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Magazine PROF n°42

 


L'info 

Le travail des enseignants :
un trèfle à cinq feuilles

Article publié le 07 / 06 / 2019.

Le travail des enseignants ne se limite pas au temps passé en classe ! Un décret réaffirme cette évidence, clarifie les composantes de ce travail et apporte quelques changements.

Travail en classe avec les élèves, travail pour la classe, service à l’école et aux élèves, formation en cours de carrière et travail collaboratif : voilà, selon un décret qui s’appliquera dès la rentrée (1), les cinq composantes de la mission de tout enseignant dans le fondamental et le secondaire. Qu’est-ce que cela change ? Suivez le guide.

Dans le fondamental, la surveillance de la récréation fait partie du service à l’école et aux élèves.
Dans le fondamental, la surveillance de la récréation fait partie du service à l’école et aux élèves.
© PROF/FWB

Fini les heures de plage

Le travail en classe, ce sont les périodes de 50 minutes que l’enseignant preste chaque semaine face à ses élèves. Pas de changement dans les classes maternelles et primaires.

Par contre, dans le secondaire, la plage horaire sera supprimée : tous les enseignants travailleront à la plage la plus basse. Par exemple, 22 périodes (et non plus de 22 à 24) pour un enseignant de cours généraux, techniques et philosophiques au degré inférieur. Et 28 périodes (et non plus entre 30 et 33) pour les professeurs de pratique professionnelle.

Heures sup’ rémunérées

Un enseignant qui le souhaite pourra prester deux périodes au-delà d’un horaire complet, et jusqu’à six « périodes additionnelles rémunérées » pour éviter de scinder un cours.

S’il est nommé ou temporaire prioritaire, il aura la possibilité, par exemple, de remplacer un collègue absent. Dans le secondaire, le PO pourra demander à un enseignant, même temporaire non prioritaire, de prester des périodes additionnelles pour éviter de scinder le cours dont il est chargé.

Attention : ces périodes additionnelles rémunérées n’entreront pas en ligne de compte dans le calcul du pécule de vacances, de l’allocation de fin d'année ou du traitement différé (couvrant les jours de vacances pour les temporaires). Elles pourront être valorisées dans le calcul de l'ancienneté de fonction et de service mais ne permettront pas à un enseignant d’être nommé ou engagé définitivement au-delà d'une charge complète.

Préparer, corriger…

Le travail pour la classe, c’est le temps, difficilement chiffrable, passé à préparer des cours. À élaborer, corriger des épreuves d’évaluations… Mais aussi à gérer élèves et classes sur les plans administratif et pédagogique (en rédigeant le dossier d’accompagnement d’un élève, par exemple).

Nouveauté : les enseignants recevront avant le 31 décembre de chaque année une indemnisation de 100€, immunisée fiscalement, pour l'utilisation de leur outil informatique et de leur connexion internet privés à des fins professionnelles. Cela concerne aussi bien les temporaires que les définitifs qui ont travaillé durant au moins 90 jours dans l’enseignement au cours de l’année civile et ce avant le 30 novembre inclus. Cette indemnisation sera aussi accordée aux proviseurs, directeurs adjoints, coordonnateurs de CEFA, chefs d’atelier, chefs de travaux d’atelier, administrateurs, éducateurs-économes et secrétaires de direction.

Service à l'école et aux élèves

Cette troisième composante du travail des enseignants comporte des missions obligatoires et collectives.

Parmi les missions obligatoires : assister à des conseils de classe, à des réunions entre parents et professeurs, aux jurys de qualification ; participer, pendant les heures scolaires, aux activités socioculturelles et sportives en lien avec le projet d’établissement… Dans le fondamental, en particulier, c’est aussi surveiller des récréations.

Il existe aussi des missions collectives, confiées par le PO à des enseignants volontaires dans l’intérêt général. Par exemple, pour confectionner les horaires, coordonner les stages des élèves… Cela peut aussi être des missions dans le cadre de l’élaboration du plan de pilotage ou du contrat d'objectifs.

Encadrer les débutants

Le PO pourra, en particulier, demander à des enseignants expérimentés (avec quinze ans d’ancienneté) d’encadrer les débutants moyennant un horaire allégé de travail en classe. Dès le 1er septembre 2019, le PO pourra y consacrer 0,33 % du capital-périodes ou du NTPP. À partir du 1er  septembre 2021, ce pourcentage passera à 1%.

Se former en cours de carrière ?

Pour cette composante du travail des enseignants, rien ne changera : formation obligatoire (six demi-jours par an) et formation sur base volontaire.

Travailler ensemble

Voilà le gros changement. Les enseignants du fondamental et du secondaire qui ont un horaire complet consacreront 60 périodes par an à du travail collaboratif. De même que les puéricultrices, éducateurs, les accompagnateurs CEFA, le personnel paramédical, social et psychologique dans l'enseignement primaire ordinaire ou spécialisé. Sans oublier les proviseurs, directeurs adjoints, coordonnateurs de CEFA, chefs d’atelier, chefs de travaux d’atelier, administrateurs, éducateurs-économes et secrétaires de direction.

