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Magazine PROF n°34

 


Droit de regard 

Les Écoles de devoirs ont bien d’autres missions

Article publié le 01 / 06 / 2017.

Que pensent les parents des devoirs à domicile et des missions des écoles de devoirs ? Stéphanie Demoulin et Marie-Hélène André, représentant la Fédération francophone des Écoles de devoirs, évoquent une récente étude de l’Office de la Naissance et de l’Enfance à ce sujet (1).

Ouverture au monde de la culture, citoyenneté… les missions des Écoles de devoirs, mal connues, ne s’arrêtent pas à l’aide aux travaux scolaires, mais l’ensemble renforce les capacités scolaires de l’enfant.

Stéphanie Demoulin et Marie-Hélène André : « Les parents se posent des questions sur le sens et la difficulté des devoirs à domicile ».
Stéphanie Demoulin et Marie-Hélène André : « Les parents se posent des questions sur le sens et la difficulté des devoirs à domicile ».
© FFEDD

PROF : Dans les propos des parents sur les devoirs à domicile, quels sont les éléments qui vous semblent très importants ?
St
éphanie Demoulin et Marie-Hélène André : Nous avons repéré l’ampleur du stress des parents. Ils ne remettent pas en question les devoirs à domicile, persuadés de leur importance pour la réussite des enfants. Mais ils posent des questions sur le sens et la difficulté d’une épreuve longue et difficile pour les enfants.

On constate ainsi que le devoir, tel qu’il est conçu par certains enseignants, renforce les inégalités sociales. En effet, certaines familles n’ont ni l’espace, ni les conditions idéales (calme, ouvrages à disposition…), ni le temps nécessaire. De plus, certains parents se sentent peu compétents, jugés, coupables ou pour le moins déstabilisés. Le devoir de leur enfant leur fait « passer un examen ».

Or, le décret du 29 mars 2001, la circulaire 108 (2) qui complète le décret Missions demandent que les travaux scolaires soient adaptés à la capacité de concentration des enfants ainsi qu’à leur rythme : pas de devoirs au premier degré primaire, pas de travaux qui dépassent 20 minutes au 2e degré et 30 minutes au 3e degré. Les textes légaux demandent aussi que les travaux demandés à l’enfant ne servent pas à l’évaluer et qu’il puisse les réaliser seuls. Ces textes ne sont pas respectés.

Cela amène un nombre croissant de parents à s’adresser aux Écoles de devoirs. Il existe des listes d’attente très longues pour s’y inscrire, ce qui recrée une ségrégation.

Selon les Écoles de devoirs, les devoirs devraient être faits à l’école ?
Nous nous limitons à dire que la réussite scolaire relève des missions de l’école. Si l’école juge le devoir utile, les Écoles de devoirs ne sont pas contre, si le cadre légal est respecté. Si le devoir est fait à l’école, tant mieux.

Quattendent parents et enfants des Écoles de devoirs, selon lenquête ?
Lors de la création des Écoles de devoirs, vers 1970, la première mission était de répondre à la demande des parents pour les devoirs (c’est l’origine du nom). Mais, très vite, les missions ont évolué : développer l’intelligence, y compris par les devoirs, promouvoir l’émancipation sociale, l’ouverture au monde, à la culture, au jeu, à l’expression, et enfin, promouvoir la citoyenneté.

Bref, les Écoles de devoirs veulent valoriser l’éducation non-formelle, tout ce qui permet d’apprendre en dehors de l’école : vivre et construire ensemble. Cela renforce les capacités scolaires de l’enfant. Bien sûr, l’école touche également à ces compétences-là. Mais elle reste davantage dans le pédagogique. Elle ne travaille pas assez les autres domaines avec les plus précarisés ou éprouve des difficultés à les accrocher.

Ceci étant, nos personnels trouvent que la réalisation des devoirs prend du temps et empêche de bien remplir les autres missions. D’un autre côté, c’est une porte d’entrée pour amener les élèves à d’autres activités. Et les parents se rendent compte de leur importance.

Finalement, l’École de devoirs porte-t-elle bien son nom ?
La question revient sur la table tous les six mois et les avis sont partagés.

