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Magazine PROF n°46

 


L'info 

Le cours de natation tombe souvent à l’eau

Article publié le 02 / 06 / 2020.

Dans l’enseignement secondaire, mais aussi dans le fondamental, le cours de natation occupe souvent une place discrète.
 

Les petits sacs colorés sont rangés dans les casiers. Plus pour longtemps. C’est l’heure de natation pour les bambins de cette école citadine. Chance : la piscine est proche ; tous les enfants peuvent s’y rendre chaque semaine et régulièrement, des parents volontaires accompagnant les enseignants.

Les Socles de compétences précisent que l’élève devra « adopter une attitude de sécurité en milieu aquatique ».
Les Socles de compétences précisent que l’élève devra « adopter une attitude de sécurité en milieu aquatique ».
© PROF/FWB - Olivier Papegnies

Un scénario idyllique. D’autres écoles ont renoncé à proposer un cours de natation aux élèves. Et pourtant, les règles sont claires. Dans l’enseignement primaire, deux périodes sont consacrées au cours de d’éducation physique (y compris la natation) assuré par un maitre spécial, dans l’horaire hebdomadaire des élèves (circulaires 7205 pour l'enseignement ordinaire, et 4271 pour le spécialisé, www.enseignement.be/circulaires).

Les Socles de compétences le précisent : l’élève devra « adopter une attitude de sécurité en milieu aquatique». Plus précisément, « pouvoir flotter, se propulser (au terme de la 2e année), nager en fin de 6e année primaire » et, à la fin du 1er degré du secondaire « nager 25 mètres dans un style correct. » (Téléchargeable via http://www.enseignement.be/index.php?page=24737&navi=295&rank_page=24737)

Par contre, aux 2e et 3e degrés du secondaire ordinaire, l’organisation de la natation dépend de la programmation des
activités par l’équipe des professeurs d’éducation physique. Aucune enquête ne chiffre la fréquentation des bassins par les élèves. Mais les inspecteurs des cours d’éducation physique sont unanimes : la natation, c’est le « parent pauvre du cours d’éducation physique ».

Trop peu de piscines

Pour quelles raisons ? D’abord, parce que la demande est bien supérieure à l’offre. Si la Wallonie compte 126 bassins, certains sont fermés ou en rénovation. Le Plan piscines 2014-2020 d’Infrasport (Service public de Wallonie) prévoit la création ou la rénovation de 33 bassins.

La capitale, elle, compte 25 piscines publiques. Un futur cadastre bruxellois des sports précisera l’offre et la demande, mais on sait déjà que certaines zones sont en carence : le centre, le bas de Molenbeek, Forest, Anderlecht… Une analyse effectuée en 2012 sur les taux d’occupation des piscines bruxelloises montrait une saturation complète de
la quasi-totalité des bassins aux heures scolaires (https://www.parlementfrancophone.brussels/documents/auditions-relatives-au-sport-annexe-5).

Et en avril 2020, Les piscines en région bruxelloise. État des lieux et pistes pour rencontrer les besoins des
bruxellois,
analyse publiée par perspectives.brussels, le Bureau bruxellois de la planification, signalait qu’« en moyenne, on dénombre un bassin de natation disponible pour 39 000 habitants », ce qui est « significativement plus d’habitants par bassin public qu’ailleurs en Belgique » (http://perspective.brussels/fr/enjeux-urbains/sport/les-piscines-en-region-bruxelloise-etat-des-lieux). Une future structure supra-communale sera créée pour développer de nouvelles infrastructures.

Les inspecteurs des cours d’éducation physique sont unanimes : la natation, c’est le « parent pauvre du cours d’éducation physique ».
Les inspecteurs des cours d’éducation physique sont unanimes : la natation, c’est le « parent pauvre du cours d’éducation physique ».
© PROF/FWB - Olivier Papegnies

D’autres écueils sont liés à l’organisation. Comme les frais demandés aux parents pour l’entrée et le déplacement, qui font partie des frais scolaires autorisés. Mais aussi le temps du transport et celui passé au vestiaire. Et, en corollaire, la rentabilité pédagogique d’une telle activité. « Même en empiétant sur la récréation, si l’on soustrait ces moments-là,
les élèves ne passent que vingt minutes dans l’eau »
, se plaignent des institutrices.

Accompagner et surveiller

S’ajoute la question de l’accompagnement et de la surveillance des élèves durant les trajets et au vestiaire. Un cours de natation n’est pas prévu dans l’enseignement maternel. Mais l’école peut le prévoir dans le cadre d’une activité éducative spécifique. Une institutrice, au moins, doit encadrer les enfants mais la direction de l’école peut prévoir un
encadrement complémentaire pour assurer la qualité des apprentissages et la sécurité.

