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Magazine PROF n°6

 

Focus 

Ces merveilleux fous dans leurs drôles de machines

Article publié le 01 / 06 / 2010.

L’Éco-Marathon de la Région wallonne confronte les écoles participantes à une situation professionnelle de pointe dans une course… à l’envers.

Dimanche 28 mars. Neuf heures. Vélodrome de Rebecq. Une ambulance de la Croix-Rouge sur le qui-vive est surprise par la sono : « On déplore deux abandons lors des essais. Hier, le véhicule de l’Écam a fait un tonneau. Il y a quelques minutes, celui de l’ULB a cassé son moteur ».

Au centre de l’anneau, sept équipes préparent leurs « drôles de machines ». Leur but ? Parcourir la plus grande distance avec une quantité d’énergie identique fournie au départ, soit 410 joules par véhicule. À décliner en fonction du type de motorisation. Contrainte supplémentaire : respecter une moyenne de 30 km/h à chaque tour de circuit. Il y a deux catégories de véhicules. Les « répliquats » ressemblent à une voiture de monsieur Toutlemonde. Les prototypes s’en écartent et s’ouvrent à la recherche. Mais tous doivent respecter des consignes de sécurité, comme par exemple la présence d’un klaxon de 85 décibels…

À la pointe

Bel Go est le team du lycée technique provincial Richard Stiévenart, à Hornu. Au milieu du stand, un prototype : septante kilos, trois mètres de long, trois roues sans suspension avec des pneus radiaux de compétition, un baquet sur lequel trône un casque intégral. «Nous l’avons créé en 1994, explique le sous-directeur, Jean-Marie Sévéan. Nous l’améliorons constamment. Avec le centre universitaire de Charleroi (Cunic), nous avions créé un plancher en nid d’abeille, puis un châssis en tubes de carbone. Cette année, nous voulons perdre vingt kilos avec un nouveau prototype autoportant, moulé grâce à une technique de création de meubles en carton. Pour le moteur, nous restons dans notre domaine : le diésel ».

Le but du jeu ? Parcourir la plus grande distance avec une quantité d’énergie identique fournie au départ.
Le but du jeu ? Parcourir la plus grande distance avec une quantité d’énergie identique fournie au départ.
© PROF/FWB

Trois professeurs (Angelo Scarfallote, Bertrand Casterman et Pasquale Ponziano) et une délégation de la 3e professionnelle mécanique garage complètent l’équipe. Un élève pilote, un second le soigne aux petits ognons, deux autres font de même avec la carrosserie... « Le projet s’ouvre à une vingtaine de volontaires, à partir de la 3e, explique M. Scarfallote, ce qui permet de passer le relai ». Avec des motivations diverses : Mohamed est attiré par les techniques de pointe, François par la création, Nolan par la possibilité de « chipoter » sur une machine, et Thierry parce qu’il s’instruit, même si les autres le charrient… à ce propos.

Schumi a testé le prototype !

La pédagogie active s’inscrit dans le projet d’école : « Comment faire mieux passer les compétences ? », commente M. Sévéan. Les élèves participent à tous les aspects du projet, intégré aux cours. « Nous lui réservons un local. Avec les directives du professeur d’atelier, les élèves de différentes classes travaillent en autonomie ou en tutorat ». Les unités de formation sont adaptables tant sur un véhicule que sur le prototype. Le projet accroche et stimule. « Nous roulons à Rebecq, mais aussi à l’Éco-marathon Shell en Allemagne, continue-t-il. Un jour, Michael Schumacher a essayé notre prototype. Imaginez la réaction des élèves ! »

Bel Go ouvre à d’autres réalités : vivre ensemble, sortir de chez soi. Une dimension encore plus présente pour l’un des élèves qui vit dans un home. Le projet incite aussi à communiquer – parfois dans d’autres langues – avec les autres équipes, avec les journalistes, voire même face à un auditoire, lors d’une séance d’information.

Le projet génère le partenariat. M. Sévéan : « Nous avons amélioré notre roue libre d’origine. Depuis, le fabricant a transformé sa production et nous sponsorise en pièces. Et pour la traction, un constructeur de moteurs diésel est venu de lui-même nous proposer un 230 cc capable de réagir aux multiples stop and go, ces lancements à des moments précis pour jouer ensuite sur l’erre ». Et si le projet soude une équipe, il crée aussi un autre rapport entre apprenant et enseignant. « Au cours, on garde ses distances ; en face à face, on revient très vite à l’esprit d’équipe ».

Des projets exigeants

Bel Go exige disponibilité et mobilité. Il faut d’ailleurs compter avec des abandons. Pour ceux qui tiennent bon, la mention sur leur CV d’un projet plaçant le jeune dans une situation professionnelle de pointe est un argument de poids.

Si l’Éco-marathon a compté jusqu’à dix équipes issues d’écoles secondaires du sud du pays, il n’en compte aujourd’hui que deux. L’école d’Arts et métiers d’Erquelinnes présente également un prototype depuis 1996. Son directeur, Éric Debacker, avance une explication : « Une telle démarche apporte de multiples avantages et permet aussi de l’interdisciplinarité. En allant en Allemagne, notre team visite un camp de concentration pour le professeur d’histoire-français, par exemple. Mais cette démarche est exigeante. Elle doit s’adapter aux contraintes scolaires en matière d’organisation, de programme et de mobilité. Le budget n’est pas une mince affaire. Et même si la direction de l’école soutient le projet, il faut encore des élèves intéressés et des enseignants passionnés. On n’en trouve pas partout ».

Patrick DELMÉE

 

Des véhicules écologiques

Philippe Deleener, journaliste et instituteur de formation, est un des organisateurs de l’Éco-marathon.

PROF : D’où vient cette idée ?
Philippe Deleneer
: Le concept d’Éco-Marathon est apparu en 1935 aux USA. Ma profession me l’a fait découvrir sur un circuit français. Je l’ai importé en 1994 au Bois de la Cambre et, depuis 2008, à Rebecq. Ce championnat, soutenu par la Région wallonne, compte chaque année trois courses à l’économie.

Des courses… à l’envers ?
Elles incitent à concevoir des véhicules écologiques, capables de couvrir la plus grande distance avec une quantité réduite d’énergie. Certaines équipes optent pour le thermique, mais nous incitons à choisir d’autres voies : électricité, bio-carburant, hydrogène, pile à combustible.

Un objectif pédagogique ?
La course place réellement les étudiants face aux impondérables techniques et demande des compétences d’organisation, de gestion, de communication, d’ouverture d’esprit,... Certains considèrent ces prototypes comme des jouets peu dignes de l’atelier, et je le déplore.

Qu’est-ce qui motive l’organisateur que vous êtes ?
Donner confiance aux jeunes dans un projet concret, pour qu’ils se révèlent à eux-mêmes.

Pa. D.

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