Si vous prestez à temps partiel, le volume de travail collaboratif sera proportionnellement réduit. Et si vous travaillez dans plusieurs écoles, il sera adapté en proportion de l’horaire face à la classe dans chaque école.

Ce travail collaboratif, c’est celui qui est mené lors des réunions des équipes pédagogiques et éducatives, notamment pour établir le diagnostic des forces et des faiblesses de l’école au moment de la réalisation du plan de pilotage. Ou celui qui est utilisé par les professeurs pour construire un projet, des pratiques de remédiation, faciliter la transition primaire secondaire des élèves… Un vade-mecum a été réalisé pour aider les équipes à le mettre en œuvre (2).

L’institut de la Formation en cours de Carrière proposera des formations au travail collaboratif durant l’année scolaire 2019-2020.

Mais pourquoi ce travail collaboratif ? Le Pacte pour un Enseignement d’excellence a prévu que dans chaque école, le plan de pilotage et le contrat d’objectifs soient co-construits et co-évalués par l’équipe éducative (3). Beaucoup de recherches ont montré que le travail collaboratif favorise la cohérence des apprentissages et des évaluations, favorise un bon climat de travail et crée une culture d’école autour d’un projet commun.

À chaque école de définir sa façon de contrôler cette composante du travail des enseignants. L’équipe éducative devra évaluer chaque année l’état avancement du plan de pilotage/contrat d’objectifs. Ce sera un bon moment pour « peser » la mise en œuvre du travail collaboratif dans l’école et son impact sur les résultats des élèves.

Catherine MOREAU

(1) https://www.gallilex.cfwb.be/fr/leg_res_02.php?ncda=46287&referant=l01
(2) http://www.pactedexcellence.be (> Le webmagazine)
(3) Pacte pour un Enseignement d’excellence, Avis n°3 du groupe central, axe stratégique 2. http://www.pactedexcellence.be

La dynamique est installée, les objectifs sont communs

Le travail collaboratif, une équipe d’enseignants de l’Institut d’enseignement technique Notre-Dame, à Charleroi, s’y est déjà rôdée en créant une communauté d’apprentissage professionnelle.

Les enseignants et l’éducateur du 2degré Techniques sociales et d’animation ont « pris le pouls » de chaque élève : quel est son projet professionnel ? Souhaite-t-il changer d’orientation ? A-t-il respecté les défis qu’il s’était fixés en décembre ?

L’équipe pédagogique du 2e degré Techniques sociales et d’animation a formé une communauté d’apprentissage professionnelle.
L’équipe pédagogique du 2e degré Techniques sociales et d’animation a formé une communauté d’apprentissage professionnelle.
© PROF/FWB

Puis, réunie dans un conseil consacré aux plans individuels d’apprentissage (PIA) précédant le conseil de classe, l’équipe prend le temps de comprendre, de nuancer. « Ici, on ne parle pas des résultats scolaires ; on considère chaque élève dans sa globalité et on partage nos perceptions », explique Xavier Piérard, professeur de mathématiques. « Nous l’avons constaté : cela aide certains jeunes à ne pas se contenter d’un J’y arrive pas, enchaine Valérie Golin, directrice adjointe. À se poser les bonnes questions de manière à identifier leurs difficultés et à adapter leur(s) comportement(s) pour les surmonter. »

Ce conseil PIA est l’une des retombées d’un projet de Communauté d’apprentissage professionnelle (CAP) construit par l’école sur le modèle d’une expérience rôdée dans des écoles de l’Ontario, au Canada (1).

Pour construire cette CAP, dix-huit enseignants de la section Techniques sociales et d’animation ont participé à un projet d’accrochage des jeunes Accrojump, financé par l’Union européenne, avec neuf autres écoles secondaires et CPMS de la région. Accompagnés par deux animatrices, ils ont appris à se connaitre, à comprendre le fonctionnement, les compétences, les pratiques pédagogiques de chacun.

« Cela a permis de souder l’équipe, de faire prendre conscience aux enseignants qu’en réunissant ces compétences, ils peuvent multiplier les moyens de chercher et de trouver les bonnes pratiques pour les situations pédagogiques qui les concernent », poursuit la directrice adjointe.

Depuis septembre, en autonomie, l’équipe a mis en place des projets : conseil PIA qui devrait s’étendre à toutes les sections ; parrainage personnalisé d’élèves en difficulté par des enseignants ; projet multidisciplinaire préparé par des professeurs qui a débouché sur la réalisation, par les élèves, d’animations spécifiques à destination des classes de 1re secondaire du Collège du Sacré-Cœur tout proche…

«  La dynamique est installée, les objectifs sont communs ; les décisions on les prend ensemble. Cela a créé au sein de l’équipe une vraie culture participative en phase avec le travail collaboratif demandé par le décret », assure Mme Golin. Reste qu’au niveau logistique, les choses ne sont pas simples : pour certains projets, il faut organiser l’encadrement des élèves. Et, à l’avenir, l'école devra structurellement permettre aux enseignants de consacrer le temps voulu à la collaboration. Un fameux défi ! »

(1) http://cap.ctreq.qc.ca

Une reconnaissance du travail accompli

Quelles réactions cette définition de la charge enseignante suscite-t-elle ? La parole à deux préfètes et à des responsables syndicaux.

