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Magazine PROF n°37

 

Libres propros 

Jean-Pierre Hubin : « Mon travail, c’était la recherche des meilleurs équilibres garantissant l’intérêt général »

Article publié le 30 / 03 / 2018.

Jean-Pierre Hubin quitte ses fonctions après quinze ans à la tête de l’Administration de l’Enseignement et donc de la Commission de Pilotage.

À la tête de l’Enseignement depuis 2001, Jean-Pierre Hubin a vécu une période marquée par la montée en puissance du pilotage inter-réseaux de notre système éducatif.

PROF : Quelles évolutions avez-vous vécues ?
Jean-Pierre Hubin : Quand je suis arrivé à la tête de l’Agers (NDLR : devenue Administration générale de l’Enseignement), on sortait du décret Missions (1997). J’ai donc mis en place les instruments du pilotage du système éducatif tels que la Commission de pilotage (COPI), la nouvelle organisation du Service général du Pilotage, l’Institut de la Formation en cours de Carrière et, quelques années plus tard, la réforme de l’Inspection et du Conseil pédagogique.

Auparavant, on ne pilotait pas l’enseignement ?
Il y avait essentiellement de la règlementation, mais on ne pilotait pas réellement l’enseignement en ce sens qu’il y avait peu de décisions se fondant sur des éléments objectivables concernant le système éducatif. Pas d’indicateurs. Pas de rapport général de l’Inspection. Pas de systématisation de l’exploitation des recherches en éducation. Pas de rapport concernant les formations en cours de carrière interréseaux…

Cette série d’éléments a permis, au niveau de la COPI, de mettre en place et d'exploiter tout un système d’informations, pour faire au Gouvernement des propositions d’amélioration du système éducatif.

Admis à la pension, Jean-Pierre Hubin a dirigé l'Administration générale de l'Enseignement de 2001 à 2018, après avoir entamé sa carrière à la Fonction publique (au Fédéral et à la Communauté française), avec un passage à l'Aide à la Jeunesse.
Admis à la pension, Jean-Pierre Hubin a dirigé l'Administration générale de l'Enseignement de 2001 à 2018, après avoir entamé sa carrière à la Fonction publique (au Fédéral et à la Communauté française), avec un passage à l'Aide à la Jeunesse.
© PROF/AGE-Service Com

C’était une volonté de la Communauté française ou était-on poussé dans le dos par l’extérieur ?
Bien entendu, il y avait toutes les comparaisons internationales, et on voyait effectivement qu’un système éducatif, comme tout système d’ailleurs, devait se doter d’un pilotage digne de ce nom. 

Le contexte plus particulier à la Communauté française est que dès la fin des années ’90, il était question de mettre en place une politique inter-réseaux qui allait plus loin que simplement réguler les statuts et le paiement du personnel ou la façon de calculer les dotations ou subventions de fonctionnement.

Le climat était-il serein ou méfiant ?
C’était un climat de méfiance constructive. Tout le monde regardait l’autre un peu en chien de faïence en se demandant comment il allait se positionner. Il y avait, de la part et fédérations de pouvoirs organisateurs, une grande méfiance par rapport à leur autonomie, celle-ci se fondant essentiellement sur la liberté pédagogique. Chaque fois qu’on abordait des sujets qui pouvaient avoir ne fût-ce qu’une influence là-dessus, il y avait des résistances.

Mais constructive aussi parce que les acteurs étaient encore - au tout début en tout cas - les co-auteurs du décret Missions, qui avait fait l’unanimité, au Parlement également. On était sur cet élan-là et il y avait des personnalités fortes qui arrivaient à aboutir à des compromis.

Et par la suite ?
La volonté de piloter le système éducatif de façon commune est toujours restée, mais en demeurant sur le mode de la représentation, les acteurs disant qu’ils devaient retourner vers leurs instances… Il n’y avait pas souvent quelqu’un qui pouvait transcender les intérêts de son groupe au bénéfice de l’intérêt général.