Les devoirs, cela peut mieux fonctionner à l’École de devoirs qu’à la maison. Pourquoi ?
L’École de devoirs permet davantage cette accroche. Les enfants la considèrent comme une deuxième maison. Un lieu convivial, confortable, où ils sont accueillis sans jugement par des personnes disponibles, des professionnels ou des bénévoles pour la plupart formés. Dans chaque équipe, un coordinateur et un animateur sur trois sont qualifiés soit par leur diplôme soit par un brevet de formation. Les équipes ont un projet pédagogique, des réunions régulières… Et l’École de devoirs peut collaborer avec des partenaires associatifs ou communaux : services d’aide en milieu ouvert, maisons de jeunes, centres culturels, centres d’alphabétisation, maisons de quartier…

En accomplissant un gros travail sur l’estime de soi, tant pour les enfants que pour les parents, les Écoles de devoirs peuvent réduire l’échec scolaire qui a un impact important sur leur vie et sur le regard porté sur les jeunes.

Faut-il créer des liens entre Écoles de devoirs et écoles ? Quelles sont les conditions pour que la collaboration entre elles soit optimale ?
Le décret des Écoles de devoirs (3) prévoit un protocole de collaboration avec les écoles. Mais les Écoles de devoirs veulent clairement rester en dehors du système scolaire. Les enfants et les jeunes ont besoin d’un autre lieu, d’un autre espace, d’autres référents adultes. Par ailleurs, lorsqu’il y a contact, la demande vient la plupart du temps de l’École de devoirs.

Il y a des difficultés pratiques, liées aux horaires de chacun ; des préjugés de part et d’autre ; et une méconnaissance des Écoles de devoirs. Notons que nous n’avons pas été consultées directement dans le cadre de la réflexion sur le Pacte pour un Enseignement d’excellence. Mais nous suivons les travaux de près via la Plateforme de lutte contre l’échec scolaire. Nous restons très attentifs et notamment sur la question du rythme. Nous sommes contre l’école jusqu’à 17h30 et contre l’intégration des Écoles de devoirs dans les locaux scolaires de 12 à 15h.

Que faut-il améliorer au sein des Écoles de devoirs et dans les écoles ?
Du côté de l’enseignement, il faut respecter le cadre légal des devoirs à domicile et former des enseignants rompus à la différenciation. De notre côté, nous voudrions obtenir davantage de moyens et mieux faire connaitre nos missions. Dès lors, nous lançons un appel : si nous traversions la frontière entre école et Écoles de devoirs ? Nous nous occupons des mêmes enfants ; pourquoi ne pas collaborer davantage pour leur bien-être, quels que soient leur origine et leur milieu ?

Propos recueillis par
Patrick DELMÉE et Catherine MOREAU

(1) RTA, À la rencontre des parents et des enfants qui fréquentent les écoles de devoirs, ONE, 2017,
http://www.ecolesdedevoirs.be/ressources/ressource-145
(2) http://www.gallilex.cfwb.be/document/pdf/26710_000.pdf
(3) http://www.pfwb.be/le-travail-du-parlement/doc-et-pub/documents-parlementaires-et-decrets/documents/001402517
(4) Lire aussi la recherche de l’Observatoire de l’Enfance, de la Jeunesse et de l’Aide à la Jeunesse/Université de Liège sur la place des travaux à domicile http://www.oejaj.cfwb.be/index.php?id=travauxdomicile

En deux mots

Assistante sociale de formation, Stéphanie Demoulin coordonne la Fédération francophone des Écoles de devoirs (FFÉDD) (1) depuis 2005. Elle en est aussi l’administratrice déléguée.

Marie-Hélène André y est chargée de projets depuis un an, après avoir travaillé une dizaine d’années comme animatrice ou coordinatrice. Elle est également formatrice.

Selon ses derniers chiffres, au 31 décembre 2016, l’Office de la Naissance et de l’Enfance (ONE) avait reconnu 337 Écoles de devoirs, dont 302 subsidiées par ses soins. Le secteur englobe aussi une soixantaine d’Écoles de devoirs bruxelloises non reconnues par l’ONE, mais bien par d’autres acteurs, dont notamment la Commission communautaire francophone, qui gère la politique de cohésion sociale à Bruxelles. L’ensemble de ces Écoles de devoirs accueillent 17 000 enfants de 6 à 15 ans.

(1) http://www.ecolesdedevoirs.be

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