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Magazine PROF n°41

 


L'info 

Comment mettre
le bruit en sourdine ?

Article publié le 03 / 04 / 2019.

Le bruit est omniprésent à l’école. Que faire quand il devient nuisible ? On lira dans ces quatre pages que les solutions passent par des actions des enseignants et des élèves et/ou par des aménagements.

Une porte qui claque, des M’sieur, m’sieur emballés et répétés, des rires d’enfants, la sonnerie, les jeux des plus jeunes dans la cour, les entrées et sorties des classes, l’animation du réfectoire, le ronronnement du distributeur de boissons…

Le bruit, invisible, inodore, incolore, peut devenir nuisance.
Le bruit, invisible, inodore, incolore, peut devenir nuisance.
© Fotolia / Aaron Amat

Des signes quotidiens de la vie débordante d’une école. Où le bruit, invisible, inodore, incolore, peut devenir nuisance. Ses sources peuvent être extérieures à l’école (trafic routier, aérien, chantiers en cours…) ou inhérentes à l’activité scolaire.

Les nuisances sonores peuvent être provoquées par le comportement des occupants : bavardages, chute de matériel, bruit des chaises… Elles peuvent aussi être accentuées par l’aménagement de l’espace ou de l’horaire : des cours en même temps que les récréations ou les repas au réfectoire, par exemple. Des matériaux peu absorbants peuvent également réverbérer l’énergie sonore.

Au total, un sacré boucan, parfois ! Quantifiable ? Le service Données bruit de Bruxelles Environnement a effectué des mesures dans treie écoles (notre infographie). L’enquête de l’Observatoire de l’enfant de la Commission communautaire française, effectuée sur le temps de midi dans quatre écoles bruxelloises en 2016, pointe même des niveaux sonores allant jusqu’à 102 dB(A) (1) dans des réfectoires (2).

Des valeurs guides

Il existe des valeurs guides spécifiques aux écoles. L’Organisation Mondiale de la Santé recommande que le niveau sonore de fond ne dépasse pas 35 dB(A) pendant les cours afin de pouvoir entendre et comprendre les messages parlés. Et 30 dB(A) pendant la sieste des tout petits pour éviter des perturbations du sommeil (3).

Ces valeurs constituent un idéal à atteindre sur le long terme. Bruxelles Environnement propose des valeurs de référence plus réalistes : un bruit ambiant global de 65 dB(A) au maximum en classe pour garantir une bonne compréhension et maintenir l’attention des élèves, un bruit de fond de 50 dB(A) qui n’oblige pas l’enseignant à hausser la voix. Et, dans le réfectoire, un bruit ambiant global de 75 dB(A) pour que les élèves puissent converser entre eux sans élever excessivement la voix.

Des effets néfastes pour les élèves

Trop de bruit à l’école, c’est grave, docteur ? Chez les jeunes comme chez les adultes, le danger de l’exposition au bruit dépend du niveau sonore et de la durée d’exposition. La perception et la résistance au bruit sont propres à chaque personne et la gêne ressentie dépend du niveau sonore mais aussi de l’état de fatigue, du moral, du moment de la journée.

Mais des études indiquent des liens entre le bruit - information parasite que le cerveau doit traiter et filtrer pour laisser la placer à l’information utile - et la santé. Elles observent des effets néfastes sur l’audition, sur la fatigue et sur le stress, ce qui peut produire une baisse de la capacité à exécuter des tâches cognitives (apprentissage, tâches complexes, résolution de problèmes) et une baisse de la concentration, voire des troubles du comportement (agressivité) (4).

Associés à une équipe finlandaise, des chercheurs de l'ULB ont montré que le cerveau des enfants perd plus rapidement que celui des adultes  la capacité de suivre le rythme des mots et des phrases au fur et à mesure que l'intensité du bruit de fond augmente (5).

Une mauvaise acoustique du local force aussi l’enseignant à élever le ton, à forcer la voix pour se faire entendre. Avec des conséquences observées : fatigue, manque d’énergie… Voire des troubles auditifs et la dysphonie, détérioration du timbre de la voix qui devient rauque, cassée à cause de l’altération des cordes vocales (6). Une pathologie reconnue comme maladie professionnelle.

