les achats doivent être effectués le 31 décembre au plus tard, et non fin juin 2010.

Que se passe-t-il si le montant de mes factures est plus élevé que le montant auquel j’ai droit ? Et s’il est moins élevé, puis-je conserver le solde pour des achats ultérieurs ?
L’école est remboursée selon le montant indiqué sur les factures, jusqu’à concurrence du montant auquel elle a droit. Le supplément est entièrement à charge de l’école. Mais si une école n’épuise pas son budget de l’année, il n’est pas reporté à l’année suivante.

Quel type d’ouvrages pédagogiques puis-je me faire rembourser ?
Uniquement les manuels scolaires agréés. On entend par « manuel » un livre imprimé destiné à l’élève et s’inscrivant dans le processus d’apprentissage. Les guides de l’enseignant, les livres-cahiers à compléter ainsi que les fiches reproductibles rentrent dans la catégorie des « outils pédagogiques » : ils ne sont pas remboursés.

Comment savoir quels manuels sont agréés ?
L’Administration publie une liste, mise à jour régulièrement (1). Il y en a plus de trois-cents pour le primaire, et plus de cent-vingt pour le 1er degré du secondaire. Dans toutes les disciplines.

Quelles démarches dois-je effectuer pour obtenir le remboursement de manuels ?
La direction doit renvoyer une déclaration de créance (en ligne pour les écoles de la Communauté, en version papier pour les écoles subventionnées) accompagnées des factures, au plus tard le 31 mars de l’année suivante, au Service général de Pilotage du Système éducatif.

(1) http://www.enseignement.be/hosting/manolo_admin/upload/export/manolo_agrements_subsidies.xls
N.B. Voir dans cette page les nouvelles règles prévues par un décret du 07/02/2019.