Dans l’enseignement primaire, le pouvoir organisateur ou le directeur peut confier cette tâche aux titulaires ou aux maitres spéciaux. Si le cours de natation a lieu durant les cours et activités de l’élève, cette prestation fait partie des 24 périodes de cours des enseignants. Si le cours a lieu pendant la récréation, par exemple, cette surveillance doit être incluse dans la durée totale des prestations de cours, surveillances et concertation (1 560 minutes par semaine) demandées aux enseignants.

Directeur et PO peuvent confier cet encadrement des élèves à un éducateur ou à un accompagnateur (parent…) en lui précisant clairement sa mission. Ce qui précède concerne l’encadrement lors des trajets et au vestiaire. On lira par ailleurs (Garantir la sécurité des élèves) les directives qui concernent la surveillance des élèves durant le cours de natation.

Une dernière raison pousse certains élèves à ne pas se mouiller: les dispenses demandées par les élèves ou les parents pour des raisons diverses (personnelles, médicales, culturelles, religieuses…).

Si pouvoir nager est considéré comme une compétence essentielle, elle est souvent inapplicable à l’école. Les parents doivent donc compenser ce manque. Au risque évident de creuser l’inégalité entre les enfants.

Catherine MOREAU

Garantir la sécurité des élèves

Les enseignants accompagnant les élèves doivent-ils les surveiller durant le cours de natation ? La justice s’est déjà penchée sur la question.

La règle concerne toutes les piscines publiques, privées et scolaires : il faut garantir la sécurité des élèves. Cela suppose de ne pas confier un nombre déraisonnable d’élèves à un seul maitre spécial d’éducation physique : le maximum communément admis est de 15 non nageurs et de 25 nageurs.

Cela suppose aussi que l’enseignant ne peut pas simultanément donner le cours et surveiller le groupe d’élèves. Charger cet enseignant d’une mission irréalisable pourrait engager la responsabilité de la direction de l’école, voire de l’enseignant, en cas d’accident.

Alors, qui surveille ? Dans les piscines publiques, des sauveteurs et sauveteuses en sont chargés. Ils doivent avoir, selon la règlementation bruxelloise ou wallonne basée sur la profondeur d’eau, le brevet supérieur de sauvetage aquatique ou le brevet de base de sauvetage. Et s’entrainer au moins une fois par an aux méthodes de premiers soins, de réanimation et de sauvetage.

Cela suppose que, dans les bassins appartenant aux écoles, un autre adulte possédant les mêmes qualifications seconde le maitre spécial si celui-ci ne dispose pas du brevet de sauvetage.

Suffisant ? Tout dépend sans doute des circonstances, du nombre, du type d’élèves… Pour garantir leur sécurité « en bon père de famille », certains directeurs demandent aux titulaires de classes (dans les mêmes limites horaires que la  surveillance durant le trajet et aux vestiaires…) de veiller sur leur classe pendant le cours donné par le professeur d’éducation physique.

D’une manière plus générale, les circulaires qui abordent la surveillance (4237 pour le fondamental ordinaire, 4271 pour le maternel, primaire et secondaire spécialisé, www.enseignement.be/circulaires) le précisent : « Toute personne, et en particulier tout enseignant, qui serait placé dans une situation où un élève court un danger, devrait, selon ses capacités propres, prendre toute initiative de manière à faire cesser le danger. »

C. M.
 

Une affaire de motivation et de moyens

Des ingrédients essentiels dans l’enseignement fondamental : l’accès possible à une piscine, des moyens humains et financiers et la conviction qu’apprendre à nager est essentiel. Morceaux choisis.

À l’École fondamentale André Hecq, à Baulers, tous les élèves, dès la 3e maternelle, bénéficient de deux périodes de natation au sein de leur horaire, en complément des activités de psychomotricité ou du cours d’éducation physique. «Une volonté du PO (la Ville de Nivelles) de développer un projet propre à l’éducation physique, pour ses trois implantations (Baulers, Bornival et la Maillebotte) », explique la directrice, Cécile Englebienne.

« Pour intégrer ces périodes, l’horaire des élèves est passé de 28 à 30 périodes de cours hebdomadaires obligatoires en allongeant d’une période deux journées de classe. En section maternelle, l’activité est intégrée dans l’horaire des 28 périodes de cours. »

Pour organiser le cours de natation, il faut un accès à une piscine, des moyens (humains et financiers)... et la conviction qu’apprendre à nager est essentiel.
Pour organiser le cours de natation, il faut un accès à une piscine, des moyens (humains et financiers)... et la conviction qu’apprendre à nager est essentiel.
© PROF/FWB - Olivier Papegnies

Les parents paient le droit d’accès à la piscine, le PO le trajet vers la piscine nivelloise. Trois régents en éducation physique, sous contrat avec une ASBL partenaire, donnent le cours de natation aux élèves. Venus par groupes de deux classes, les enfants sont accompagnés par les titulaires, présentes pour assurer la discipline et rassurer les moins hardis. Une personne supplémentaire (engagée dans le cadre de l’Agence locale pour l’emploi) facilite l’habillage/déshabillage des petits de 3e maternelle.