Catherine MOREAU

(1) Le décibel (dB) est l’unité d’intensité sonore. Mais comme l’oreille humaine ne perçoit pas toutes les fréquences sonores de la même manière, les sonomètres sont programmés pour mesurer les sons en dB(A) pour être au plus proche de notre ressenti.
(2) Enquête sur le temps de midi dans les établissements de l’enseignement fondamental ordinaire de la région bruxelloise, p.11.
http://www.grandirabruxelles.be/index.php/56-2/rapports
(3) P. 47.
http://www.afpssu.com/dossier/le-bruit
(4) ROZEC C., Le bruit à l’école : enjeux sanitaires, incidences sur l’apprentissage
http://www.afpssu.com/dossier/le-bruit
(5) http://www.jneurosci.org/content/early/2019/02/11/JNEUROSCI.1732-18.2019
(6) Lire le dossier Quand les cordes vocales trinquent dans PROF
http://www.enseignement.be/index.php?page=27203&id=1231

 

Réduire le niveau sonore et la résonance : deux fers au feu

Réduire le bruit, c’est un objectif présent dans des projets de rénovation et de construction de bâtiments scolaires.

En septembre, les élèves et enseignants de l’École communale du Val, à Vaux-sous-Chèvremont, ont étrenné une salle polyvalente toute neuve, qui a bénéficié d’une subvention du Service général des Infrastructures scolaires subventionnées, dans le cadre du Programme prioritaire des travaux.

Dans la salle polyvalente de l’École communale du Val, des matériaux absorbants diminuent la résonance.
Dans la salle polyvalente de l’École communale du Val, des matériaux absorbants diminuent la résonance.
© Alain Janssens

Une attention particulière a été accordée au choix de matériaux absorbants pour limiter la réverbération des ondes sonores. « Pour les murs, nous avons utilisé des blocs apparents avec de nombreux petits vides. Et pour la toiture des tôles perforées absorbant ces ondes qui sont ensuite amorties dans une mousse souple, explique l’architecte, Daniel Delgoffe.

« Des parois en blocs de béton réduisent les bruits entre les locaux et avec le monde extérieur ; les portes sont pourvues de joints souples qui assurent un contact entre les parties du châssis ; et la qualité des menuiseries a été soignée. En outre, la salle est séparée des classes par la zone de circulation, les vestiaires et un local technique ».

Cette nouvelle construction respecte les recommandations de la norme (1) en vigueur pour l’isolation des parois, sols et façades par rapport aux bruits aériens, aux bruits de choc, au temps de réverbération dans certains locaux et au bruit des équipements techniques. Cette norme peut être rendue obligatoire si elle est mentionnée dans le cahier des charges lors de la construction ou la rénovation de bâtiments.

Olivier Doyen, coordinateur technique au Service général des Infrastructures scolaires de la Fédération Wallonie-Bruxelles : « Pour nos bâtiments scolaires, nous intégrons le respect de la norme aux clauses techniques des marchés de services. Entre autres, lorsque l’on remplace des châssis, on veille à placer des vitres laissant passer 35 à 45 décibels au maximum ; les nouveaux faux plafonds et cloisons intègrent des dalles à absorption acoustique renforcée ; dans les classes maternelles et primaires, le carrelage est remplacé par du lino… »

Ajoutons que le futur plan QUIET.BRUSSELS du Gouvernement bruxellois prévoit de soutenir des audits préalables et des travaux d’insonorisation dans des écoles de la capitale. Et que Bruxelles Environnement a réalisé des fiches-conseils, transposables à toutes les écoles, avec des pistes techniques pour différents espaces de l’école : réfectoires et préaux fermés, classes, espaces de circulation et locaux techniques… (2).

