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Magazine PROF n°8

 

Focus 

Parents-école : le divorce ? Pas si sûr !

Article publié le 01 / 12 / 2010.

Déçu par son propre parcours scolaire, Michel Colaris est devenu instituteur, en réaction. Et aujourd’hui, il « joue » dans son groupe de 5-6e et invite les parents de ses élèves à passer un moment pour… participer à la classe.

Le monde bouge. L’école aussi. Ses missions comportent une part croissante d’éducationnel. Et lorsque les élèves reviennent chez eux, leurs parents deviennent eux-mêmes des enseignants pour les devoirs et leçons. Mais, souvent, les deux mondes ne se fréquentent guère. Prière de ne pas aller au-delà de la réunion de parents ou des cinq minutes avant ou après la sonnerie.

Ce mercredi, pourtant, des parents suivent le rang de la classe de 5e et 6e primaire de l’Institut Notre-Dame, à Arlon. Ils entrent en classe, puis suivent les consignes de l’atelier animé par l’instituteur, Michel Colaris : « Vous allez réécrire ce texte sur le blaireau sans utiliser la lettre O ». Comme les élèves. Et tel parent de noter tous les mots contenant cette lettre, tel autre de chercher des synonymes…

Michel Colaris utilise les réunions de parents, pour communiquer à propos des évolutions du système éducatif, du projet de l’école ou de la raison de ce regroupement d’élèves de 5e avec les élèves de 6e qu’il suit depuis la 4e. « Le taux de participation avoisine les 100%, explique-t-il : parents et enfants, voire grands-parents, au sein d’un public socialement assez différencié. Mais je trouve ces réunions très techniques et frontales ».

Des enfants et des parents, côte à côte sur les bancs, et le prof au milieu.
Des enfants et des parents, côte à côte sur les bancs, et le prof au milieu.

Lorsque, à la rentrée 2009-2010, l’instituteur a invité les parents à se remettre dans la peau d’un élève à côté de leur enfant, il en a étonné plus d’un. « Une idée que je murissais depuis une rencontre avec un Français enseignant en zone d’éducation prioritaire. Et que j’ai mise en pratique pour la réalisation d’un mémoire sur ce sujet pour l’école supérieure de pédagogie ».

Son but ? « Réconcilier parents et école. Prendre à pleines mains avec eux mes pratiques pédagogiques participatives – mission impossible avec le seul journal de classe - et créer un moment de rencontre autour de l’enfant, de sa façon de vivre l’école ». Frédérique Botazzi se rappelle : « Mon premier atelier était assez interpelant. Nous nous posions des questions sur les méthodes et sur leur efficacité. Mais la plupart des parents étaient demandeurs de voir cela de près, en classe ». Certains ont pris congé ; d’autres ont suscité la même envie chez leur conjoint. À raison d’un ou deux parents par séance, une ou deux fois par semaine, M. Colaris a fait un carton plein en un an. « À une exception près : un papa directeur d’une école secondaire et son épouse ». Et il continue avec le nouveau contingent.

Sous le regard de son enfant

Après l’atelier, les réactions fusent. « Mes neuf enfants reviennent de l’école comme de la mine, sauf celui de cette classe qui reste enthousiaste, explique Coralie Faidherbs. Pour moi, l’atelier est un peu stressant, j’ai peur de faire une erreur ». Son mari Gérard confirme : « Et il y a aussi la peur de l’inconnu et l’obligation de faire face à une remise en question, voire à un autre rapport d’autorité ».

Le directeur, Jean-Pierre Merveille, a mis des années à accepter l’initiative et la soutient aujourd’hui sans réserve : « Dans cette classe, le statut de l’erreur a changé. Les pratiques pédagogiques ont amené les élèves à considérer que se tromper, c’est aussi apprendre ». Christina Corillon, maman d’un élève de 5e : « J’ai pu rencontrer d’autres parents et avoir le son de cloche de l’enseignant sur un incident rapporté par mon fils. De plus, je cherchais un cursus moins stressant pour son tempérament assez inquiet. Je pense l’avoir trouvé ». Mme Bottazzi ajoute : « Les enfants pratiquent l’atelier seul, puis en groupe. Aucune moquerie entre eux. Il y a, au contraire, une solidarité pour trouver de nouvelles solutions ». Et du côté des enfants ? No stress.

