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Magazine PROF n°36

 


Coté psy 

Félix et Léonie grandissent avec deux mamans

Article publié le 11 / 12 / 2017.

Grandir avec des parents du même sexe influence-t-il le développement d’un enfant ? Et comment répondre aux questions et réactions suscitées en classe ?

Émilie Moget, psychologue et sexologue, consacre sa thèse au vécu des familles homoparentales dans le cas où un enfant vit avec deux mères et pas de père.

PROF : Comment un enfant vit-il ce nouveau modèle familial ? Constate-t-on des changements dans son développement ?
Émilie Moget :
Bon nombre d’études comparatives y ont été consacrées aux États-Unis dès les années ‘70, puis en Europe à partir de la fin des années ‘90, selon plusieurs axes : la qualité des relations entre l’enfant et ses parents, son développement cognitif, son comportement sexué, son identité de genre, son orientation sexuelle et son développement psychosocial.

Émilie Moget : « Vivre avec des parents de même sexe n’empêche pas un enfant de concevoir l’existence du sexe opposé ».
Émilie Moget : « Vivre avec des parents de même sexe n’empêche pas un enfant de concevoir l’existence du sexe opposé ».
© Fotolia/Nastasia Froloff

Ces études coupent les ailes à des idées préconçues. Ces enfants se développent de façon similaire à ceux de couples hétérosexuels. Ce qui importe, c’est que chacun des parents ait une place différente auprès de l’enfant. Souvent, la mère biologique remplit la fonction « maternelle » et sa compagne est la « mère sociale », qui représente un tiers séparateur (un rôle équivalent à celui d’un père). Mais ces fonctions parentales ne sont pas figées.

Vivre avec des parents de même sexe n’empêche pas un enfant de concevoir l’existence du sexe opposé, le sens de la différence des sexes et l’existence d’autres configurations familiales que la sienne. Il prend conscience de son sexe par le regard des adultes et puise aussi des références au-delà de la cellule familiale.

Au niveau du développement psychosocial, on observe que les enfants montrent souvent davantage d’empathie, de tolérance, mais aussi qu’ils sont davantage victimes de railleries que ceux de familles hétéroparentales ou monoparentales.

Et la question de leur origine ? Quand, comment se la posent-ils ?
Vers 3-4 ans, l’enfant a acquis la notion qu’il existe deux sexes, et avoir des parents du même sexe se limite au constat. Généralement, très tôt, ces femmes racontent à l’enfant son histoire, comment les choses se sont passées pour lui. Cela permet d’anticiper les questions et réactions d’autres enfants –« Tu n’as pas de papa ? Ce n’est pas possible ! »- qui exacerbent la question des origines.

Selon la diversité des situations, c’est-à-dire selon que l’enfant soit issu d’une relation hétérosexuelle antérieure, de la procréation médicalement assistée, de la gestation pour autrui, ou encore ait été adopté, cette question de l’origine lui demande un  travail de compréhension et d’appropriation plus complexe. Et, de la part de l’entourage, un discours adapté à chaque âge.

Les mentalités ont évolué ? Cela pose-t-il des problèmes aujourd’hui dans le milieu scolaire ?
Des entretiens que j’ai menés pendant dix ans, il ressort que parents et enfants ont rarement été confrontés à un rejet du côté de l’école.

La plupart du temps, les mères anticipent, précisant la situation dès l’inscription, avec la volonté d’être transparentes et de protéger l’enfant. Et elles choisissent l’école pour son esprit d’ouverture à la différence.

Les enseignants sont régulièrement confrontés à des situations familiales diverses. Ceci dit, la situation est sans doute mieux acceptée dans le cas de parents lesbiens vu l’idée ancrée qu’une femme va devenir mère. Le désir d’enfant chez un homme peut paraitre plus ambigu.

N’empêche, ces enfants ou adolescents peuvent être jugés…
Bien sûr, et ces remarques dévalorisantes pèsent sur l’estime d’eux-mêmes et de leur famille. Il peut être tentant d’attribuer chaque signe de souffrance ou de trouble dans leur parcours au fait que les parents soient du même sexe. Aux professionnels d’éviter les liens de causes à effets réducteurs.

Dès lors, ces enfants devront apprendre à repérer les contextes dans lesquels ils peuvent afficher leur différence et ceux dans lesquels il vaut mieux ne pas la divulguer, pour se protéger des effets négatifs de la discrimination. Certains évitent tout simplement de parler de leurs parents, comme d’autres adolescents ont tendance à le faire. D’autres usent de stratégies et parlent d’un « père décédé » ou appellent « marraine » la mère sociale.

Que conseiller aux enseignants qui observent questions blessantes, railleries, injures, discrimination vis-à-vis de ces enfants ?
De travailler leur propre représentation, d’ouvrir le dialogue en classe pour mettre des mots sur ce qui dérange, et au besoin, de se faire aider par un CPMS, un centre de planning familial, une association spécialisée.

Propos recueillis par
Catherine MOREAU

Anticiper les choses

Instituteur à l’École communale n°8 du Bois de la Cambre, à Ixelles, Joël Carron accompagne les enfants de la 1re à la 3e maternelle. « Certains enfants, en 2e et en 3e, ont posé des questions, s’étonnant d’entendre une petite fille parler de ses deux mamans », explique-t-il.

« Avec des mots très simples, je leur ai expliqué que même si ce n’est pas ce qui se passe le plus souvent, une femme peut aimer une autre femme, un homme un autre homme, tout en formant une famille. Dès la rentrée, les mamans de cette fillette étaient venues m’expliquer leur situation particulière ».

« J’ai été sensible à cette démarche, vivant moi-même au sein d’un couple homosexuel, ce qui n’a jamais posé de problème au sein de l’équipe pédagogique. Mais ces précisions ont permis d’anticiper les choses, d’éviter des remarques, des moqueries ou de la méchanceté à l’égard de cette élève. Pour la fête des pères, comme pour la fête des mères, je m’efforce de trouver des bricolages qui évitent les stéréotypes de genre, et je lui ai demandé discrètement à qui elle souhaitait offrir le cadeau réalisé ».

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