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Magazine PROF n°36

 


Focus 

Des « essais-métiers » pour s’accrocher à l’école

Article publié le 11 / 12 / 2017.

Depuis deux ans, en partenariat avec l’Institut des Arts et Métiers et l’Institut Diderot, le Centre d’éducation et de formation en alternance de la Ville de Bruxelles propose à des élèves en panne de motivation de s’essayer à une nouvelle option.

Depuis peu, Anas, inscrit en 3professionnelle électricité à l’Institut des Arts et Métiers, y gagne le « Salon rouge » pour suivre les cours de l’option coiffure du CÉFA, dans le cadre d’un « essai-métier ».

Anas, en 3P électricité, effectue un « essai-métier » en coiffure.
Anas, en 3P électricité, effectue un « essai-métier » en coiffure.
© PROF/FWB

L’objectif de ce projet Accrojump « essai-métier », mis en œuvre au CÉFA de la Ville de Bruxelles (en partenariat avec l’Institut des Arts et Métiers et l’Institut Diderot) : permettre à des élèves de 3et 4professionnelle de repenser leur projet scolaire. Entre octobre et la mi-mai, ils peuvent effectuer des « essais-métiers » d’une durée de 12 à 18h, sur deux à quatre semaines, au sein d’un groupe-classe d’une option proposée dans ces écoles. Dans quel but ? Pouvoir choisir ensuite une filière pour ce qu’elle peut leur apporter et non par défaut.

Ce projet a été initié dans le cadre plus large d’Accrojump, lancé avec le soutien du Fonds social européen pour diminuer le taux d’abandon scolaire précoce (lire notre encadré).

Marion Chaudré, coordinatrice du projet : « En novembre 2015, j’ai commencé par prendre le temps de rencontrer les acteurs des trois écoles partenaires : équipe de direction, enseignants des cours généraux et pratiques, chefs d'ateliers, agents de CPMS, éducateurs, médiateurs, accompagnateurs chargés de l'insertion socioprofessionnelle des jeunes du CÉFA…. Pour écouter leur ressenti, leur engagement dans leurs projets… J’ai assisté aux conseils de classe pour repérer les jeunes en difficulté ».

Raconter son parcours

Mme Chaudré rencontre alors chacun de ces élèves. Elle se présente et lui explique pourquoi elle l’interpelle : « Certaines personnes s’inquiètent. Qu’en penses-tu ? » Si le jeune semble dire qu’il n’est pas bien dans sa section, commence la rencontre plus approfondie : « Où habites-tu ? Avec qui ? Quelles sont tes ressources internes et externes ? Tes activités et passe-temps, tes talents, tes difficultés ? Comment as-tu choisi ton école, ton option ? ».

Si le jeune voit du sens à s’essayer à une autre option, la coordinatrice rencontre sa famille s’il est mineur et négocie avec les enseignants les horaires et les groupes-classes qui conviennent le mieux à son intégration. Puis, tout au long des « essais-métiers » et bien au-delà sont prévus accompagnement et débriefings. Cela suppose de mobiliser, si nécessaire, d’autres intervenants internes ou externes à l’école en fonction des problématiques évoquées en entretien. « Car le décrochage est multifactoriel, précise Mme Chaudré. Il s’agit donc de mettre en place autour et avec chaque jeune une sorte d’alliance éducative ».

Ces élèves ont donc la possibilité d’effectuer, dans les trois écoles partenaires, un ou plusieurs « essais-métiers » dans différentes options : (aide)-électricien, (aide)-mécanicien, aide-ménagère, auxiliaire de magasin, coiffeur, commis de cuisine/de salle, ébéniste, menuisier, monteur sanitaire/plombier, peintre en bâtiment, soudeur. Grâce à un partenariat avec l’Institut Gryzon, ils peuvent également l’effectuer dans la section boulangerie-pâtisserie. Ajoutons que des ateliers de connaissance de soi et de connaissance des métiers sont aussi proposés à des élèves de 2e différenciée et/ou 2complémentaire.