La possibilité pour un enseignant volontaire de prester des périodes supplémentaires rémunérées ? Joëlle Grognet, préfète à l’Athénée royal Jean Tousseul, à Andenne, y réagit positivement. « Jusqu’à présent, en cas d’absence d’enseignants, ce sont toujours les mêmes collègues, en horaire parallèle à celui qui s'absente, qui sont sollicités. Le nouveau système me semble plus équitable. »

« Bien sûr, l’organisation pratique m’inquiète vu le nombre d’enseignants et la complexité des horaires. Mais je trouve que c'est un grand pas en avant, une certaine reconnaissance du travail accompli par l’enseignant souvent en sus de sa propre plage-horaire et jusque-là basé sur le dévouement et la reconnaissance morale du chef d'établissement. »

La préfète apprécie aussi la suppression des heures de plage pour introduire le travail collaboratif. « Reconnaitre ce travail accompli à l’école apportera certainement un peu de baume au cœur des enseignants. Actuellement, ils se sentent de plus en plus sollicités en dehors de leur plage-horaire. »

Des coaches de l’ombre

Enfin, Mme Grognet applaudit les moyens prévus pour confier des missions aux enseignants expérimentés, notamment encadrer des plus jeunes. « Je pense que l’enseignement est un secteur où l'on devrait être le plus ouvert aux autres. »

« L'obligation du travail collaboratif va dans le sens de l'échange, de la transmission pour le bien de la formation des enfants. Les heures passées à préparer soigneusement des cours valent la peine qu'on les confie à des débutants et surtout qu'on accompagne ces nouveaux venus dans la découverte de leur métier. »

« Nos professeurs, en fin de carrière, ont besoin de lever le pied dans la gestion des classes, qui requiert un dynamisme et une énergie qui s'étiolent quelque peu. Qu'ils soient des coaches de l'ombre leur permet de rester utiles mais aussi de garder la reconnaissance de leurs pairs. » 

Ni surprise ni effroi

Nathalie Denil, directrice de la section fondamentale de l’Athénée royal de Gembloux, a présenté le décret à son équipe pédagogique. Le travail collaboratif obligatoire ? « Il n’a suscité ni surprise ni effroi. Les soixante périodes, on joue avec depuis plusieurs années déjà. J’ai pris le pli de fixer un temps de concertation hebdomadaire après la journée de cours, notamment pour élaborer le plan de pilotage/contrat d’objectifs. C’est une belle occasion de débattre et de faire circuler l’information dans l’équipe. »

« Par contre, la possibilité pour les enseignants de prester des périodes additionnelles rémunérées pour, par exemple, assurer le suivi des cours d’un collègue absent, a suscité des regrets (Pourquoi est-ce réservé aux enseignants nommés ou temporaires prioritaires ?), poursuit la directrice. Et surtout des questions : si on comprend bien les possibilités que cela ouvre dans le secondaire, comment organiser cela dans le fondamental où les enseignants prestent généralement des journées entières ?

C. M.

Syndicats : oui, mais…

Pour Joseph Thonon, président communautaire de la CGSP-Enseignement, « proposer aux enseignants de prester au-delà d’un horaire complet peut pallier la pénurie et éviter le travail bénévole parfois demandé pour dédoubler une classe, par exemple. J’apprécie aussi la possibilité offerte aux enseignants expérimentés de bénéficier d’un horaire allégé face aux classes pour assurer certaines tâches. Même si je déplore que trop peu de moyens soient dégagés pour cela. »

À propos du travail collaboratif, des craintes demeurent. « Dans le secondaire, cela va augmenter la charge d’enseignants travaillant déjà à la plage minimum, poursuit M. Thonon.

Masanka Tshimanga, présidente communautaire SLFP, ajoute : « Les enseignants qui auront atteint le quota annuel pourront-ils dire stop ? Il y a fort à parier qu’engagés dans un projet, ils voudront aller jusqu’au bout. Et comment les maitres spéciaux travaillant dans plusieurs écoles s’organiseront-ils pour effectuer ce travail collaboratif ? »

Eugène Ernst, secrétaire général de la CSC-Enseignement, pointe aussi le service à l’école. « Je crains que certains PO ne rendent obligatoires certaines tâches (fancy-fair, portes ouvertes…) en dehors de l’horaire scolaire. Cela doit rester du travail sur base volontaire sous peine de dévalorisation du métier. »

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