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Magazine PROF n°7

 


L'info 

Passer par le SAS pour rebondir

Article publié le 01 / 09 / 2010.

Les Services d’accrochage scolaire offrent à des élèves exclus ou en marge de l’école une escale où poser leurs valises. Avant de rebondir. Reportage Aux Sources, à Huy.

Léopold (1) planche sur des divisions de fractions, Julien ajuste la scie sur un bloc de bois, Lili s’entretient avec la psychologue, tandis que d’autres jeunes manient colle et ciseaux pour réaliser des affiches en prélude à un débat sur l’abus de tabac. École ? Maison des jeunes ? Vous chercherez en vain une plaque sur la façade de cette maison ancienne de Huy. Aux Sources cultive la discrétion. Nous sommes ici dans l’un des douze Services d’accrochage scolaire (SAS) subsidiés par les secteurs de l’Enseignement et de l’Aide à la jeunesse de la Communauté française (2).

Avec les jeunes accueillis au Service d’accrochage scolaire, il faut travailler la motivation et l’estime de soi.
Avec les jeunes accueillis au Service d’accrochage scolaire, il faut travailler la motivation et l’estime de soi.
© PROF/FWB/Jean-Michel Clajot

Ici, on cultive la souplesse aussi. Pas d’horaire affiché : directeur, travailleurs sociaux, psychologue et enseignant élaborent chaque semaine un planning qui peut encore être modifié le matin même en fonction de l’état d’esprit ou des difficultés d’un jeune ou d’un groupe. De quoi coller au vécu de ces mineurs qui sont soit exclus d’une école sans pouvoir être réinscrits dans une autre, soit régulièrement inscrits mais peu présents ou en situation de crise (3).

Ramener vers l'école ou la formation

L’objectif est de réintégrer ces jeunes six mois plus tard (au maximum) dans une structure scolaire ou de formation, après les avoir aidés à construire un projet motivant et cohérent. « Quand un élève nous est envoyé par une direction d’école, un centre PMS, un conseiller de l’aide à la jeunesse,… nous commençons par évaluer si le SAS est la bonne solution, explique le directeur, Jean-Marc Cantinaux. Cela suppose qu’il n’ait pas développé une maladie mentale et – surtout – qu’il soit d’accord, ainsi que sa famille, sur notre intervention ».

Avec les parents et le jeune, l’équipe pose alors ses jalons : bilan de la situation scolaire, sociale et familiale du futur passager ; mise en place d’une collaboration, le cas échéant, avec l’école, avec le centre PMS,… « Nous rencontrons aussi l’élève en particulier pour voir comment il perçoit ses problèmes et ce qu’il est prêt à mettre en œuvre au SAS pour faire changer les choses. Pour certains, cela peut être de ne pas passer à l’acte et gérer leurs frustrations », explique la psychologue, Gaëtane Leleu.

Se co-construit alors, avec chaque jeune passager, un projet très personnalisé sur la base d’objectifs à atteindre pas à pas. « Nous travaillons trois dimensions : le scolaire, le familial et le social », précise Jean-Marc Cantinaux. Une journée alterne donc des activités très diverses, individuelles et collectives, des entretiens,… « Selon le cas, nous pouvons aussi les aider et les accompagner dans le milieu familial ou encore faciliter l’intégration dans une maison de jeunes, par exemple », ajoute le directeur.

Rendre le comportement acceptable

Chaque SAS élabore son projet pédagogique, mitonné par l’équipe. Aux Sources, qui accueille chaque année une cinquantaine de jeunes venus d’écoles de tous les réseaux, y a intégré un camp chantier et du sport-aventure, ce qui permet aux jeunes de vivre en groupe, de dépasser leurs limites et de gérer leurs frustrations.

Autre caractéristique du SAS de Huy : un volet scolaire. Aux Sources a pu bénéficier d’un professeur détaché de l’enseignement provincial liégeois. « Si les élèves ont une école de référence, nous lui demandons de nous faire parvenir des cours. Et nous répartissons les matières selon nos capacités et nos intérêts, confie Stéphanie Arnould, institutrice de formation et titulaire d’un diplôme de français langue étrangère. Mais nous sommes tous au four et au moulin ! J’encadre souvent des activités de cuisine ou de menuiserie ».