Le bilan ? Depuis novembre 2015, la coordinatrice a rencontré cent-deux jeunes. Trente-huit ont effectué un ou plusieurs « essais-métiers » ; pour les autres qui avaient davantage besoin d’une aide extérieure, la coordinatrice a souvent cédé le relai au CPMS, à un service d’aide en milieu ouvert…

Des conditions et des limites

Mettre en œuvre un tel projet suppose des conditions. Du temps pour l’installer en faisant participer les équipes pédagogiques et éducatives puis pour accueillir et accompagner les jeunes. « Il faut bien dégager un emploi à temps plein, de préférence d’éducateur car il s’agit de considérer l'élève dans sa totalité, avec son histoire, sa culture, explique la coordinatrice. Cela nécessite aussi de valoriser, de remercier les enseignants des cours pratiques qui intègrent un élève en « essai-métier » dans son groupe classe. Et de libérer du temps pour la concertation ».

Bien sûr, le projet a ses limites. « Certains jeunes sont déjà trop loin dans le décrochage et l’absentéisme, qui puisent leurs racines dans l’enseignement primaire, voire maternel, explique Mme Chaudré. Certains ont d’autres « essentiels » que l’école, des difficultés scolaires trop importantes, des problèmes familiaux, psychologiques, psychiatriques.

Accrojump « essais-métiers » bénéficiera de l’aide du Fonds social européen jusqu’en 2019. Et après ? Selon Mme Chaudré, « cela dépendra de l’investissement des écoles et des pouvoirs organisateurs ».

Catherine MOREAU

Trente projets Accrojump

En juillet 2015, les ministres de l’Éducation et de l’Aide à la jeunesse lançaient, à Bruxelles, dans les provinces de Hainaut et de Liège, un appel à projets de lutte contre le décrochage scolaire. Les objectifs : concrétiser la coopération entre les deux secteurs et favoriser l’accrochage scolaire des jeunes. Et aussi, en diminuant le taux de décrochage et en maintenant des décrocheurs en formation, contribuer à l’initiative européenne Garantie pour la Jeunesse. Celle-ci propose aux moins de 25 ans, inscrits ou non au chômage, un emploi, un apprentissage, un stage ou une formation dans les quatre mois suivant l’arrêt de leur scolarité ou la perte de leur emploi.

Accrojump, une des actions proposées (http://www.ccgpe-dgeo.cfwb.be/?id=5051) réunit au minimum trois écoles pour renforcer les équipes éducatives dans la prévention du décrochage scolaire principalement au 2degré de l’enseignement qualifiant ordinaire et dans certaines formes et phases du secondaire spécialisé.

Trente projets, soutenus par le Fonds social européen, ont été sélectionnés : 6 à Bruxelles (réunissant 21 écoles) et 24 à Liège et dans le Hainaut (associant 118 écoles au total). Ils ont démarré le 1er novembre 2015 et se clôtureront le 30 juin 2018.

La coiffure, ça me plait

Anas, en 3professionnelle électricité, effectue un « essai-métier » en coiffure. « L’an dernier, j’avais choisi l’option hôtellerie que j’aimais bien, mais j’ai voulu changer d’école pour raccourcir le trajet, explique-t-il. Je me suis inscrit juste avant la rentrée à l’Institut des Arts et Métiers, là où il restait de la place. Mais l’électricité, c’est trop de chipotage, ce n’est pas mon truc ! »

« Alors, j’ai été tout de suite intéressé par des « essais-métiers ». Je n’ai pas accroché avec la vente, mais la coiffure, ça me plait : il y a des soins et on parle plus entre nous, dans la classe. Être dans une petite équipe, c’est aussi ce que j’aime dans la formation de pompier que je suis en dehors de l’école. Après les trois semaines de cet essai-métier, je pourrai peut-être aller en stage chez un coiffeur et continuer dans cette option. Je le sens bien ».

Facile d’accueillir ce jeune dans la classe en cours d’année ? « Je délègue beaucoup, réagit Dominique Delchambre, professeure de coiffure. Cela permet aux élèves de montrer leur savoir-faire et cela crée un climat de confiance pour tous. Je comprends que des jeunes puissent se tromper de parcours et se chercher. Et j’aime leur donner leur chance à condition qu’ils la prennent ».

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