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Magazine PROF n°6

 

Coté psy 

Agir sur la motivation de ses élèves

Article publié le 01 / 06 / 2010.

Depuis vingt-cinq ans, Rolland Viau, professeur à la faculté d’éducation de l’Université de Sherbrooke, s’intéresse à la motivation des élèves. Sur laquelle les enseignants peuvent agir.

Plutôt que de motivation, Rolland Viau préfère parler de dynamique motivationnelle, « qui tire sa source dans des perceptions que l’élève a de lui-même et de son environnement, et qui a pour conséquence qu’il choisit de s’engager à accomplir l’activité pédagogique qu’on lui propose et de persévérer dans son accomplissement, et ce, dans le but d’apprendre » (1). Son modèle dégage trois perceptions essentielles pour l’élève : celles qu’il a de la valeur de l’activité, de sa capacité à la mener à bien, et du degré de contrôle qu’il pense avoir. L’engagement cognitif de l’élève et sa persévérance seront fonction de ces perceptions.

Quantité de facteurs externes influent sur ces perceptions. L’enseignant n’a de prise que sur les facteurs relatifs à la classe, dont les cinq principaux sont les activités pédagogiques, les modes d’évaluation, l’enseignant lui-même, les récompenses/sanctions, et le climat de travail. Dépasser l’intuition Ce cadre posé, M. Viau propose une démarche d’intervention fondée sur l’expertise plutôt que sur l’intuition. Elle repose sur des outils diagnostiques (observer finement les stratégies d’évitement, par exemple) amenant l’enseignant à réaménager les cinq facteurs sur lesquels il a prise. S’interroger par exemple sur ses attentes à l’égard de tel élève, sur ses pratiques d’évaluation ou sur les commentaires notés sur les travaux…

PROF : Si je vous dis que ce n’est pas à l’enseignant de motiver l’élève, que répondez-vous ?
Rolland Viau : Cela relève des valeurs de chacun, mais la réalité, c’est qu’il y a de plus en plus d’élèves démotivés par rapport aux apprentissages scolaires. Que faire ? Se réfugier dans ses valeurs et estimer que ce n’est pas son problème ? Je suis de ceux qui estiment qu’un des rôles de l’enseignant, c’est de créer un environnement pédagogique qui favorise la motivation.

Comprendre les mécanismes liés à la motivation permet de dépasser son intuition et d’améliorer ses interventions.
Comprendre les mécanismes liés à la motivation permet de dépasser son intuition et d’améliorer ses interventions.
© PROF/FWB/Michel Vanden Eeckhoudt

L’investissement n’est-il pas énorme, alors que l’enseignant n’a de prise que sur une partie de ce qui peut susciter la motivation ?
C’est vrai. On en demande de plus en plus à tous les professionnels, dans tous les domaines. Ailleurs, on travaille de plus en plus en équipe. Il me semble qu’on voit encore trop la profession d’enseignant comme une tâche à effectuer seul. Pourtant, les collègues sont confrontés aux mêmes réalités. Pourquoi ne pas y réfléchir ensemble, partager le travail ? Un professionnel, quel qu’il soit, a une responsabilité : être au meilleur de ses connaissances et de son expérience. Mais responsabilité ne veut pas dire culpabilité. J’ai eu ici des enseignants qui se prenaient tout sur les épaules. La question est de s’assurer que tous les facteurs sur lesquels ils ont du contrôle sont OK.

Avez-vous pu mesurer les progrès des élèves ?
Je donne cours à des enseignants en formation continuée. Quand ils interviennent systématiquement comme on leur propose, ça fonctionne. Mais on ne peut pas présenter une mesure exacte des progrès, parce qu’il ne suffit pas de collecter des données sur la motivation de ses élèves : le nerf de la guerre, c’est l’interprétation de ces données, pour une intervention efficace. Et ça, ça dépend surtout de la formation et de l’expérience de l’enseignant.

L’important, c’est d’aller sur le terrain, de voir comment adapter les outils. Quand les enseignants font ce travail d’appropriation, ça me plait, parce que je pense que ça les aide à dépasser l’aspect intuitif de leur analyse. « Montrer à quel point apprendre est agréable »

Vous expliquez que la motivation dépend de perceptions. Comment agir face au groupe sur ce facteur très individuel ?
Il y a des grands principes qui peuvent être acceptés par tous : respecter tous les élèves ; accepter d’être patient avec certains ; être capable de recommencer une explication en se disant qu’on n’a peut-être pas été très clair. J’ajouterai une chose extrêmement importante : il faut que les enseignants redeviennent des modèles. À propos de la matière enseignée, mais aussi montrer à quel point apprendre est agréable.

