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Magazine PROF n°37

 

Focus 

Se sentir bien pour apprendre et grandir à l’école maternelle

Article publié le 30 / 03 / 2018.

À Marche-en-Famenne, le Centre PMS du réseau Wallonie-Bruxelles Enseignement a construit le projet Pré décollage qui aide les enseignants à repérer les difficultés dès la 1re maternelle, pour tenter d’y remédier.

Ismaël, Lucas, Ajad et les autres bambins de 1re maternelle de l’École Enrico Macias, à Hotton, sont réunis par l’équipe du CPMS. Max, leur ours-mascotte, circule dans le cercle. Après une chanson exprimant joie, peur et colère, voilà les enfants qui agitent les doigts, les frottent contre la paume, se touchent le visage, se tapotent le bras, se frottent l’épaule...

Répartis en duos, les plus grands de 3e maternelle se demandent mutuellement la permission de s’offrir un massage, et se remercieront une fois l’exercice terminé. L’animation s’achève par une ronde chantée.

Chaque semaine, les enfants participent à une séance dans le cadre du projet
Chaque semaine, les enfants participent à une séance dans le cadre du projet
© Observatoire de la Santé
 

Ce rituel caractérise les séances hebdomadaires du projet Pré décollage, mis en œuvre par le Centre psycho-médico-social de Wallonie-Bruxelles Enseignement, à Marche-en-Famenne. Accompagnées durant cinq semaines par le CPMS, les enseignantes organisent ensuite ces séances de manière autonome.

Des difficultés repérées dès la 1re maternelle

La psychologue Sophie Rousselet, directrice du CPMS, se souvient : le projet s’est ancré après plusieurs constats. D’une part le nombre croissant de demandes d’interventions pour des enfants de plus en plus jeunes « qui vont mal ». Et parallèlement, de plus en plus de demandes de prise en charge logopédique, neuropsychologique et/ou pédopsychiatrique.

Dans les écoles s'observe un nombre important d’orientations précoces vers l’enseignement spécialisé. Et le taux de maintien d’élèves en 3e maternelle s’appuie souvent sur un constat de retard de développement psychomoteur, alors que pour la plupart des enfants maintenus, les difficultés sont repérées depuis la 1re maternelle.

Comment déjouer des mécanismes (trouble de l'apprentissage, incohérences éducatives, environnement social fragilisé...) qui créent et accentuent ces inégalités ? Comment aider les institutrices maternelles souvent « désarmées » face à un enfant manifestant retard de langage, agressivité, peur ou manque d’autonomie par rapport à l’adulte ? Pour aider ces enfants qui vont moins bien, pourquoi ne pas utiliser le groupe-classe pour développer les compétences d’apprendre à apprendre et y prendre plaisir.

De ces questions et réflexions est né le projet Pré décollage, construit par le CPMS avec l’appui méthodologique du Centre local de promotion de la santé de la Province de Luxembourg, et avec des subsides provinciaux. Pour le mettre en pratique, le CPMS a choisi comme école-pilote l’École Enrico Macias, en encadrement différencié.

Comment se construit un enfant qui va bien ?

Dès 2014, l’équipe du Centre et la directrice de l’école ont suivi un cycle de formations sur le développement psychique de l’enfant, donné par le pédopsychiatre Hubert Boutsen.

« L’idée était de nous approprier un langage commun, précise Mme Rousselet. Comment se construit un enfant qui va bien (ou pas) ? Sur cette base, j’ai rédigé un syllabus qui détaille le fonctionnement de l’enfant depuis la naissance jusqu’à l’arrivée à l’école. Ce document montre l’importance du système d’attitudes de l’adulte envers l’enfant, de la qualité des interactions, du respect des rythmes et des émotions de l’enfant en matière d’alimentation, de sommeil, de jeu... »

L’année suivante, les mêmes acteurs sont allés à une dizaine de reprises dans la classe de 1re maternelle, avec le pédopsychiatre, pour observer tous les élèves. À l’entrée en maternelle, les enfants maitrisant peu le langage, c’est par l’expressivité motrice qu’ils manifestent émotions et compétences d’apprendre à apprendre.

