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Magazine PROF n°12

 


Coté psy 

Des élèves aux « modes d’emploi » différents

Article publié le 01 / 12 / 2011.

Comment reconnaitre et aider ces élèves qui apprennent plus tôt, plus vite, mais surtout autrement que les autres ?

Les  surdoués ou « intellectuellement précoces » d’autrefois, sont appelés aujourd’hui « enfants ou adolescents à haut potentiel », ce qui relève d’une conception ouverte de l’intelligence. Tant mieux car leurs caractéristiques ne se limitent pas au domaine intellectuel. Et le terme « haut potentiel » (HP) tempère le débat entre ceux qui y voient un effet de la génétique et ceux qui pointent le rôle de l’environnement.

Même s’ils montrent une grande diversité sur le plan interindividuel, on peut repérer chez ces jeunes certaines caractéristiques qui, réunies, peuvent être porteuses de ressources ou de difficultés.

Dans les classes maternelles déjà, ce sont souvent des enfants qui montrent des centres d’intérêts particuliers, et sont capables d’atteindre tôt un niveau d’abstraction élevé. Cela peut être, par exemple, ce bambin de 5 ans qui, invité à colorier la moitié des canards dessinés sur une feuille, remplit de couleur la moitié de chaque volatile. Leur curiosité et leur logique peuvent déstabiliser et être perçues, parfois, comme de la provocation. Sans nécessairement souffrir de troubles moteurs, ils s’investissent peu dans des activités comme le découpage, le graphisme, vécues comme lentes et peu stimulantes.

En primaire, ce sont souvent des élèves qui apprennent « tout seuls » dans certaines matières, sans effort de compréhension, ni d’étude. Habiles à trouver des solutions qui s’imposent d’elles-mêmes, ils ne sont pas toujours  conscients de leurs démarches d’apprentissage (par exemple, ils éprouvent des difficultés à expliciter les étapes d’un calcul , vu leur fonctionnement intuitif fréquent en mathématiques) et peuvent résister ou éviter des activités systématiques et/ou répétitives, ou se désintéresser de tâches trop simples pour eux. Ne s’adaptant pas aux rythmes et aux méthodes d’apprentissage, certains peuvent manifester de l’ennui et obtenir des résultats moyens ou faibles malgré leurs capacités.

Ce sont souvent des élèves qui mettent l’enseignant mal à l’aise face à des questions incessantes sur le bien-fondé des choses, à une créativité débordante ou à un comportement perturbateur. Pas facile, pour ces enfants, de gérer le décalage entre leur âge, leur niveau intellectuel, leur maturité psychoaffective et leurs capacités psychomotrices.

 Les caractéristiques des personnes
Les caractéristiques des personnes "à haut potentiel" ne se limitent pas au domaine intellectuel.
© Fotolia/Krusemedien

À l’adolescence, faute d’avoir élaboré une méthode de travail ou appris à étudier, ces élèves peuvent être très démunis et, pour préserver leur confiance en eux-mêmes, préférer décrocher plutôt que de risquer l’échec.

Rassembler différents points de vue

Comment les reconnaitre ? Les données quantitatives (un quotient intellectuel de 125-130, de bons résultats scolaires,…) ne suffisent pas. Et aucun instrument ne permet un dépistage exhaustif des enfants et adolescents HP. Des chercheurs de quatre universités (lire « S'informer, se former,... ») recommandent de rassembler différents points de vue : des évaluations faites dans le cadre scolaire, l’avis des parents, des grilles d’identification où les enseignants peuvent noter leurs observations quotidiennes,…

Mais ces spécialistes le recommandent : pour éviter que ces observations puissent être altérées par des préjugés ou de fausses représentations, il est préférable d’être bien sensibilisé au préalable sur les caractéristiques, les besoins et les difficultés des jeunes HP.

Comment prendre mieux en compte les besoins spécifiques de ces élèves ? Les mesures pédagogiques, que l’on peut combiner, dépendent évidemment des besoins individuels et de la réalité de terrain (l’organisation de la classe, les choix pédagogiques des enseignants,…).