Ces cours permettent à certains jeunes de rester dans le bain de l’apprentissage. Les ateliers, voire même des stages en entreprises, peuvent servir de déclic à une (ré)orientation. Mais il est clair que le SAS n’est pas chargé de remettre les élèves à niveau et qu’il n’entre donc pas en concurrence avec l’école. « L’objectif est surtout de profiter des diverses activités pour rendre le comportement d’un jeune socialement acceptable, et essayer de retrouver avec lui un sens à la scolarité, ajoute l’enseignante. Certains passent du temps en classe ; d’autres n’y vont presque pas car cela ne résout pas leurs problèmes. Il faut davantage travailler avec eux la motivation, l’estime de soi ».

Le but ? Réintégrer les jeunes en six mois maximum dans une structure scolaire ou de formation, après les avoir aidés à construire un projet motivant et cohérent.
Le but ? Réintégrer les jeunes en six mois maximum dans une structure scolaire ou de formation, après les avoir aidés à construire un projet motivant et cohérent.
© PROF/FWB/Jean-Michel Clajot

Des balises pour le retour

L’équipe travaille avec comme ligne d’horizon le retour dans une école ou un centre de formation. « Le but n’est pas de trouver une solution à tous les problèmes, nuance Jean-Marc Cantinaux. C’est l’évolution du jeune qui détermine le moment du retour ». Mais pas sans balises. Un adulte référent (enseignant, éducateur,…) doit être trouvé dans l’école qui accueille le jeune après son passage au SAS. Pour faciliter l’enracinement, les directions bénéficient d’un supplément de capital-périodes (12 heures) et peuvent aussi faire appel au centre PMS ou à un médiateur pour accompagner le jeune et sa famille.

« Nous jouons un peu le rôle de miroir en disant à chaque jeune : Tu es là pour t’en sortir, que peux-tu mettre en place pour y arriver ?, conclut Stéphanie Arnould. À ces passagers de quelques mois, nous donnons ce que nous pouvons. À eux de le prendre ou pas. Les voir évoluer, c’est très valorisant. La cerise sur le gâteau, c’est quand l’un ou l’autre prend le temps de revenir nous voir, un éclat de fierté dans les yeux, pour nous montrer son bulletin ».

Catherine MOREAU

(1) Tous les prénoms utilisés sont fictifs.
(2) Pour la liste complète, http://www.enseignement.be/index.php?page=23721
(3) Toutes les modalités sont précisées dans le décret D+ du 30 juin 1998 http://www.gallilex.cfwb.be/document/pdf/22209_002.pdf

« J’espère que ça marchera encore »

Derrière chaque visage, un parcours scolaire chahuté, souvent résumé à quelques formules. Par pudeur, par souci de ne pas dérouler une spirale d’échecs déjà longue. « Je rigolais avec tout le monde et à tous les cours. Les profs m’ont dit : On a été assez patients. Le directeur a dit à mes parents que je pourrais me réinscrire en septembre à condition de passer par le SAS », explique Léopold, 15 ans, arrivé Aux Sources début mai. « Comme je ne mettais plus les pieds aux cours, j’allais être renvoyé. Alors, la préfète a conseillé à mes parents de me mettre au SAS. Je n’avais pas le choix », enchaine Adrien, 14 ans.

Les atouts de ce lieu de passage ? Tous citent un emploi du temps plus varié : des matières scolaires classiques, mais aussi de la cuisine, du nettoyage, du jardinage, de la menuiserie,… « Et puis ici, on travaille surtout notre comportement et on se sent mieux entourés ».

Et après ? Léopold est déjà passé par le Service d’accrochage scolaire voici deux ans. De retour à l’école en février, il n’a plus reçu une seule remarque et est même parvenu à se hisser dans l’année supérieure. « J’espère que cela marchera cette fois encore, confie-t-il. Depuis mon arrivée Aux Sources, il y a trois semaines, je ne sens pas encore vraiment la différence. Je ne sais pas si je vais m’accrocher, foirer ou être viré d’ici. Mais j’ai envie de retourner à l’école, même si je déteste la mécanique. Parce qu’un diplôme, c’est vraiment important ». Adrien a passé les examens de juin dans son école. « Et en septembre, je m’y vois très sage. Enfin, je verrai… »

C. M.

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