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Magazine PROF n°37

 


L'info 

« L’année complémentaire, c’est vraiment le dernier recours »

Article publié le 30 / 03 / 2018.

Décolâge ! invite à partager des alternatives au maintien et au redoublement. Une dynamique dans laquelle l’école fondamentale libre de Saint-Mard et Ethe s’engage résolument.

L’école dont Nathalie Guillaume assure la direction depuis 14 ans compte quatre implantations : deux à Ethe (les maternelles d’un côté de la rue et les primaires en face) et deux à Saint-Mard (maternelle, 1re et 2e primaire d’un côté, les plus grands à quelques encablures). Un peu moins de 400 enfants en tout.

L’équipe (une quarantaine de personnes, maitres spéciaux et extrascolaire compris) compte une institutrice, un instituteur et deux logopèdes du spécialisé (pas à temps plein), parce que l’école compte une vingtaine d’enfants en intégration (qu’elle pratique depuis 8 ans).

Une équipe stable « et qui me fait confiance » : Mme Guillaume voit là deux facteurs favorables au travail collaboratif, axé ici sur des alternatives au maintien en maternelle et à l’année complémentaire. « Si un enfant est en progression, en quoi une année complémentaire peut-elle lui être bénéfique… ou pas ? L’année complémentaire, c’est vraiment le dernier recours, pour un enfant pour qui on se dit que ça va lui apporter, pour ça, ça et ça… »

Nathalie Guillaume, directrice, veille à ce que l'équipe se fixe des petits objectifs, pour se voir avancer...
Nathalie Guillaume, directrice, veille à ce que l'équipe se fixe des petits objectifs, pour se voir avancer...
© PROF/FWB

Ce n’est plus « mon élève-ma classe »

L’école bouillonnait de projets mais voici deux ans, sa directrice a proposé un temps d’arrêt : « Nous sommes une même école, les enfants passent d’un site à l’autre, mais y a-t-il une continuité ? » Depuis, les formations sont consacrées à ce travail. Sur les valeurs, dont découlent les priorités éducatives et pédagogiques. « On a suivi une journée Décolâge !, explique Mme Guillaume, et ça m’a confortée dans cette volonté de cohérence, de mise en place d’un enseignement spiralaire, de la 1re maternelle à la 6e primaire ».

Cette année, l’équipe s’est engagée dans la formation « réseau » Prof’Essor axée sur le travail collaboratif, vu comme une plus-value pour l’enfant. « Ce n’est plus mon élève-ma classe, mais les élèves de l’école, insiste la directrice, rejointe en cela par les collègues que nous avons rencontrés. Un souci avec un élève ? On l’évoque en réunion. Un collègue viendra peut-être observer l’élève sur ce problème ».

Ces « visites pédagogiques » sont devenues monnaie courante (lire « On a plus d’idée à plusieurs »). « C’est cadré, basé sur des faits observables, pour donner ensuite un feedback ». Pour Cédric Bayard, instituteur en 4e primaire, « dès que vous avez accepté d’ouvrir votre classe, cet autre regard est une richesse. C’est bien l’enfant qu’on regarde, pas le travail du collègue… »

« Travailler ensemble, c’est se mettre en insécurité »

Les collaborations sont balisées : des objectifs clairs, des réunions très courtes, un tableau blanc pour structurer le travail et ne pas virer vers la discussion. « Travailler ensemble, c’est se mettre en position d’apprenant, en insécurité, souligne la directrice. On dit ses faiblesses alors qu’on n’est pas dans cette culture-là dans l’enseignement. Ma vigilance, c’est qu’on se fixe des petits objectifs, pour se voir avancer, avec un délai. Ensuite des actions concrètes. Mais des petits pas, au jour le jour… » 

L’équipe a réaménagé la cour de récréation. Installé le « banc de la réflexion » où les enfants gèrent leurs bisbrouilles. Mis en place « l’humeur du jour » où déposer ses émotions afin d’être disponible aux apprentissages. « Les enfants pour qui ça se passe le mieux, ce sont ceux qui savent pourquoi ils sont là : pour grandir. Ils changent de statut. Dès la maternelle, on travaille beaucoup là-dessus. »

« L’année dernière, une institutrice a vraiment évité un maintien en travaillant sur le relationnel. L’objectif était que la récréation se passe bien pour l’enfant. On avait mis en place un genre de baromètre, et on lui rappelait l’objectif avant la récréation. Elle a fait appel à l’intelligence collective du groupe, qui a porté l’enfant… »

