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Magazine PROF n°25

 


L'info 

Des enseignants aimeraient connaitre mieux l’islam

Article publié le 01 / 04 / 2015.

Départs vers la Syrie, attentats de Paris, arrestation de présumés terroristes à Verviers... Comment traiter ces évènements en classe ? Éléments de réponse dans ces quatre pages, en commençant par la formation à l’islam proposée aux enseignants.

Une bonne trentaine d’enseignants, de directeurs, d’agents PMS ont participé deux samedis de mars à la formation « L'éducation à la citoyenneté – Désamorcer la radicalisation religieuse par l'éducation et la formation. En réponse aux évènements de janvier dernier, la ministre de l’Éducation a lancé un Plan de prévention contre le radicalisme (lire Tous Charlie? Des outils).

Parmi les outils développés figure cette formation à l’islam. Soutenue par l’Institut de Formation en cours de Carrière, elle est menée par Emrid (pour European Muslim Research on Islamic Development) Network (http://emridnetwork.org). La première journée a sensibilisé aux problématiques contemporaines de la radicalisation religieuse. La deuxième visait à éclaircir des aspects de l’islam en proposant des grilles de lecture proches du quotidien de l’enseignant et de l’école d’une part, de cette religion et de ses pratiques d’autre part.

Remettre en contexte

Globalement, les participants que nous avons interrogés trouvent la formation positive. Elle leur a apporté un lot d’informations. « Je ne me rendais pas compte que la radicalisation concernait aussi des non musulmans, des Européens, des femmes », confie une professeure.

« Cette formation donne un éclairage anthropologique et historique de l’islam et de l’islam en Belgique. ajoute une autre participante. Elle m’a fait prendre encore davantage conscience de l’importance de la crise identitaire des musulmans de Belgique, tiraillés entre le désir de rentrer au pays, leur insertion sociale, le besoin de transmettre à leurs enfants un héritage culturel et cultuel ».

Une invitation à aller plus loin

Par ailleurs, nos interlocuteurs laissent percer quelques critiques. « Il y a peu de place pour la mise en commun », explique l’une. « Lors des débats, on n’a pas vu de questions qui fâchent : les participants faisaient preuve de réserve », ajoute une autre. Un troisième : « Peut-être les formateurs auraient-ils pu présenter davantage leur organisme, son financement, sa position par rapport à la neutralité et à un islam européen ».

Ils déplorent aussi qu’on n’y ait pas assez abordé certaines questions concrètes du terrain scolaire : le port du voile, la nourriture halal, l’(in)égalité homme-femme, la primauté du droit – la norme du vivre-ensemble – sur la religion ou certaines pratiques religieuses.

Une enseignante espérait aborder des éléments concrets, comme un argumentaire : « Lorsque j’apporte une connaissance sur l’islam, certains de mes élèves ne reconnaissent pas ma légitimité : "Vous n’êtes pas musulmane" ou "Je fais davantage confiance au texte coranique seul". Je rentre en classe sans outils ».

La formation sera-t-elle reconduite ? On ne peut le dire actuellement. Mais l’Institut de Formation en cours de carrière élargira dès septembre son offre sur le vivre-ensemble et la lutte contre le radicalisme.

Patrick DELMÉE

Tous Charlie ? Des outils

Le Plan de prévention contre le radicalisme à l’école diffusé en janvier via la circulaire 5133 ({lien_externe|htpp://www.adm.cfwb.be) liste des ressources déjà disponibles (équipes mobiles, médiation scolaire, numéro vert Assistance Écoles, opérateurs agréés) et en présente des nouvelles. Une formation à l’islam (lire Des enseignants aimeraient connaitre mieux l'islam) en fait partie.

En février, les circulaires 5171 (pour l’enseignement officiel) et 5172 (pour le libre subventionné) ont invité les écoles à faire de mars un mois de la tolérance. Plus spécifiquement, les établissements officiels ont été invités à organiser des activités communes au sein des cours philosophiques.

Ces circulaires lancent un concours d’écriture d'une charte de la citoyenneté. Elles citent aussi des outils pour une prévention plus ciblée contre le risque de radicalisation ou de départ en Syrie. Enfin, elles notent quelques nouveautés pour l'opération Journalistes en classe : la RTBF publiera sur son site un article rédigé par les élèves ; La Libre fera de même sur son site et dans la version papier.

Tous ces outils sont repris dans un supplément en ligne réalisé par PROF (http://www.enseignement.be/index.php?page=27275). Celui-ci résulte d’une veille entamée après les attentats de Paris. Sans être exhaustif, il vise à alimenter la réflexion des enseignants, souvent interpellés dans leurs classes.

Pa. D.

Djihad ou l’anti-radicalisme

La pièce Djihad fait partie du Plan de prévention contre le radicalisme. Elle permet de s’identifier aux personnages et de prendre du recul. Elle a déjà été vue par plus de 6000 élèves.

Le rideau se lève. Trois jeunes Bruxellois discutent de leurs préparatifs de départ : billets, argent, valise. « Papa, tu vas être fier de moi », s’écrie un personnage en aparté. Il adore le dessin, mais à l’école coranique et à la maison, on lui a interdit de dessiner. Et à l’école, il est allé d’échec en échec, faute d’accompagnement. Les motivations des deux autres sont également liées à des interdits à la fois parentaux et sociétaux.