L’intérêt général était alors un peu la moyenne de toutes ces positions. Il fallait dégager des compromis, et c’était mon travail. Parfois c’était simple, parfois plus complexe. J’avais l’habitude de dire que malheureusement le compromis se faisait sur le plus petit commun dénominateur…

C’était exaltant ou difficile ?
Difficile, mais exaltant. Je garde un très bon souvenir de ça…

Pourtant vous n’étiez pas à priori destiné à l’enseignement…
Je n’y étais pas du tout destiné. En ayant beaucoup de membres de ma famille dans l’enseignement, je m’étais dit que c’est un secteur que je n’aborderais sans doute pas. Les choses se sont passées autrement…

J’ai trouvé le secteur passionnant, avec des défis extraordinaires. Mais je pense qu’il n’est pas nécessaire d’être fin connaisseur de l’enseignement pour le diriger. Ce sont plutôt des qualités de type managérial dont il faut disposer. J’avais quand même pu exercer celles-ci dans différentes fonctions, ainsi que mon sens de la négociation et de la volonté d’aboutir à des compromis, par mon travail au sein de cabinets, à la présidence du Comité de Secteur XVII (NDLR : lieu de la négociation et concertation sociale du ministère de la FWB), ou comme ancien délégué syndical.

Sur le pilotage, avec le Pacte, on semble changer de direction, non ?
Effectivement, le système actuel a montré des limites. Selon moi la plus essentielle est qu’on essayait de régler les choses via des décrets et puis on constatait que ce qu’on voulait mettre en place ne percolait pas au niveau des établissements scolaires.

Cette réflexion a montré qu’on doit travailler de beaucoup plus près avec les écoles, avec les chefs d’établissement et les équipes pédagogiques. On a fait cette expérience avec le projet Décolâge ! (lire en pages 4 à 7), qui consiste à aider les établissements à prendre en compte les directives de pilotage, mais à voir comment ils peuvent les mettre concrètement en place. Et on voit que ça mobilise énormément d’énergie !

Tout cela fait qu’aujourd’hui, dans le cadre du Pacte pour un Enseignement d’excellence, on revoit le pilotage. On veut garder un pouvoir régulateur digne de ce nom, mais passer à un pilotage par les établissements scolaires. Avoir des objectifs communs déclinés au niveau des établissements, ceux-ci ajoutant des objectifs qui leur sont propres.

La recherche indique que l’élément déterminant, c’est l’enseignant, dans sa classe. Or, on modifie les structures, l’organisation...
C’est une question assez complexe. Il y a toute la problématique de la formation initiale, de l’accrochage de la formation continuée, de l’accompagnement des enseignants débutants. Et cela ne doit pas s’arrêter quand l’enseignant est nommé ou désigné : il y a un effort à faire afin que tous les chefs d’établissement acquièrent des capacités managériales. Il faudra aussi plus que probablement renforcer certaines équipes de direction pour assurer un encadrement de qualité aux enseignants et leur permettre de s’épanouir dans le métier.

On ne peut pas dire que ce chantier ait beaucoup avancé…
Non, c’est vrai. C’est maintenant que, dans la foulée du Pacte et de la réforme de la formation initiale, il devrait avancer sensiblement.

Si vous aviez une baguette magique ?
Si je pouvais donner un souffle à chaque enseignant. Lui permettre de voir le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide ; de mettre l’élève au centre. C’est à mon sens ce qui caractérise un enseignant de qualité : se consacrer à chacun des élèves ; ne pas les considérer par groupes, par catégories. Avoir un système éducatif qui permet vraiment d’exploiter au mieux les potentialités de chacun, c’est mon rêve.

N’y a-t-il pas un jeu de ping-pong entre acteurs de terrain et Administration se renvoyant la responsabilité des carences du système ?
Je ne pense pas que l’Administration mette tout sur le dos de l’enseignant ! L’Administration doit viser avant tout l’intérêt de l’élève. Mais ce faisant, elle doit viser l’intérêt de l’enseignant. Et c’est vrai qu’elle devrait se consacrer davantage aux problématiques vécues par l’enseignant sur le terrain.

Il faut au minimum une Administration en dialogue. Un des problèmes est que nous n’avons pas de contact direct avec l’enseignant : nous ne disposons que du magazine PROF et du portail www.enseignement.be. C’est pour ça que nous développons des espaces numériques personnels. Et que nous devons développer les contacts avec les chefs d’établissement, ce qui se fera dans le cadre des plans de pilotage à mettre progressivement en place à partir de fin 2018.

Être au service des enseignants, c’est aussi par exemple faire en sorte que les services des personnels soient davantage à leur écoute. Mais les enseignants doivent savoir qu’il y a parfois des dysfonctionnements liés à des ruptures d’informations entre leur direction et l’Administration. Il faut améliorer ça, notamment avec des outils informatiques, et on s’y attèle.

Vous avez commencé à la tête de l’Enseignement au début d’une réforme importante, vous le quittez à l’aube d’une autre. Pas de regret ?
Il pourrait y avoir un regret. Mais une réforme de l’enseignement, c’est quinze ans. Et quinze ans, c’est un peu trop, non ?

Propos recueillis par
Didier CATTEAU

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