(1) https://environnement.brussels/sites/default/files/user_files/pres_20141204_bruit_ecoles_norme.pdf
(2) Vademecum du bruit dans les écoles
https://environnement.brussels/thematiques/bruit/lecole/confort-acoustique-dans-les-ecoles

La chasse aux décibels est lancée

Réduire les nuisances sonores passe aussi par la sensibilisation des élèves. Focus sur quelques projets bruxellois.

La classe de 5e-6primaire de l’Institut de l’Assomption (implantation Sainte-Thérèse), à Boitsfort, participe à un projet de réduction du bruit à l’école proposé par Bruxelles Environnement et animé par l’ASLB Empreintes. « D’abord, l’animateur nous a posé des questions. Par exemple Pourquoi a-t-on l’impression que l’on chante mieux dans la salle de bain ?, commence Thibaut. C’est parce que le carrelage sur les murs réverbère les sons ».

© Fotolia / Xavier Gallego Morel

Le projet de lutte contre le bruit a pris racine dans un terreau favorable : depuis quelques années, cette école fondamentale sensibilise ses élèves à la protection de l’environnement avec le soutien de l’ASBL Coren. Cela a débouché sur des réalisations concrètes : installation de toilettes sèches, distribution de collations saines aux enfants…. Elles lui ont permis de décrocher le label Eco-schools récompensant les écoles durables (1).

Dans la foulée, quatre enseignants et la directrice, Bernadette Stevens, ont suivi la formation Agis-sons et formé un écoteam avec l’objectif de lancer des projets pour réduire le bruit dans l’école et de les diffuser à l’ensemble de l’équipe éducative.

D’abord sensibilisés aux sons et à l’échelle des bruits dans le cadre de l’animation Agis-sons, les élèves de 5e et de 6e ont dressé le plan de l’école puis réalisé un bilan sonore dans les différents espaces. À partir de leur ressenti personnel, puis en utilisant un sonomètre.

« Nous avons mesuré entre 30 et 80 décibels dans les classes et 88 dans la salle de gym, ce qui est bien trop », explique Alice. L’institutrice, Anouchka Collet, ajoute que les élèves vont effectuer d’autres mesures dans l’ensemble de l’école, les traduire en moyennes et en graphiques, et sensibiliser les autres classes par des affiches ou une vidéo.

Et puisque l’école bénéficiera de travaux de rénovation, les élèves imaginent déjà faire recouvrir les murs des locaux bruyants avec des matériaux plus absorbants. En attendant, des quatuors d’élèves endossent chaque semaine à tour de rôle l’habit de « responsables du bruit ».

Un code gestuel, un coin calme…

Depuis que les enfants de 2primaire ont assisté à l’animation spectacle Décibelle et Groboucan, les marionnettes homonymes servent de repère visuel de l’ambiance sonore souhaitée en classe. Mais l’institutrice a aussi créé un éventail de rituels : jeux de rythmes qui se complexifient au cours de l'année ; code gestuel pour certaines situations récurrentes (quand un enfant demande à se rendre aux toilettes, réclame du matériel…) ; échelle de couleurs précisant le niveau sonore accepté selon les activités ; possibilité d’utiliser un casque ; aménagement d’un coin calme où les enfants peuvent lire, se reposer…

Dans la classe de 3maternelle de Myriam Senesael et Philippine Terlinden, les « chuchoteurs » persévérants peuvent décrocher une médaille.

Des projets émanant des élèves

Dans l’enseignement secondaire, les projets ainsi accompagnés ne se bousculent pas. Mais à l’Institut Reine Fabiola, à Etterbeek, Charlotte Van Asbroeck, professeure de français, et Alice Tondeur, qui enseigne la psychologie, ont choisi de sensibiliser les volontaires au bruit lors de quatre journées d’ateliers thématiques divers proposés aux élèves de la 3e à la 7secondaire.

