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Magazine PROF n°51

 


Coté psy 

La mémoire de travail, indispensable pour apprendre

Article publié le 13 / 09 / 2021.

Réaliser une recette sans relire toutes les étapes, résoudre un calcul, reproduire une expérience, lire un texte en gardant en mémoire les éléments essentiels à la compréhension… Tout cela monopolise la mémoire de travail.

Anne-Charlotte Declercq, neuropsychologue et spécialiste dans la prise en charge du TDA/H et des dyspraxies, nous éclaire sur ce qu’est la mémoire de travail. Quelles sont ses caractéristiques ? En quoi est-elle essentielle dans tous les apprentissages ? Comment l’intégrer dans les préparations de cours, au bénéfice de tous les élèves, qu’ils soient ou non à besoins spécifiques.

PROF : Qu’est-ce que la mémoire de travail ?

Anne-Charlotte Declerq : Il s’agit de la mémoire à très très court terme (15 à 30 secondes maximum) que l’on monopolise tout le temps lors de la réalisation d’une activité. C’est la mémoire vive que l’on sollicite dans nos activités quotidiennes. Par exemple, quand on va faire des petites courses et qu’on se répète les quelques éléments à acheter. On utilise la boucle phonologique : il s’agit des éléments verbaux, entendus ou lus maintenus en mémoire par la répétition.

Ainsi, si vous apprenez une poésie, vous répétez plusieurs fois le premier vers. Vous utilisez la boucle phonologique. Vous pouvez aussi créer une image mentale en utilisant le « calepin visio-spatial » : vous voyez mentalement ce dont parle le vers.

C’est en répétant tant la boucle phonologique que les éléments dans le calepin visio-spatial que l’on peut stocker les éléments dans la mémoire de travail. Puis dans la mémoire à court, moyen ou long terme.

© Adobe Stock/fabioberti.it

Des études (1) démontrent que la capacité en mémoire de travail est un prédicateur de la réussite scolaire d’un enfant, dès la maternelle. En quoi est-elle essentielle aux apprentissages ?

Tous les apprentissages utilisent la mémoire de travail. Quand je lis une phrase, je dois garder en mémoire de travail les éléments lus au début pour comprendre le sens de celle-ci. Lorsque je fais un calcul mental, je dois stocker les étapes du calcul. Si l’empan (le nombre d’informations que je peux stocker selon l’âge) est trop faible, j’aurai des difficultés pour mémoriser et apprendre. Un élève ayant une mémoire de travail défaillante aura des difficultés dans la compréhension de consignes, la lecture, la mémorisation à long terme, la résolution de problèmes, la structuration des apprentissages. Parfois, des troubles associés comme la dyslexie ou les troubles de l’attention, augmentent les difficultés d’apprentissage.

Comment détecter un enfant ayant des troubles de la mémoire de travail ?

Par exemple, un enfant n’ayant pas de difficultés en calcul à l’écrit, mais ayant du mal avec le calcul mental. Un enfant qui demande que l’on répète de nombreuses fois un élément simple comme les éléments à noter au journal de classe. Un enfant ayant du mal à organiser ses idées, à filtrer les informations.

Comment améliorer la mémoire de travail ?

Il est très compliqué de la rééduquer, car il s’agit d’un trouble neurologique de base. On peut l’améliorer, mais pas la normaliser. De plus, la mémoire de travail est très fragile : elle dépend des états émotionnels, de la fatigue. Si on est inquiet, si on a mal dormi, notre mémoire de travail sera affaiblie. Trop souvent, on diagnostique des troubles de l’attention sans chercher s’il n’y a pas des causes comme une mauvaise qualité de sommeil, ce qui induit un comportement actif chez l’enfant parce qu’il est fatigué. Pour pallier une mémoire de travail défaillante, on doit donc mettre en place des moyens de contournement. On va outiller l’élève pour le rendre autonome. Par exemple en lui proposant de noter les choses, en surlignant au fluo les éléments importants, en lisant la consigne oralement à sa place, en lui demandant ce qu’il a compris…