Institutrice en intégration, Solène Résibois (à droite) travaille souvent avec Ariane Smet, sa collègue de cinquième primaire: à deux dans la classe comme ici, en ateliers avec certains enfants, en remédiation individuelle...
Institutrice en intégration, Solène Résibois (à droite) travaille souvent avec Ariane Smet, sa collègue de cinquième primaire: à deux dans la classe comme ici, en ateliers avec certains enfants, en remédiation individuelle...
© PROF/FWB

Les projets d’intégration sont vécus comme une richesse, instituteurs et logopèdes du spécialisé apportant leur expertise. Pour Ariane Smet, institutrice en 5e primaire, « la part de l’enseignant, c’est de voir ce qui ne va pas. Comme on est plusieurs, on en discute ensemble, puis on se tourne vers les enseignants en intégration… »  

« Quand on n’est pas là, on l’est encore un peu, ajoute Vanessa Buret, logopède. Parce que les enseignants utilisent les mêmes outils… » Chemins de la réussite, tablettes pour enfants dyspraxiques, photocopies agrandies en A3… « Ce sont eux qui nous ont aidés à mettre ça en place », résume Mme Guillaume.

Christophe Hennon et Marie-Laurence Kettel, qui enseignent en 1re et en 3e primaire, ajoutent que la présence de collègues du spécialisé a modifié leur regard sur tous les élèves. « On apprend à être plus patient, on prend du recul », confie le premier, « parce que chaque enfant, qu’il soit en intégration ou pas, a des difficultés », ajoute la seconde.

« Sans les moyens de l’intégration, on ne saurait pas faire tout ce qu’on fait », insiste l’équipe, inquiète des éventuelles conséquences du projet de mutualiser les moyens de l’intégration, dans la foulée du décret « aménagements raisonnables » (lire « Mutualiser les moyens de l'intégration »).

La suite ? Pérenniser le travail collaboratif. « Mais restons modestes : on a beau avoir mis tout ça en place, il n’y a rien de miraculeux... »

Didier CATTEAU

« On a plus d’idées à plusieurs »

Parmi les dispositifs mis en place figurent le co-titulariat et les groupes de niveau organisés pour les 34 élèves de 1re primaire de l’implantation de Saint-Mard. Et là aussi, le maitre-mot, c’est « collaboration »…

Au lieu d’être dans l’une des deux classes, les élèves sont répartis selon leur degré de maitrise de la compétence travaillée. Une troisième institutrice vient donc en soutien des deux co-titulaires, Mmes Sandra Dehez (notre photo) et sa collègue changeant de classe chaque semaine !

Sandra Dehez : « Quand un enfant est en difficulté, je ne suis plus seule : on est deux au moins à voir comment l’aider ».
Sandra Dehez : « Quand un enfant est en difficulté, je ne suis plus seule : on est deux au moins à voir comment l’aider ».
© PROF/FWB

« Cette année ils sont trente-quatre en 1re primaire, et nous avons deux groupes-classes, explique Mme Dehez. Les enfants restent dans leur groupe-classe, mais chaque semaine on change de classe. On travaille en parallèle, toutes les deux, tout le temps. On travaille ensemble, on partage nos expériences, et on a deux regards sur chacun des enfants. »

Tout autre chose que d’être seul maitre à bord dans sa classe ! « Oh oui ! On a plus d’idées à plusieurs. Dans l’école, on est dans cette dynamique de collaboration depuis déjà un bout de temps. » Une collaboration qui impose aussi une grande cohérence entre les deux institutrices.

Le bénéfice ? « Quand un enfant est en difficulté, je ne suis plus seule : on est deux au moins à voir comment l’aider. »

Pour Mme Dehez, qui est en 1re primaire depuis 19 ans, cette façon de faire, initiée en septembre dernier, est une nouveauté. Qu’elle vit comme une richesse, même si ça change l’organisation. « On se voit le temps de midi et le vendredi à 16h. Plutôt que de préparer seule à la maison, on le fait ensemble et on se répartit ensuite certaines tâches, qu’on continue chacune à la maison ». Si c’était à refaire ? « Oh oui… »
 

D.C.

« Je suis prête à ouvrir ma classe à tout le monde »

Aujourd’hui, demander à un collègue de venir dans sa classe pour observer un enfant sur un point précis, c’est monnaie courante, et vécu comme une richesse au bénéfice des élèves ! 

