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Magazine PROF n°25

 


Coté psy 

Passer à la vitesse supérieure en lecture

Article publié le 01 / 04 / 2015.

Comment aider des élèves à lire plus vite et de manière plus fluide ?

© Fotolia/Iosif Szasz-Fabian

En cinquième primaire, Lilou achoppe , en lecture orale et en lecture silencieuse, sur des mots qu’elle n’identifie ou ne comprend pas bien. Elle perd le fil au point de lire le texte comme s’il s’agissait d’une liste de mots, sans prêter attention au sens.

En sixième primaire, un enfant arrive habituellement à lire à la vitesse de la parole, soit 9000 mots par heure. Pourtant, soumis à un test de fluidité lexique en novembre 2010 (1), un peu moins de 40 \\% des élèves de cinquième primaire n’ont pas atteint ce niveau. Et en deuxième secondaire différenciée, 31\\% n’ont pas encore acquis cette fluidité que Timothy Rasinski, spécialiste de la lecture, définit comme la capacité de lire avec précision, rapidement, sans effort et avec une intonation correcte.

D’où viennent les difficultés de Lilou ? Peut-être n’arrive-t-elle pas encore à bien reconnaitre des caractéristiques et structures des textes écrits et oraux : relation entre graphèmes et phonèmes, conventions orthographiques, structure des phrases, organisation textuelle. Certains mots lui sont inconnus. Or, on sait qu’un lecteur doit percevoir la signification de plus de 90\\% des mots d’un texte pour en comprendre le sens global. Divers facteurs peuvent aussi influencer la fluidité : la complexité du texte, le but et l’intérêt du lecteur et sa familiarité avec le sujet.

Bien sûr, lire vite ne signifie pas mieux comprendre. Mais un rythme de lecture trop lent fait obstacle à la compréhension. « Quand l’élève ne reconnait pas rapidement les mots du texte, il doit utiliser des stratégies pour les identifier, ce qui ralentit beaucoup sa lecture, explique Jocelyne Giasson. Et si les mots sont lus trop lentement, la mémoire à court terme contiendra trop peu de mots pour permettre au lecteur de les relier les uns aux autres » (2). La fluidité de la lecture facilite donc la compréhension à la lecture en libérant des ressources cognitives pour la construction du sens.

Quantité et qualité

Comment évaluer la fluidité de la lecture ? Pour Patricia Schillings, chercheuse spécialisée dans la didactique de l’enseignement de la lecture (ULg), la compréhension constitue une dimension centrale du diagnostic à poser. Et cela en 3e, en 4e, en 5e primaire. Au-delà, donc, de la phase de l’apprentissage initial. Car lire, c’est être capable de combiner deux types de traitement du texte : celui des composantes graphiques et celui du sens du message.

« Il faut à la fois mesurer la vitesse de lecture et la qualité de la fluidité, précise la chercheuse. La première se mesure en calculant le nombre de mots d’un texte inconnu lus correctement en une minute. Pour la seconde, une échelle d’appréciation prend en compte le type de découpage (l’élève lit-il mot par mot ou regroupe-t-il les mots ?), le respect de la ponctuation, le débit et l’expression de la lecture à voix haute. Sa lecture se rapproche-t-elle du langage oral ? Fait-il des pauses aux bons endroits ? A-t-il une lecture hésitante ou lit-il assez vite pour comprendre ce qu’il lit ?

Pour Mme Schillings, l’enjeu est important. Si l’élève développe une lecture fluide, s’il comprend le sens des messages écrits, il vivra un nombre croissant d’expériences positives avec l’écrit et cherchera à persévérer en cas de problème de compréhension. Plus motivé, face à des textes plus longs, plus denses, il apprendra à employer des stratégies de compréhension plus complexes, à développer son bagage lexical. Bref, la fluidité n’est pas une fin en soi, mais une passerelle essentielle menant à la compréhension et à l’interprétation des textes.

Lire, relire, seul ou en tandem

Évidemment, lire souvent, y compris en dehors de l’école, favorise la fluidité. « Il faut donc proposer, en classe, des temps de lecture pour assoir la fluidité, donner à lire des textes ‘non résistants’ du point de vue du contenu, c’est-à-dire des textes qui ne posent pas délibérément des problèmes de compréhension au lecteur », explique Mme Schillings.

