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Magazine PROF n°42

 


Focus 

Construire un conseil coopératif et citoyen en classe

Article publié le 07 / 06 / 2019.

En 2018-2019, les Équipes mobiles ont aidé dix écoles à mettre en place un conseil coopératif et citoyen. Dont l’École communale des Marronniers, à Anderlecht.

Le conseil coopératif et citoyen est un espace de parole ritualisé et hebdomadaire. Il permet aux élèves de mettre en commun réussites, difficultés et échecs dans la vie de la classe, de réfléchir pour trouver consensus et solutions. Ces conseils sont un projet pilote du Pacte pour un Enseignement d’excellence, dans le but de renforcer la démocratie scolaire. (1) 

Le conseil coopératif et citoyen : un espace de parole hebdomadaire et ritualisé
Le conseil coopératif et citoyen : un espace de parole hebdomadaire et ritualisé
© PROF/FWB

Le Service des Équipes mobiles de la Fédération Wallonie-Bruxelles a aidé dix écoles fondamentales à mettre en place un tel conseil, en 2018-2018 (2). Dès la rentrée, il a informé l’équipe pédagogique et lui a proposé un exercice fictif, histoire d’entrer dans la peau des personnages.

Un cadre, des règles, un rituel

Nathalie Coulon et Vinciane Boulet, deux intervenantes de ce service, le précisaient à l’équipe pédagogique de l’École des Marronniers, à Anderlecht : installer un conseil de coopération nécessite qu’on en fixe d’abord le cadre : de quoi peut-on y parler ou pas ? Ensuite, il faut définir quelques règles simples, courtes, concrètes, réalistes et formulées de manière positive. Des règles que les élèves devront vivre et intégrer. 

Il faut, surtout, établir un rituel. Un modèle possible : lors de ce conseil, organisé à des moments et dans des lieux immuables, on traite l’un après l’autre les messages glissés dans trois boites aux lettres (des satisfactions, des problèmes et des projets), et exprimés sous la forme « je me sens content/triste/fâché... parce que… »

En cas de problème, les enfants concernés vont tenter de trouver ensemble une solution, au besoin avec la classe invitée à proposer des solutions. Et les projets sont expliqués puis approuvés ou non par vote. Au début de la séance suivante, on reviendra sur le suivi des projets et sur les problèmes résolus ou non : les engagements ont-ils été tenus ? A-t-on imaginé d’autres solutions ?

Si l’enseignant peut, lui aussi, exprimer satisfactions, problèmes et projets, il est aussi le garant des règles acceptées par le groupe et de celles de l’école : respect du programme, utilisation du GSM, par exemple. « C’est le capitaine du navire », résument les intervenantes. 

Sur cette base, les enseignants ont adapté le projet à leur classe. Dans les classes maternelles, ils apprennent aux enfants à exprimer et à mettre des mots sur les émotions. En 1re et en 2e primaire, des temps de parole hebdomadaires sont organisés sous des formes différentes : exprimer ce qui va et ce qui ne va pas en classe… Dans les autres classes, des conseils coopératifs et citoyens ont vu le jour..

Des réussites, des limites

Six mois plus tard, le conseil coopératif et citoyen montre ses réussites et ses limites. 

« Il permet de régler beaucoup de conflits, observe Ilhane El Filhali, institutrice en 6e primaire. Les enfants sont contents d’être entendus et de voir que des solutions peuvent être trouvées. Ils deviennent plus autonomes pour résoudre les problèmes sans passer par l’intervention d’un adulte ». Christelle Debauve, en 6e aussi, ajoute : « Ma classe était soudée ; elle l’est encore davantage et le conseil a fait naitre de nombreux projets ».

D’autres enseignants sont plus mitigés. « Si des compliments peuvent améliorer l’ambiance de la classe, comment éviter qu’ils s’adressent aux enfants les plus populaires, creusant l’écart avec d’autres, plus réservés, qui peuvent en souffrir », demandent certains, lors de la séance de supervision animée par les Équipes mobiles. 