Institutrice maternelle, Marie Kuborne avait l’impression de ne pas pouvoir capter l’attention d’un enfant. « On ne peut pas donner l’activité avec son groupe-classe et observer l’enfant, explique-t-elle. On a une première idée générale et souvent on reste là. Je voulais quelqu’un qui m’éclaire…. »

Claire Henry, puéricultrice, est donc venue observer l’enfant le temps d’une activité. Mais pas n’importe comment ! « On a un cadre, une grille d’observation. Il s’agit de décrire ce qu’on voit et ce qu’on entend, et des deux côtés : du côté de l’enfant et du côté de l’enseignant. »

Institutrice maternelle, Marie Kuborne (à droite) a demandé à Claire Henry, puéricultrice, de venir observer un enfant dans sa classe. Une pratique courante qui suppose une belle dose de confiance...
Institutrice maternelle, Marie Kuborne (à droite) a demandé à Claire Henry, puéricultrice, de venir observer un enfant dans sa classe. Une pratique courante qui suppose une belle dose de confiance...
© PROF/FWB

« Uniquement des faits observables, pas des impressions, précise Nathalie Guillaume, directrice. Sinon on peut être vite dans le ressenti et dans le jugement. »

Éviter les étiquettes

Résultat ? « Même moi je l’ai découvert totalement autrement que comme je le voyais tous les jours ! J’ai vu que ce petit suivait l’activité mais en étant tout à fait ailleurs. Il avait un bac à côté de lui et jouait pendant que Mme Marie faisait son spectacle de marionnettes. Alors qu’elle comptait 1-2-3, il faisait aussi 1-2-3 avec ses doigts. Pareil quand il y avait les noms des animaux : tout en jouant, il les disait tout doucement… »

Là où on voyait un enfant chipoter, « on ne voyait pas le reste. Si on ne se met pas dans une position d’observation fine, on rate des choses ! » Après cette phase d’observation, Mme Claire a construit une activité pour que sa collègue puisse elle aussi observer. En l’adaptant pour faire participer l’enfant. « On a remarqué un autre comportement… » 

Mme Guillaume y insiste : « On sait maintenant que cet enfant a des ressources, sur lesquelles s’appuyer. L’étiquette qu’on peut mettre sur un petit bout de classe d’accueil, ça peut le mener à l’échec ! »

Observer l’enfant, pas l’enseignant !

Ouvrir sa classe à un collègue ne peut se faire qu’en confiance. Et avec un cadre clair. « Je ne suis pas allée observer l’institutrice, mais l’enfant, précise Mme Henry. On n’est pas dans le jugement, mais dans l’observation de faits qu’on débriefe ensemble ». Et sa collègue d’ajouter : « Si tu restes dans le cadre, que tu es là pour observer des faits, en fonction d’un objectif clairement défini, ça ne peut pas déborder… »

D. C.

Des (in)formations et des ressources

Décolâge ! est une dynamique de partage de pratiques alternatives au maintien et au redoublement. L’école et/ou le CPMS peu(ven)t s’y engager volontairement et profiter librement des ressources et (in)formations disponibles.

La dynamique Décolâge ! (1), initiée en 2012 et également action-pilote du Pacte pour un Enseignement d’excellence, a ceci de particulier que toute école et/ou centre PMS désireux de s’engager dans la construction de pratiques alternatives au maintien et au redoublement le fait librement.

Depuis le début, le projet table sur le partage d’expériences et de ressources entre équipes volontaires. Des moyens sont dégagés pour financer des recherches, pour organiser des formations, pour produire et diffuser des outils permettant de travailler sur ses pratiques pédagogiques ou d’effectuer un travail de sensibilisation.

Nouvelles capsules vidéo

Deux nouvelles capsules vidéo viennent rejoindre celles qui figurent déjà sur les pages internet dédiées à Décolâge ! (http://www.enseignement.be/decolage).

La première évoque Des pratiques de classe alternatives au maintien et au redoublement au cycle 5/8, mises en place à l’Athénée royal Nestor Outer (Ethe-Belmont), à l’École Sainte-Marie de Châtelineau, ou à l’École du Tivoli, à Laeken. La seconde, qui implique en outre le groupe scolaire  de Neufmaison-Hautrage, s’intéresse au travail d’équipe, dont on a bien vu l’importance dans « L'année complémentaire, c'est vraiment le dernier recours ».

Formations et informations

La lutte contre le maintien en maternel (passé de 5,3% en 2007-08 à 1,41% en 2016-17) et contre le redoublement passe par la formation. Des formations spécifiques sont proposées par l’Institut de la Formation en cours de Carrière (http://www.ifc.cfwb.be, mot-clé Décolâge), mais aussi par les instituts de formation des différents réseaux.

Et chaque année, des journées consacrées à Décolâge ! (reconnues également par l’IFC) permettent aux différentes équipes impliquées dans la dynamique de croiser leurs expériences et à d’autres équipes de s’y intéresser de plus près : des journées d’information en automne et une journée de partage de pratiques au printemps.

D. C.

(1) http://www.enseignement.be/decolage

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