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Magazine PROF n°6

 

L'info 

L’école à l’hôpital ? Une source d’énergie

Article publié le 01 / 06 / 2010.

Passerelle entre plusieurs mondes, l’école à l’hôpital s’adapte en continu aux besoins spécifiques des jeunes patients.

Huitième étage des Cliniques universitaires Saint-Luc. Nous sommes à l’Escale, qui permet à tous les « voyageurs », malades de deux ans et demi à vingt-et-un ans, de reprendre souffle. Pour quelques jours, ou pour des dizaines de mois. Les enfants y viennent librement, en pantoufles et en pyjama si ça leur chante, en chaise roulante, ou avec leur baxter. Peu importe. Et ils peuvent en sortir si cela ne va pas.

Chaque cours est particulier…
Chaque cours est particulier…
© PROF/FWB/Jean-Michel Clajot

Au -3, le service d’hémato-oncologie pédiatrique dispose aussi d’une classe qui accueille les enfants en consultation ou en hôpital de jour. Mélange de légèreté –- on rentre chez soi – et de gravité – on annonce les diagnostics. À quelques pas, l’Entre 2 accueille des enfants de la maternelle à la fin du secondaire qui n’ont pas ou plus besoin d’être hospitalisés mais ne peuvent retourner dans leur école d’origine en raison de leur pathologie. Ils sont là de deux jours à un an. Si cela déborde parfois, cela ne peut être la règle…

Trois classes de la même école, qui illustrent la variété de l’enseignement de type 5 (1) et de son public, sans cesse mouvant. Les enseignants s’y adaptent à chaque besoin spécifique, en démarrant du projet de l’élève, avec pour but de le rendre plus autonome.

Des missions spécifiques

Ces enseignants sont administrativement comme les autres : même horaire, même statut. Les élèves restent inscrits dans leur école d’origine et ne viennent ici qu’avec l’accord d’un médecin. Un coordonnateur maintient régulièrement le contact entre les deux écoles.

Toutefois, le métier diffère. Notamment parce que l’école à l’hôpital, c’est une passerelle entre les réalités du tableau et du stéthoscope. Cécile de Wilde, coordinatrice pédagogique de l’Escale : « Tous les matins, nous recevons un feed-back des animatrices, interface entre les familles, les élèves, les infirmières, les médecins. Nous voyons une fois par semaine les blouses blanches. Elles nous forment à la maladie et aux procédures spécialisées. Nos cours participent à la thérapie. Avec le temps, nous avons construit une reconnaissance et une estime mutuelles ».

« Tous les jours, nous avons des élèves et des situations différents, inimaginables la veille », continue Mme de Wilde. En chambre, dans une classe commune ou dans des niches dédiées à chaque matière, l’enseignant est avant tout en accueil continu, petit prince devant le renard, pour mettre à jour son projet. Dans un cours quasi toujours particulier, il « raconte » une matière. Fort de ses préparations et de son expérience, il improvise énormément, utilisant la « pédagogie du détour ».

« Nous découvrons des matières par des projets », poursuit Mme de Wilde. Des exemples ? Entre 2007 et 2009, les élèves ont réalisé avec des partenaires européens une histoire multilingue interactive avec textes, images, sons et jeux. Disponible en ligne (2), on y retrouve leur vocabulaire quotidien en plusieurs langues. Tous les quinze jours, l’école édite un journal thématique… « Nous veillons à ce que chaque enfant s’intègre, quand il le veut, aux projets, qui peuvent nous aider à avoir un fil conducteur », commente l’institutrice, Caroline Laurent. Intégration d’autant plus difficile si le jeune ne connait pas le français, ce qui arrive fréquemment.

« Tous les jours, nous avons des situations et des élèves différents… »
« Tous les jours, nous avons des situations et des élèves différents… »
© PROF/FWB/Jean-Michel Clajot

Des règles à réapprendre

Et l’évaluation ? « Elle nous sert à blanc, note Christine Masschelein, professeure de sciences. Elle n’intervient qu’en fonction du stress et de la forme des enfants. Nous faisons passer les examens proposés par l’école d’origine, sans les corriger ».

Pour autant, cet enseignement n’est pas celui des enfants-rois. L’école à l’hôpital « ramène » aussi ses élèves et leurs parents vers l’école d’origine. Il rompt donc avec l’effet « couveuse » qui entoure le malade et lui passe tout. L’enseignant garantit les règles fixées entre partenaires. Murielle Lossy, coordinatrice de l’Entre 2 : « Nous construisons un contrat pour amener les parents, souvent en décrochage, à respecter une norme ».

L’école à l’hôpital a aussi ceci de particulier qu’on y côtoie davantage la mort. L’annonce d’un décès déchire l’équipe à chaque fois, d’autant plus que l’annonce, en général, surprend. Difficile d’avoir un outil général pour gérer le deuil... Chacun place donc ses limites et gère ses émotions. Dur, dur. Les uns vont à l’enterrement, d’autres écrivent une carte, certains sortent de l’hôpital pour souffler, d’autres encore retravaillent de suite. Pendant un moment, une pointe d’inquiétude en étreint plus d’un au moment de franchir la porte d’une chambre... Le pouvoir organisateur, conscient de cette difficulté, soutient toute demande d’aide individuelle. Malgré cela, les enseignants restent enthousiastes. Mme Masschelein : « Cela me motive d’ouvrir l’enfant au monde et à l’avenir, de lui donner sa place d’élève, malgré la maladie, dans une relation d’autant plus enrichissante qu’il est fragile ».

Patrick DELMÉE

(1) Très bien décrit par la circulaire 2282. Avec les coordonnées de toutes les écoles à l’hôpital. http://www.adm.cfwb.be
(2) http://www.ecoleescale.be

L’école participe à la thérapie

En avril 2007, lors de sa première hospitalisation, un professeur lui a parlé de l’Escale, qui fut pour Adèle « une bouffée d’oxygène pendant mes six semaines d’isolement ou mes septante jours en chambre stérile, après ma greffe ». Elle a réussi sa 5e secondaire, malgré le stress et la fatigue : « Je puisais mon énergie à l’école. Avec des enseignants capables de me prendre en fonction de mes humeurs : il y avait des hauts et beaucoup de bas. Et avec le soutien de mon école d’origine : mes professeurs m’ont donné des cours bénévolement  (1), mes copines me téléphonaient deux fois par jour  (2)». Adèle est aujourd’hui en 2e pharmacie.

Un lien avec l’école d’origine

Estelle, 14 ans, souffre de phobie scolaire. Après un premier passage à l’Entre 2, elle a rejoint sa 6e primaire. « Ma coordinatrice m’a amenée à expliquer mon projet à la direction, commente-t-elle. Elle a aussi parlé à mon instituteur et à la classe. Ils ont accepté ma différence ». Elle a obtenu son CEB. Mais face à la grande école, elle a replongé. « L’internat psychiatrique ne m’a pas aidée. De retour à l’Entre 2, je veux réussir mon année, revenir à l’école ordinaire. Ici, on ne pourra sans doute plus m’accueillir l’an prochain. » 

Pa. D.

(1) Quatre-cents enseignants de l’association L’école à l’hôpital et à domicile suivent bénévolement des enfants sortis de l’hôpital mais qui ne peuvent pas encore fréquenter l’école. http://www.ehd.be
(2) Parmi les aides possibles, il y a celles de l’ASBL Take-off, qui met à disposition du matériel informatique permettant de conserver un lien avec l’école d’origine, par le biais de la vidéoconférence. http://www.takeoff-asbl.be/

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