D’autres activités amélioreront la fluidité. La lecture assistée, par exemple : l’élève lit en tandem avec un lecteur compétent qui lui sert de modèle et d’aide. Cela peut être un élève plus habile qui, dans un premier temps, suivra le texte du doigt en lisant à un rythme normal et en évitant le mot à mot. Ou l’enseignant qui l’aidera à identifier les mots et les expressions.

L’enseignant peut aussi servir de modèle pour la lecture expressive. À l’intérieur de la phrase, il peut utiliser la ponctuation et les indices syntaxiques pour regrouper les éléments liés par le sens. Et mettre l’accent sur l’expression dans l’ensemble du texte, par exemple en changeant de voix lors d’un dialogue.

Pour aider certains élèves, on peut aussi découper le texte en groupes de mots porteurs de sens (par des barres obliques, des espaces très marqués,…). Ou encore faire relire un texte : peu à peu, les élèves feront moins d’erreurs et deviendront plus habiles à les détecter et à les corriger.

Pour augmenter leur motivation, on peut ajouter un objectif : par exemple, leur proposer de préparer une lecture pour un élève, pour une classe d’élèves plus jeunes, de lire un scénario (avec narration et dialogues) devant un auditoire.

Catherine MOREAU

(1) http://bit.ly/1B3E45V
(2) GIASSON J., La lecture. Apprentissage et difficultés, Bruxelles, De Boeck, 2012.

Travailler toutes les compétences

« C’est le titulaire de classe et/ou un intervenant externe, comme un logopède et/ou le CPMS qui pose le diagnostic d’un manque de fluidité de lecture », explique Marie-Laure Mertens, enseignante en remédiation individuelle en 5e et 6e primaire à l’École Saint-Nicolas, à Enghien. Pour la mesurer, elle s’appuie sur des tests calculant le nombre de mots lus correctement en un temps donné. Elle invite aussi l’élève à retrouver dans une liste le mot qui n’a pas de sens.

« J’utilise des jeux pour améliorer la discrimination visuelle et la vitesse de lecture, ajoute-t-elle. Mais aussi des techniques de gestion mentale. Je demande à l’enfant de trouver les mots génériques, de créer des liens entre les mots pour enrichir son système lexical. Je l’invite à rétablir l’ordre chronologique dans des textes, à travailler sur les inférents pour l’obliger à faire des retours en arrière, à repérer des indices. »

« D’autres exercices proposés : dégager ce qui est vrai, faux et justifier son choix ; retrouver les mots utilisés par l’auteur… C’est donc important de travailler les autres compétences au service d’une lecture plus fluide. Il faut aussi réguler et évaluer le travail réalisé. Tout un travail d’équipe avec la direction, les enseignants, le CPMS, le logopède et les parents !»

Pour en savoir plus

● CROIX S. et LEDUR D., Enjeux de lecture – Lectures en Jeux : Comprendre et accompagner les élèves en difficulté, FESeC, 2008.

● OUZOULIAS A., L’apprenti lecteur en difficulté. Évaluer, comprendre, aider. Paris, Retz, 1996.

● SCHILLINGS P., LAFONTAINE A., Outils pour le diagnostic et la remédiation des difficultés d’acquisition de la lecture en 3e et 4primaire, ULg – Service général du Pilotage du Système éducatif, octobre 2009. On y trouve un référentiel de lecture par unités de sens et un outil de lecture en tandem. http://bit.ly/1wt3DBS

● Les pistes didactiques construites pour les enseignants de 5e primaire et de 2e secondaire à la suite des évaluations non certificatives en lecture et production d’écrit, en 2010-2011, sont téléchargeables. http://bit.ly/1B3E45V

● « La fluidité en lecture », dans Série d’apprentissage professionnel du Secrétariat de la littératie et de la numératie, juin 2011. http://bit.ly/1BSpnJL

● Apprendre à lire – Lecture à haute voix et compréhension, dossier didactique réalisé par une équipe d’inspectrices et d’inspecteurs de l’enseignement fondamental ordinaire, pour les enseignants de la 3e maternelle à la 4e primaire, 2008. http://bit.ly/1wt4O4e

● L’association belge pour la lecture (ABLF) propose une revue, des conférences , des rencontre entre professionnels de l'éducation à la lecture. http://www.ablf.be

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