En dialogue avec l’institutrice, l’équipe a observé les mimiques, le tonus, l’évolution dans l’espace, l'imaginaire, les interactions (avec les pairs, les objets, les adultes), le langage, l’attention, l’intégration des consignes sociales ou cognitives... Puis, ils ont construit des vignettes cliniques, sortes de photographie de ces enfants dans la classe.

Les objectifs étaient de comprendre où chaque enfant se situe dans sa dynamique de développement ; de repérer les indices différents entre retard de maturation, retard d’apprentissage, blocage, non-organisation psychique ou désorganisation. Pour ensuite proposer aux enseignants des pistes pour ajuster les aides au sein de la classe.

Massages, livres et rondes chantées

Parallèlement, l’équipe a construit quatre types d'outils à mettre en place dans les classes : un recueil de livres et des contes qui mettent en scène, en images, en mots, les émotions que ressentent les enfants ; des rondes chantées où les enfants utilisent le corps pour entrer en relation, se faire confiance et synchroniser gestes et mimiques. S’ajoutent des auto-massages et des massages en duo qui permettent aux enfants de faire l’expérience du toucher sain et de construire un équilibre entre tonicité et détente, tout en développant le schéma corporel.

La ligne de force du projet est d'utiliser le groupe-classe pour développer les compétences d'apprendre à apprendre, et y prendre du plaisir.
La ligne de force du projet est d'utiliser le groupe-classe pour développer les compétences d'apprendre à apprendre, et y prendre du plaisir.
© Observatoire de la Santé
 

Le CPMS a formé les enseignants à l'utilisation de ces outils et organisé une journée pédagogique pour expliquer le projet et les outils développés aux écoles qu’il dessert.

Depuis 2016, le projet est installé. Tous les enfants de 1re maternelle ont été observés. Pour chacun d’eux, une vignette clinique est réalisée. Les outils sont mis en place dans l’école-pilote, mais aussi dans d’autres écoles maternelles et primaires. Et l'observation se renouvèle chaque année.

« L'an prochain, nous allons évaluer le projet, ajoute Mme Rousselet. Au départ des vignettes cliniques (chaque enfant aura été observé en 1re, en 2e et en 3e maternelle), d’une évaluation des prérequis aux apprentissages de 1re primaire et d’un bilan neuro-moteur, nous évaluerons comment les enfants ont profité des outils mis en place pendant trois ans. Et nous veillerons évidemment à la continuité des activités dans l’enseignement primaire ».

Et la psychologue d’ajouter : « Cela permet aussi aux enfants, aux enseignants et aux parents de mieux connaitre le travail du CPMS qui n’est plus vu comme un expert extérieur, mais comme un véritable partenaire de terrain ».

Catherine MOREAU
 

Les enfants plus sereins

Rondes chantées, massages et livres font partie des rituels des classes maternelles à l’École Enrico Macias, à Hotton.

« Grâce au do-in (l’auto massage), les petits apprennent à mieux connaitre leur corps. Des bases indispensables pour les apprentissages, explique Claire Van Meulebeke, institutrice de 1re. Katia Laurent, sa collègue de 2e, enchaine : « Lorsque je sens les enfants énervés, je prends le temps de m’arrêter pour une ronde, pour un massage. Cela ramène davantage d’attention, de concentration, de patience dans les activités. Ce qui me frappe, c’est qu’il y a plus de relations entre eux. Je les vois évoluer, en particulier ceux qui, au départ, étaient plus timides, isolés ».

Les institutrices le soulignent : grâce à ces outils, les enfants apprennent à partager quelque chose ensemble. Cela leur permet aussi de connaitre leurs limites et celles des autres, de les respecter. Mais aussi de mieux communiquer, d’oser exprimer leurs émotions devant les autres, d’acquérir davantage de confiance en eux et un sentiment de sécurité dans la vie en collectivité. 

« On voit les bénéfices, conclut Martine Destrée, institutrice en 3e maternelle. Je les sens moins agressifs, plus sereins, réceptifs aux apprentissages ».

C.M.
 

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