L’instituteur fait-il des émules ? Après un moment d’hésitation : « Mes pratiques participatives surprennent, dit-il. Certains collègues me reprochent de jouer, de ne pas faire sérieux. Un autre, plus proche, m’emprunte des jeux, et commence à envisager d’inviter les parents ». Le directeur commente : « La participation des parents rend la relation école-famille plus directe, plus simple, plus vraie. Mais on ne va pas nécessairement étendre cela avec d’autres enseignants. Chacun a sa personnalité, c’est bien comme cela ». Cette année se profile l’épreuve du CEB. Pour rassurer les parents, l’instituteur l’a anticipée… : l’an passé, avec ses 5e, il l’a organisée pour du beurre. Tous l’ont réussie, sauf un avec une moyenne de 49,8%. Rattrapable en un an, non ? Reste une interrogation des parents. Comment les enfants tout à fait (ré)conciliés avec l’école affronteront-ils l’atmosphère du secondaire ?

Bref, quand des enseignants déplorent le manque de participation des parents ou leurs réactions négatives, voire violentes, l’initiative arlonnaise laisse rêveur. Un succès dû sans doute à la conjonction d’un enseignant enthousiaste, un bon groupe classe et des parents ouverts. L’expérience n’est certes pas généralisable, mais elle pourrait faire des petits et elle a le mérite de (dé)montrer aux sceptiques qu’en matière de divorce entre parents et école, tout n’est pas perdu…

Patrick DELMÉE

Quand le PMS va vers les parents

Assistant social entré en centre PMS il y a plus de 30 ans, Jean-Pierre Larock travaille dans une optique préventive depuis des années. Le décret de juillet 2006 (1), en confiant aux centres psycho-médico-sociaux une action de soutien à la parentalité, a conforté notre interlocuteur dans cette optique, l’incitant à développer des diaporamas destinés aux parents. Travaillant au CPMS de la Communauté française de Tournai, il les utilise lors des réunions de parents organisées par les écoles dont il a la charge, et les présente également lors de journées de formation destinées aux agents du réseau de la Communauté française.

Ce soir-là, à Herseaux, les parents de première primaire de l’École de la Communauté française Philippe Geluck étaient invités par la direction. Entouré de la psychologue et de l’infirmière de l’équipe PMS, M. Larock en a profité pour rappeler l’importance du « tiercé gagnant » école-parents-CPMS dans la réussite scolaire des enfants. La préparation et la gestion de cette soirée s’étaient déroulées en étroite collaboration entre l’équipe pédagogique et l’équipe du Centre PMS.

Fort de son expérience et de ses multiples recherches, M. Larock a axé sa présentation sur les besoins cognitifs de l’enfant, s’appuyant notamment sur les travaux du Centre de recherche et d’innovation en sociopédagogie familiale et scolaire de l’Université de Mons-Hainaut. Sa brève intervention invite aussi les parents à s’interroger sur la télé, le sommeil ou d’autres questions pratiques.

« L’idée n’est pas de fournir des recettes toutes faites, mais de faire offre de services, dans une optique de prévention, parce que le plus tôt sera le mieux. La question des limites et de l’autorité, par exemple, peut se travailler dès les maternelles », explique M. Larock, qui a développé un diaporama adapté à ce public.

En intervenant de la sorte, de manière proactive, l’équipe modifie l’image de « pompier » du CPMS qui n’interviendrait qu’en cas d’incendie. Et elle brise aussi la glace avec des parents qui, du même coup, osent franchir le pas et demander conseil. Ce fut le cas de plusieurs parents, à Herseaux. Bien entendu, cette démarche nécessite une bonne collaboration entre écoles et équipe PMS, et une présence constante de celle-ci sur le terrain. « Au début de ma carrière, on travaillait uniquement sur des documents, dans nos bureaux », se souvient M. Larock. Une époque qu’il ne regrette pas !

D. C.

(1) http://www.gallilex.cfwb.be/document/pdf/31007_000.pdf

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