La prise en charge du transport et de l’entrée à la piscine permet aussi aux élèves de Rumes, tous réseaux confondus(1), de se rendre à la piscine de Tournai toutes les deux semaines. Pour son école fondamentale, la Commune de Rumes a aussi engagé, sur fonds propres, un maitre spécial d’éducation physique (deux périodes). Il peut parfaire la technique des (déjà) bons nageurs ; les maitres-nageurs s’occupent des élèves débutants et une institutrice maternelle rejoint ses élèves dans l’eau.

Pouvoir nager, c’est essentiel

La Petite École dans la prairie, section fondamentale de l’Athénée royal d’Uccle 1, met l’accent sur l’apprentissage précoce. « Les élèves de 2e et 3e maternelles bénéficient de 24 périodes par an ; en primaire, ce sont 14 périodes, détaille
Christian De Weerdt, le directeur. Cela répondait au souhait de l’équipe pédagogique lors de la création du projet d’établissement. Pouvoir nager, c’est essentiel ! » Les parents paient l’entrée et le bus et l’école a engagé trois maitres-nageurs sur fonds propres.

Le souci d’agir de manière précoce a aussi déterminé l’organisation du cours au Collège Notre-Dame des Trois Vallées (implantation Saint-Augustin), à Genval. Le directeur, Étienne Balthazar : « Les élèves de 3e-4et de 5e-6e primaire se partagent le premier trimestre puis le reste de l’année est consacré à ceux de 1re et de 2e

« Pour l’apprentissage de la natation, les élèves sont encadrés par trois personnes : nous avons puisé dans le capital-période pour consacrer des périodes prévues pour l’adaptation et le soutien pédagogique à l’engagement d’un second maitre spécial d’éducation physique et d’une institutrice. Nous voulons assurer le B-A-BA en encourageant les parents à prendre le relai. »

Des résultats ? « À la fin de la 2e, un grand nombre d’enfants savent nager et en 5e, certains peuvent parcourir quinze à vingt longueurs », observe Adrian Toma, l’un des maitres spéciaux.

Rassurer les parents

Pour inciter les élèves, dès la 1re primaire, à se rendre à la piscine, à quelques minutes à pied, l’École primaire d’application Charles Buls, à Bruxelles, prend soin d’informer et de rassurer les familles. « Nous leur rappelons
l’obligation et l’importance d’apprendre à nager, explique la directrice Karima Mellouli. Nous leur expliquons que les enfants sont encadrés dans cet apprentissage selon leur niveau, pas selon leur âge. Et que la piscine n’autorise que des tenues vestimentaires classiques. Pour les distraits, nous disposons, à l’école, de maillots et bonnets disponibles. »

C.M.

(1) Au sujet des avantages sociaux, consulter http://www.enseignement.be/index.php?page=25539&navi=2647&rank_page=25539.

Plus varié, le cours de natation motive davantage

Pour motiver leurs élèves, les professeurs d’éducation physique du Centre scolaire Saint-Benoît-Saint-Servais, à Liège, leur proposent des cours de sauvetage aquatique et un projet permettant aux enfants de 3e maternelle de s’accoutumer à l’eau.

Au bord de la piscine, quelques élèves de 3e maternelle hésitent encore. Deux enfants, quittant les bras d’élèves de 6e secondaire, se décident à battre des jambes dans l’eau en s’accrochant à des tubes en mousse. Les plus hardis se bousculent pour monter sur un petit toboggan avant de dévaler dans le bassin dans une gerbe de gouttes.

« J’ai commencé à travailler avec ma collègue, Anne Lombard, qui regrettait que les petits de 3e maternelle fréquentaient peu la piscine, faute de parents pour seconder les enseignantes, explique Charlotte Laurent, professeure d’éducation physique. Je commence par sensibiliser mes élèves de 6e en leur expliquant en quoi consiste l’accoutumance à l’eau chez les enfants, quels en sont les enjeux et quelle est leur importance dans leur développement psychomoteur. Je leur propose
ensuite des idées de jeux et d’exercices. »

Pour ses élèves de 5e secondaire, l’enseignante consacre aussi deux périodes de six semaines à l’apprentissage du sauvetage aquatique : une période plus, technique et une autre axée sur des jeux de rôle. « Le cours de natation est ainsi plus varié ; cela motive davantage les élèves, ajoute Mme Laurent qui a vu plonger le taux d’absentéisme dans ses classes. Et les séances d’accoutumance à l’eau préparent les enfants de maternelle aux cours de natation qu’ils suivront en primaire. »

« Accompagner les petits dans l’eau, c’est bien plus amusant et plus motivant ; on peut leur apporter quelque chose », confirme Alice, en 6e secondaire. Et Ophélie d’ajouter : « C’est bénéfique pour nous comme pour eux : les petits apprennent à écouter, à se sentir en confiance avec des plus âgés. Et nous, nous devons exercer notre sens des responsabilités. Pas question de les quitter des yeux ! »

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