On peut par exemple proposer au jeune et à d’autres élèves curieux et demandeurs des activités d’approfondissement (aborder un contenu de manière nouvelle et complexe) ou d’enrichissement (réaliser un projet personnel dans le domaine artistique, scientifique,…) dont les autres élèves de la classe pourront aussi bénéficier. Le tutorat d’un autre élève peut aider l’élève HP à s’intégrer et à expliciter son processus lors de la réalisation d’un travail. D’autres pistes sont fournies par la pédagogie différenciée (utiliser différentes méthodes et stratégies d’enseignement), la pédagogie du projet (qui débouche sur une réalisation concrète), les ateliers d’apprentissage regroupant des apprenants de même âge ou d’âges différents autour d’une compétence disciplinaire ou transversale,… 

Sauter de classe ?

Faut-il les faire passer dans la classe supérieure ? Le psychologue canadien Françoys Gagné voit des avantages à cette solution : possibilité de l’utiliser dans toutes les écoles, moins d’ennui et d’insatisfaction pour l’élève,… (1) Une autre voie possible, c’est de placer ces élèves à des niveaux supérieurs dans certains domaines, ou de leur permettre d’aborder des contenus plus avancés au sein de groupes homogènes.

Des craintes s’expriment aussi : les élèves qui sautent de classe pourraient rencontrer des obstacles dans leur développement social et émotionnel, manqueraient de maturité physique et émotionnelle pour affronter le stress de l’accélération, et devenir arrogants et élitistes.

Ce qui est sûr, c’est que cette formule intéressante pour certains jeunes doit être soigneusement préparée en tenant compte de différents facteurs. Notamment des aptitudes intellectuelles et scolaires de l’élève (en tenant compte d’une possible attitude négative face aux apprentissages scolaires), de son aspect physique (âge, taille,…), de sa capacité à entrer en relation avec les autres élèves et les professeurs,… Ou encore du soutien que les parents peuvent lui apporter et de la possibilité pour l’équipe pédagogique de bien l’encadrer.

Catherine MOREAU

(1) GAGNÉ F., Douance, talent et accélération. Du Préscolaire à l’Université. Montréal, Centre Éducatif et Culturel inc., 1986.

S’informer, se former,…

En 2000, une recherche-action interuniversitaire a été menée pour connaitre les particularités, les ressources et les difficultés des enfants et adolescents à haut potentiel. Elle a débouché sur plusieurs projets : la création d’un réseau d’écoute et d’accompagnement des jeunes HP et de leur entourage, une information donnée aux professionnels (monde médical, enseignants,…) et la mise en place de projets spécifiques pour mieux intégrer ces jeunes dans des écoles volontaires.

Des outils ont aussi été créés : une grille d’identification à l’usage des équipes éducatives, un site Internet pour tout public, des modules de formation en cours de carrière pour les enseignants et les CPMS,… (1)

La recherche-action se poursuit durant cette année (2). Elle vise, en particulier, l’écoute, l’accompagnement et le soutien des équipes éducatives qui en font la demande, l’organisation de formations en cours de carrière et la diffusion des savoirs construits au fur et à mesure de l’avancement de cette recherche. En projet : une brochure avec pistes et outils pédagogiques pour aider les enseignants face à des élèves HP et, d’une manière plus générale, favoriser la différenciation dans leur classe.

(1) http://www.enseignement.be/jhp
(2) http://www.gallilex.cfwb.be/document/pdf/36626_000.pdf

Complément bibliographique

• EPELBAUM C., « Enfants intellectuellement précoces : Aspects psychodynamiques », dans la revue A.N.A.E. Actualité de l’enfant précoce, n°73, 2003, p; 48-150.
• FOURNERET P. et REVOL O., « La pensée de l’enfant précoce », dans Cerveau et développement de l’enfant précoce, Actes du Congrès AFEP, Paris, 26 janvier 2002. 
• SIAUD-FACCHIN J., L’enfant surdoué : l’aider à grandir, à réussir. Paris, Éditions Odile Jacob, 2002.
 

• On peut également trouver des ressources sur le site des associations EHP Belgique (http://www.ehpbelgique.org) et Douance (http://www.douance.org)

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