« Dans notre école, faute de cour de récréation, les couloirs et réfectoire sont très bruyants, expliquent-elles. Sensibilisés aux sons, notamment à l’utilisation prudente des baladeurs, par l’ASBL Empreintes, les élèves ont élaboré des projets : visiter La Monnaie et un studio d’enregistrement... Ils ont récolté des balles de tennis pour chausser les chaises dans quelques locaux. Ils envisagent de faire changer la sonnerie, de réaliser une fresque et de sensibiliser les élèves de la section puéricultrice aide familiales. Lors d´une journée de partage et de découvertes, ils présenteront l’aboutissement de leur projet aux autres élèves ».

Les projets de lutte contre le bruit peuvent déboucher sur des aménagements durables. Il y a quelques années, Vincent Stefanutti, instituteur à l’École annexée de l’Athénée Gatti de Gamond, à Bruxelles, a réalisé avec ses élèves une exposition Agis-sons, récompensée lors du Bubble Festival (2). Dans la foulée, il a créé dans l’école une salle Décibelle, bulle d'apaisement et de relaxation avec rideaux, coussins, tapis, qui accueille chaque jour après le diner une quinzaine d’enfants encadrés par un enseignant.

(1) https://environnement.brussels/thematiques/ville-durable/leducation-lenvironnement/labellisation/le-label-eco-schools/quest-ce-que
(2) Le Bubble Festival réunit des écoles bruxelloises actives dans la protection de l’environnement.
http://www.bubble.brussels/festival2019/

Pour ralentir le bruit qui court

Placer des balles de tennis au pied des chaises réduit les bruits de la classe.
Placer des balles de tennis au pied des chaises réduit les bruits de la classe.
© PROF/FWB

Dans la classe

Placer des balles de tennis au pied des chaises ; poser des tentures, placer de la feutrine sur le rebord des bancs à clapet et, sur les murs, des matériaux absorbants (liège, textile…).
Organiser les espaces pour réduire cris et déplacements.

Dans le réfectoire

Recouvrir les tables de sets ou de nappes épaisses ; organiser différents services pour diminuer le nombre d’élèves présents en même temps ; préférer des petites tables de 6 à 8 personnes aux grandes tablées ; compartimenter l’espace avec des bacs de plantes ; organiser une récréation 10 à 15 minutes avant le repas pour permettre aux enfants de se défouler ; élaborer avec les élèves une charte des comportements pour y réduire le bruit.

Et encore

Remplacer la sonnerie par un haut-parleur diffusant de la musique ; placer les équipements techniques (distributeur de boissons, réfrigérateur…) à un endroit où ils ne génèrent pas de nuisances.

Des outils, des formations

● En région bruxelloise, une dizaine d’écoles reçoivent chaque année un accompagnement gratuit de l’ASBL Empreintes pour mener un projet Agis’sons ! Cette offre s’inscrit dans l’offre éducative proposée par Bruxelles Environnement (http://www.environnement.brussels/school). Outre cet accompagnement, Bruxelles environnement propose aussi une formation d’une journée. L’ASBL Empreintes propose les mêmes services aux écoles wallonnes moyennant paiement (http://www.empreintes.be).

http://www.bruitalecole.be contient des idées d’actions, des outils disponibles en prêt (sonomètre, jeu L’Odyssée des sons …), une sélection d’ouvrages et L’environnement sonore à l’école, Agis-Sons !, dossier pédagogique pour l’enseignement fondamental réalisé en collaboration avec Bruxelles Environnement.

● Le Service Écoles de Perspective.Brussels a consacré au bruit un chapitre de son Guide pour l’enseignement fondamental Mon école, un espace de qualité. On y trouve des questions à se poser, des précisions sur les normes, des propositions d’actions…
http://perspective.brussels/fr/plans-reglements-et-guides/guides-pratiques/guide-pour-lenseignement-fondamental-mon-ecole-un-espace

http://www.reseau-idee.be (onglet outils pédagogiques) propose un moteur de recherche menant vers des ressources sur le bruit. Le Réseau y a aussi consacré le dossier « Silence, on écoute » (n°60) dans la revue Symbioses.

Voyage au pays des sons, de l’ASBL Hypothèse propose des séquences d’apprentissage de la 2maternelle à la 6primaire sur le thème du son http://www.hypothese.be (> Diffuser > brochures téléchargeables).

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