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Magazine PROF n°29

 

Article Les anciens appelés à mieux accueillir les nouveaux

Début de carrière : un écart important
entre les attentes et la réalité

Article publié le 01 / 03 / 2016.

L’étude La trajectoire des enseignants en début de parcours, objective les pistes qui expliquent la sortie importante des enseignants de l’enseignement secondaire ordinaire dans les cinq premières années de leur carrière.

En décembre 2015, la Fédération Wallonie-Bruxelles a édité une étude sur  sur les parcours des enseignants débutants (1), réalisée par une équipe de l’entreprise BDO. Sa branche Conseil accompagne des organisations dans l’évaluation ou la mise en œuvre de nouvelles politiques, de nouveaux projets, ou dans la révision de leur fonctionnement (travail et équipes). PROF a rencontré Thomas Gayzal, consultant de BDO spécialisé dans l’accompagnement d’acteurs institutionnels belges à la mise en œuvre de politiques publiques innovantes.

PROF : Qui a commandité cette étude ?
Thomas Gayzal :
L’étude a été commanditée par la Fédération Wallonie-Bruxelles. Son Comité de pilotage contenait des représentants de la Direction de la recherche, de l’Administration générale de l’Enseignement, de l’ETNIC (Entreprise des Technologies nouvelles de l’Information et de la communication), et des cabinets de la ministre de l’Éducation et du ministre de l’Enseignement supérieur. Elle s’est faite durant la réflexion du Pacte pour un Enseignement d’excellence. Ses travaux ont donc pu être évoqués dans les réunions du Pacte.

Elle fait suite à une étude quantitative menée par l’ETNIC pour le compte de la Direction de la recherche. Selon elle, 25% des départs des débutants se font la première année de leur carrière et, globalement, 40% s’en vont dans les cinq premières années. Le but de notre étude qualitative était de donner des éléments d’explication de ces sorties précoces, les plus objectifs possibles, dans le chef des enseignants, des directions et de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Un mot sur l’échantillon ?
Notre public-cible se composait des 900 enseignants qui ont débuté leur carrière en 2007-2008 et qui ont quitté l’enseignement dans les cinq ans qui ont suivi. Notre équipe en a rencontré cinquante-cinq, quarante en entretiens individuels et quinze dans un atelier de groupe qui nuance les entretiens. La moitié des participants étaient des jeunes sortants, l’autre en réorientation professionnelle. La moitié des participants avaient choisi l’enseignement en second choix. La moitié n’avaient pas de titre pédagogique.

L’hypothèse de départ ?
Nous sommes partis du présupposé théorique suivant. Une personne va être plus encline à travailler avec une organisation si ses valeurs sont en phase avec celles de cette organisation.

Avec le comité de pilotage, nous avons réalisé un référentiel de valeurs générales : contenu du travail, leadership, autonomie, créativité, apport sociétal, atmosphère de travail, réputation, équilibre de vie. Les unes sont intrinsèques (en lien avec la motivation personnelle pour le travail), les autres extrinsèques (en lien avec l’environnement de travail).

Les résultats ?
Les personnes qui se tournent vers la carrière d’enseignant présentent un ensemble motivationnel de départ fondamentalement intrinsèque, centré sur le plaisir que l’enseignant va retirer au travers de son métier, les bénéfices que ce métier peut apporter à la société, tout en conservant un équilibre satisfaisant entre vie privée et vie professionnelle. Mais elles sont peu conscientes des difficultés du début de carrière et des enjeux actuels du secteur.

En prenant la valeur générale « contenu de travail », nous constatons que la valeur spécifique « faire progresser les élèves » est un des aspects les plus motivants du métier à l’entrée. Ou que « évaluer les compétences » est une des valeurs les moins attirantes, tout comme la nécessité d’autonomie et d’initiative propre au métier.

Au niveau des valeurs générales, les principaux écarts entre les attentes et la réalité vécue concernent l’atmosphère de travail, les relations avec la direction et les autres enseignants, et l’équilibre de vie.

C’est lié au fait que le débutant doit plus que les autres se mobiliser en dehors des heures de cours. Il doit préparer l’ensemble de ses cours pour la première fois. Et s’il réalise un intérim, il peut très bien avoir d’autres attributions au prochain intérim. Il peut cumuler les intérims. De plus, les débutants ont le sentiment qu’on leur confie les classes les plus difficiles à gérer. Enfin, ces charges de travail sont peu valorisées en termes d’images, d’horaire, de stress, de reconnaissance. Elles rendent l’équilibre entre vie privée et vie professionnelle assez précaire.

Les répondants sont particulièrement sensibles à un manque d’implication et de soutien de la part de l’équipe de direction et des collègues et évoquent le sentiment d’être isolés, livrés à eux-mêmes alors même qu’ils ont besoin, au début de leur carrière, d’appui et de soutien.

L’étude débouche sur des recommandations ?
La plupart visent à réduire les obstacles extrinsèques qui rendent le quotidien de la fonction plus difficile. En voici quelques-unes.

Avant d’entrer dans la carrière, le débutant doit pouvoir identifier ses motivations, ses points faibles et ses limites. Et on doit l’aider à résorber son déficit d’information sur la réalité de la fonction. La formation pédagogique pourrait être plus pratique et renforcer les liens entre les stages et l’encadrement des conditions de travail. On peut aussi accentuer la transparence en matière de postes à pourvoir et de recrutement. Cela pourrait s’accompagner d’une plateforme dédiée aux offres d’emploi avec des canevas d’offres et de curriculum vitae. (NDLR : Depuis mai 2017, la nouvelle version de l’application Primoweb sur www.enseignement.be permet aux Pouvoirs organisateurs de publier une offre d’emploi pour un emploi déterminé et à la personne ayant manifesté sa disponibilité à un emploi dans l’enseignement de prendre connaissance des offres d’emploi publiées par les Pouvoirs organisateurs qui correspondent aux fonctions pour lesquelles elle s’est déclarée disponibles. Lire les circulaires 6171, 6265, 6409 sur http://www.adm.cfwb.be)

À son entrée, l’étude recommande de mettre en place un système de parrainage. La Fédération Wallonie-Bruxelles a réalisé un décret sur l’accueil des débutants encadrés par des référents.

Sur le plan organisationnel, on pourrait aussi optimiser la liste des manuels, logiciels et outils pédagogiques agréés, inciter les enseignants à définir, en début d’année scolaire, une note de planification de leur(s) cours.

Propos recueillis par
Patrick DELMÉE

(1) La trajectoire des enseignants en début de parcours, Fédération Wallonie-Bruxelles, décembre 2016. Version courte téléchargeable via http://www.enseignement.be/index.php?page=25703&ne_id=4966
Le rapport complet peut être obtenu sur demande via dominique.simon@cfwb.be .

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