Je demande souvent aux enseignants que j’ai en formation de me décrire une situation où leurs élèves les voient aimer apprendre. Faites l’expérience… Être un modèle, ce n’est pas seulement dire « c’est gai d’apprendre », c’est le montrer… Je pense que ça peut modifier les perceptions des élèves.

Ceci dit, dans des situations difficiles, je reviens sur le concept d’empathie. Se demander comment l’élève voit les choses, entamer un dialogue avec lui, aller le chercher. Face à ces élèves, une analyse systématique étayée par des outils permettra une intervention plus efficace que la seule intuition… Souvent, des étudiants estiment qu’une fois profs, ils pourront motiver tous les élèves, grâce à leur charisme. Chacun d’entre nous pourrait retenir un prof qui nous a marqué, mais c’était l’exception. Avant d’être des super profs, soyons déjà de bons profs, et pour ça, il y a des stratégies, des compétences qui s’apprennent…

Propos recueillis par
Didier CATTEAU

(1) VIAU, R., La motivation en contexte scolaire, 2e édition, éd. De Boeck, coll. Pratiques pédagogiques, 2009, p.12.

Pour en savoir plus

Appui-Motivation est « un site internet dédié aux intervenants du primaire et du secondaire qui désirent agir sur la motivation de leurs élèves ».  http://www.enseignement.be/index.php?page=25938&id=3703

L’Ufapec vient de publier trois analyses (7, 8 et 9, en 2010) relatives à la motivation, sous la plume de Marie-Noëlle Tenaerts, téléchargeables sur le site http://www.ufapec.be (onglet Nos analyses).

Le Congrès des chercheurs en éducation, en 2004, s’est penché notamment sur la question de la motivation. On lira le texte de la séance d’ouverture, par Rolland Viau (La motivation : condition au plaisir d’apprendre et d’enseigner en contexte scolaire) et celui de Thierry Huart, du Service de pédagogie expérimentale de l’Ulg (La motivation scolaire : évolution au cours du primaire et pistes d’intervention). http://bit.ly/bYZ5kl

Travailler l’estime de soi par l’autolouange

Formatrice après avoir enseigné les mathématiques dans une école en discrimination positive, Marie Milis promeut l’autolouange (1). Cette technique, héritée d’une tradition africaine, consiste à écrire sur soi, sur ses qualités, en les amplifiant, mais sans mentir. Après ce travail d’écriture vient la lecture, par chacun, de ses propres textes.

Expérimentée avec ses élèves (2), l’autolouange « n’est pas une technique presse-bouton : on ne peut pas imaginer une séance d’autolouange et puis s’en va… » Ce n’est qu’un de outils d’une « pédagogie de la rencontre qui permet de gagner la confiance, et de la garder… » Et ça marche ? La réponse vient d’une phrase d’un élève : « Avant, je croyais que l’école était faite pour me remplir. Maintenant, je sais que j’ai quelque chose à l’intérieur de moi, que je vais pouvoir utiliser… »

Arrivée en D+ après une licence en maths en Belgique et une maitrise en pédagogie aux États-Unis, l’enseignante a « transformé la classe en laboratoire », partant des propositions des élèves, dans un co-apprentissage fécond. Question de charisme ? Pas seulement. Pour Mme Milis, la confiance des élèves vient aussi de la place laissée à l’erreur et de sa posture d’adulte. « De plus en plus d’enfants sont formés à un accès facilité aux savoirs, mais il leur manque le discernement : ils attendent des adultes qu’ils leur disent comment discerner…» Et pour ça, il faut une relation vraie.

D. C.

(1) Dans le cadre de l’IFC (formation « Retrouver une estime de soi mobilisatrice par l'autolouange ») mais aussi de l’ASBL Initiations.http://www.initiations.be
(2)  Souviens-toi de ta noblesse. La pratique de l'autolouange ou l'accouchement du cœur, Le Grand Souffle Editions, Paris, 2008.

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