On se rend compte que nous entretenons de moins en moins cette mémoire de travail. Le monde change. On ne cherche plus d’informations dans un dictionnaire, mais sur le net. On ne retient plus des numéros de téléphone, on les enregistre sur la mémoire du GSM. On joue seul avec sa console et il n’y a pas de règles à retenir. Ainsi, les jeux de société permettent d’augmenter l’empan de la mémoire de travail. L’enfant interagit avec d’autres, il doit intégrer des règles du jeu qui évoluent. Un excellent jeu à ce propos est l’ancien jeu Simon : le joueur doit reproduire une combinaison colorée et sonore proposée par Simon. Plus on joue, plus on peut aller loin en monopolisant la mémoire de travail.

Anne-Charlotte Declercq, neuropsychologue : « L’être humain étant multi sensoriel, il faut multiplier les outils, les propositions, les exemples de natures différentes. »
Anne-Charlotte Declercq, neuropsychologue : « L’être humain étant multi sensoriel, il faut multiplier les outils, les propositions, les exemples de natures différentes. »
© PROF/FWB

Mémoire de travail et enseignement explicite font donc bon ménage ?

Oui. L’enseignement explicite est positif pour tous les élèves, avec ou sans trouble de la mémoire de travail ou de l’attention. On peut résumer l’enseignement explicite ainsi : dire les objectifs attendus ; montrer ce qui est attendu avec, entre autres, de nombreux exemples différents ; guider l’élève lors de la réalisation d’exercices pour l’amener vers plus d’autonomie ; ou tenir les apprentissages en faisant « dire et faire autrement » ce qui a été appris. Je décortique, je fais des liens. C’est positif que l’enfant ait ou non une mémoire de travail défaillante et/ou des troubles associés.

Comment intégrer la mémoire de travail dans la préparation des leçons ?

Les consignes de travail doivent être courtes et non polluées d’éléments non utiles à la résolution de la tâche. Selon l’âge, un enfant peut retenir et respecter X éléments dans une consigne.

Lors de la leçon, il faut aussi veiller au débit du langage. Si on parle vite, on perd une partie du message, surtout si l’élève doit prendre des notes au vol (pour les plus grands). Une main (sans trouble) peut écrire entre 20 et 30 mots par minute. S’il y a une mémoire de travail défaillante, l’élève perd le fil de ce qu’il comprend et décroche. On peut donc intégrer des outils comme le sketchnoting, la carte mentale dans la mise en place de la leçon. Ou mieux, le graphic jam : les enfants écrivent ou dessinent sur un post-it ce qu’ils savent d’un sujet lancé par l’enseignant. Ils collent leur post-it au tableau. Ensemble, les post-it sont organisés selon des thèmes communs. L’enfant est actif. Le cerveau est prêt à recevoir l’information. L’élève fait des liens entre ce qu’il sait, ce qu’il va découvrir et cela fait sens dans ses apprentissages. 

L’être humain étant multi sensoriel, il faut multiplier les outils, les propositions, les exemples de natures différentes : cela permet de trouver la technique qui parle à l’élève.

Il faut donc gommer toutes les aspérités liées aux apprentissages ?

Il ne faut pas supprimer toutes les difficultés lors des apprentissages et rendre les enfants assistés et dépendants. C’est dans la difficulté que l’on met en place des stratégies pour la dépasser, se dépasser et que l’on peut évoluer. L’enseignant est là pour outiller et non assister. Là est le talent du pédagogue : savoir jusqu’où aller. 

Propos recueillis par
Hedwige D’HOINE

(1) Dont celle de Gathercole, S.E. & Alloway, T.P. (2004), évoquée dans « Working memory and classroom learning », parue dans Dyslexia Review, 17, p. 1 à 41. La revue A.N.A.E. a publié un dossier « Mémoire de travail et développement de l'enfant » dans son numéro 171 d’avril 2021. https://www.anae-revue.com

 

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