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Magazine PROF n°42

 


Droit de regard 

Une école qui chérirait le plaisir d’apprendre

Article publié le 07 / 06 / 2019.

Jérôme Colin, présentateur d’émissions radio et télé, papa de trois enfants (18, 16 et 15 ans), exerce ici son « droit de regard », sans concessions ni nuances…

Jérôme Colin rêve d’une école davantage en phase avec les préoccupations des jeunes et qui leur apprendrait à vivre ensemble.

Le monde a changé, pas les méthodes d’apprentissage
Le monde a changé, pas les méthodes d’apprentissage

PROF : Dans votre roman Le champ de bataille, vous dressez un portrait au vitriol de l’école.
Jérôme Colin : Au centre de ce roman, il y a des parents déboussolés par l’adolescence tumultueuse de leur fils de quinze ans. Cet adolescent se retrouve exclu de l’école et le directeur lui suggère une réorientation. C’est une expérience que j’ai vécue avec l’un de mes enfants à la fin des études primaires. Sa parole a été mise en doute ; il en est sorti démoli, dégouté…

Je suis scandalisé par la façon dont l’école se débarrasse parfois des élèves qui ne sont pas dans les rangs, dans la norme. Des enfants de 13-14 ans, en plein bouleversement, sont écartés, vus comme inaptes ou inadaptés. Pour eux comme pour les parents, c’est alors le parcours du combattant. 

Chaque année, les statistiques sont effrayantes. Il y a un taux record d’exclusions. Elles ont triplé en vingt ans. L’excuse, c’est qu’ils perturbent, dérangent les autres et qu’il faut relever le niveau des élèves belges francophones aux tests internationaux. 

Mais l’exclusion scolaire, c’est une forme de violence et un mauvais exemple donné aux jeunes ; cela ne les prépare pas à vivre dans une société qui accueille au lieu de rejeter. Elle est, j’en suis sûr, à la base des autres exclusions basées sur d’autres normes : origine, couleur de peau, caractéristiques physiques, orientation sexuelle … 

Des enseignants bienveillants et à l’écoute, il en existe ! Ils peuvent parfois remplacer des parents, peu présents ou trop impliqués affectivement…
Effectivement, j’en ai rencontré. Mes enfants aussi ont croisé leur chemin. Mais il suffit d’un ou deux enseignants toxiques pour casser un enfant. Les autres sont impuissants. Il faut viser l’excellence de tous les enseignants.

Vous plaidez donc, comme bien d’autres, pour une école inclusive.
Oui, totalement inclusive pour les enfants à besoins spécifiques, où aucun enfant n’est stigmatisé. Les structures d’accueil, il faut les mettre en place à l’intérieur de l’école, pas en dehors. L’école doit donner l’exemple, donner l’envie d’aller l’un vers l’autre, apprendre le vivre-ensemble.

Ce vivre ensemble, il se construit notamment dans des espaces de parole installé dans des classes (1).
Oui, mais malheureusement, cela n’existe pas partout. Globalement, l’école n’a pas changé depuis cinquante ans : elle juge toujours les enfants sur leur capacité à accepter son système hiérarchique, tête baissée.

L’école, vous la jugez donc inadaptée à notre époque ?
Tout à fait. On donne les cours à peu près comme du temps de l’école industrielle. Les élèves doivent tous suivre les mêmes cours et avancer à la même vitesse comme lorsqu’ils allaient à l’usine, il y a cent ans ! Et la seule manière de réussir, c’est la bonne note que l’on obtient après avoir docilement régurgité les matières. Cela marche pour les bons élèves mais pas pour tous et c’est injuste, voire cruel. Le monde a changé ; pas les méthodes d'apprentissage. 

Les sciences cognitives ont montré, notamment, que certains moments de la journée sont plus propices que d’autres aux apprentissages et l’école n’en tient pas compte. On sait aussi aujourd’hui que la capacité de concentration d’un être humain n’excède pas vingt-cinq minutes et que tous n’apprennent pas à la même vitesse.

De plus, on continue à faire ingurgiter des matières, des programmes qui sont loin des préoccupations des jeunes, qui n’ont pas de sens pour eux. Et cela sans faire des liens entre les matières. Pendant ce temps, les nouvelles technologies et leur usage se développent à toute allure. L’école prépare les jeunes à un monde qui n’existe déjà plus.

Quel modèle prônez-vous ?
Une école où l’on bouge - c’est essentiel pour les ados qui en ont besoin pour aérer leur cerveau. Avec davantage de sport, d’expression orale… Où on leur apprend à parler, à argumenter, à nuancer leurs propos. Je rêve d’une école qui, plutôt que de transmettre des savoirs, chérirait l’envie, le plaisir d’apprendre. D’autres systèmes éducatifs y parviennent.

Un exemple : plutôt que d’apprendre la théorie de la poésie, pourquoi ne pas faire sentir la beauté d’un poème ? Et inviter les élèves à partager des impressions, des sensations qui les relient ?

Il faut aussi multiplier les cours d’éducation à l’image. Il n’y a pas, ou si peu, de formation à ce décryptage alors que la vie des enfants et des ados en est saturée. Il faut leur apprendre à éviter que l’on prenne le pouvoir sur eux, à protéger leurs données personnelles sur les réseaux sociaux.

On vous reprochera sans doute de bien charger la barque…
Je le reconnais. Les enseignants font ce qu’ils peuvent, ils exercent un métier difficile. Personnellement, je ne m’y vois pas, je détesterais… Ce n’est pas ma vocation. Ma seule obsession dans mon métier, c’est de mettre les gens face à face et que cela les enrichisse. 

Ces savoirs, l’apprentissage de pratiques démocratiques…, c’est dans le Pacte pour un Enseignement d’excellence qui a mobilisé directeurs, enseignants… et parents.
Oui, il contient sûrement de très bonnes idées, mais c’est théorique. Et d’ici sa mise en œuvre complète l’horizon 2030, le monde aura encore bien évolué. C’est trop lent. Cela ne peut pas faire changer le paquebot !

Propos recueillis par
Catherine MOREAU

(1)  Lire « Construire un conseil coopératif et citoyen en classe » {lienexterne|http://www.age.enseignement.be/modules/magazine_prof/index.php?}mod=admin_prof_article_updt&act=read&ar_id=2778

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