Les enseignants le reconnaissent aussi : familiarisés dès les classes maternelles avec les espaces de parole, les élèves vont gagner en maturité au fil des années. Il faut laisser du temps au projet… 

Et le temps, c’est ce qu’il faut aussi pour organiser ce conseil. De l’énergie, aussi. « Pas sûre que je continuerai à ce rythme, conclut une enseignante. Pourquoi pas tous les quinze jours ? »

Plusieurs regrettent la place prise par les problèmes et conflits. « Tout y passe, sans tri, et cela revient et s’amplifie, parfois. Quand je supprimais cette boite, certaines semaines, mes élèves se disaient soulagés ». D’autres le soulignent : comment gérer le malaise d’un enfant qui entend révéler à toute la classe un problème personnel? « L’enseignant peut prendre connaissance au préalable du contenu de la boite, pour préparer certaines interventions avec un enfant, suggèrent Nathalie Coulon et Vinciane Boulet. À chaque enseignant d’adapter l’outil selon son ressenti et en fonction du climat de la classe. D’autant que pour chacune de ces problématiques, des pistes de solutions peuvent être élaborées avec les élèves ». 

Les projets mis en œuvre dans les dix écoles sont aussi évalués par un opérateur externe. Cela pourrait déboucher sur l’organisation de ces conseils dans l’enseignement fondamental voire dans le secondaire. 

Catherine MOREAU

(1)  Avis n°3 du groupe central du Pacte pour un Enseignement d’excellence, 7 mars 2017, p. 309.
http://www.pactedexcellence.be/wp-content/uploads/2017/04/PACTE-Avis3_versionfinale.pdf
(2)  La Circulaire 6575 précisait les objectifs de cette expérience pilote (http://www.enseignement.be/circulaires

Des gentillesses, des problèmes, des projets

Un vendredi comme les autres, en février. « Je déclare la séance ouverte » annonce Mohammed à la vingtaine d’élèves de 6e primaire et à l’institutrice Ilham El Filali, tous assis en cercle dans la classe.

© PROF/FWB

Ensuite, Ayoub lit les règles du conseil coopératif et citoyen hebdomadaire, affichées sur le mur : J’écoute l’autre sans l’interrompre et sans aparté ; je m’exprime sans paroles ou gestes qui font du mal à l’autre ; ce qui est dit ne sort pas de la classe.… 

L’exercice est rôdé. Tour à tour, d’autres élèves responsables distribueront les petits messages signés, glissés durant la semaine dans trois boites colorées et décorées, contenant les projets, les problèmes et les compliments.

Prenant le « bâton de parole », Christian se lance : « Je me sens bien parce que je suis dans une classe sympa », déclare-t-il, aussitôt applaudi par les autres enfants. 

Dans son message extrait de la boite des problèmes, Raduca se plaint : Alex a emprunté son effaceur sans son autorisation et lui a restitué détérioré. Pour le groupe appelé à la rescousse, la solution s’impose : Alex remplacera l’effaceur et prendra soin désormais de ne pas emprunter le matériel d’autrui sans autorisation.

Cosména, elle, se plaint de l’hygiène des toilettes : papier absent ou gaspillé, pas de savon… L’institutrice le rappelle : c’est un problème récurrent ; elle invite les élèves à établir une liste des problèmes liés à ces lieux et suggère que des duos d’enfants se relaient pour distribuer parcimonieusement le matériel nécessaire. L’organisation de cette tournante sera établie lors du prochain conseil 

Dans la classe voisine, en 6e également, on vient de vider la boite à projets. Amine suggère une distribution des bancs en îlots dans la classe. L’institutrice, Christelle Debauve, craignant que cela fasse croitre le bavardage, propose un essai d’une semaine à la rentrée. Une majorité d’élèves approuve ce projet. 

Yacoub, lui, propose de créer une mascotte.  « Construire quelque chose ensemble, pourquoi pas ? Mais dans quel but ? », réagit Mme Debauve. Yacoub tient bon et l’idée fait son chemin. « Ce serait bien pour l’esprit de classe ; cette mascotte nous accompagnerait pour le CEB », suggère un enfant. Benedita suggère même que chaque élève « apporte quelque chose de chez lui » pour créer la future mascotte. Gagné ! L’idée sera affinée l’après-midi au cours d’activités artistiques.

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