Ismaël Saidi : « Les personnages de Djihad sont trois de mes facettes ».
Ismaël Saidi : « Les personnages de Djihad sont trois de mes facettes ».
© Djihad - Aviscene ASBL

Dans un langage parsemé de mots arabes et d’allusions au quartier et à la ville, la pièce touche le public. Aujourd’hui, à la Maison des Cultures et de la Cohésion sociale de Molenbeek, on trouve une classe de l’Athénée de Schaerbeek, des jeunes de l’IPPJ de Wauthier-Braine, des adultes en formation, des formateurs (1) ... Ils rient des bourdes, des situations, des contrastes. Ils rient de se reconnaitre, de faire des associations avec des lieux, des personnages. Une réplique suscite des applaudissements : « Ces écoles… pour apprendre l’histoire, l’islam, la tolérance ». Ils pleurent aussi. Djihad joue sur les émotions. Et, au final, c’est « the standing ovation ».

La pièce est suivie d’un débat avec Ismaël Saidi (auteur, comédien et metteur en scène), David Courrier (journaliste à TV Bruxelles) et Sadia Abdalat (imam d’une mosquée de Molenbeek).

La première question interpelle l’auteur sur ses motivations. « Lors d’un reportage télé en France, la présidente du Front national, Marine Le Pen, a déclaré ne pas avoir de problèmes avec le départ de jeunes qui partent se battre en Syrie, du moment qu’ils ne reviennent pas. J’ai eu besoin d’écrire sur ces jeunes. J’ai utilisé mon vécu : les trois personnages sont trois de mes facettes. La pièce est écrite pour tous. Elle tente de prouver que l’on peut rire de tout, qu’il n’y a pas de tabou, s’il y a du respect ».

Un autre spectateur interroge l’imam sur ce qui se passe dans les mosquées. « Les jeunes qui partent ne viennent pas en général à la mosquée. Ils préfèrent un enseignement plus facile, qu’on trouve sur internet. Le mot djihad est mal compris. Il signifie avant tout faire un effort sur soi, pour lutter contre certains de ses désirs et contre le mal. Les écoliers, par exemple, sont appelés à étudier ».

Selon Ismaël Saidi, les mosquées sont à la fois le problème et la solution. « Dans certaines, si l’imam ne parle que l’arabe, comment communique-t-il à mon enfant qui ne parle que le français. S’il vient d’un bled et n’est pas beaucoup formé, comment peut-il donner des réponses tenant compte du contexte d’un islam européen ? »

Un autre spectateur demande au journaliste pourquoi les médias ont souvent stigmatisé les musulmans, les forçant à s’expliquer, à se positionner, à se justifier. « Les médias sont appelés à généraliser, parfois en survolant les choses, répond-il. Beaucoup ont été proches de la stigmatisation. Un outil culturel comme Djihad va davantage vers l’intime et touche plus en profondeur ».

Patrick DELMÉE

(1) Pour connaitre les dates de représentation, http://www.facebook.com/djihadlespectacle

« Avoir des préjugés, c’est humain ! »

En mêlant fondements théoriques et exercices concrets, le formateur Pierre Biélande, de l’ASBL Echos Communication, amène à comprendre le fonctionnement des préjugés avant de les déconstruire.

En général, les membres d’un groupe se présentent par leurs fonctions, leurs catégories sociales : ils renforcent la catégorisation. Pierre Biélande vient d’organiser une formation à la déconstruction des préjugés (1) avant laquelle il a demandé à chaque participant d’écrire trois caractéristiques positives. À son entame, il a invité chacun à associer ces listes anonymes à l’un ou l’autre. « Cela renforce l’individuation et la décatégorisation », explique-t-il. Et cela place chacun au cœur de la thématique du préjugé.

Pierre Biélande : « Il est plus humain d’avoir des préjugés que de ne pas en avoir ».
Pierre Biélande : « Il est plus humain d’avoir des préjugés que de ne pas en avoir ».
© Fotolia/Lassedesignen

Mais comment fonctionne-t-il ? Pour le formateur, c’est parce qu’il a longtemps été une proie avant de devenir chasseur que l’être humain a développé des mécanismes de défense ou d’approbation, parmi lesquels les préjugés. Ces attitudes peuvent déboucher sur des comportements discriminants. Il est donc plus humain d’avoir des préjugés que de ne pas en avoir…

À partir de sa banque de données, le cerveau se fait une image mentale d’un individu en 600 millisecondes, en permanence, même inconsciemment : « Ça ressemble à ça. C’est dangereux. Je me méfie ». Ou : « Ça me dégoûte, j’évite... »

Selon la thérapie cognitive, certaines des représentations (personnelles ou collectives) nichées dans nos mémoires sont associées à des émotions : « Un bouddhiste, j’aime ! Un casseur au crâne rasé, j’ai peur ! » De plus, ces représentations se lisent dans nos micro-comportements, même si on cherche à les cacher. Et elles peuvent se traduire en comportements discriminants : « Oh, un CV de Maghrébin… Poubelle ! »

Et puis ? L’homme est capable d’apprentissage. De passer de la routine et de la protection à la curiosité et au danger, de prendre conscience de son préjugé ou d’amener quelqu’un d’autre à en prendre conscience.

En janvier 2015, Charlie-Hebdo a fait l’objet d’un attentat. Des réactions d’élèves comme « Ces caricaturistes l’avaient bien cherché », pas rares, ont choqué nombre d’enseignants. Elles sont sans doute révélatrices d’émotions et de besoins, de préjugés. Elles offrent une occasion de travailler sur eux, de réaliser une avancée vers le mieux vivre-ensemble.

Comment ? D’après le formateur, il faut avoir de l’altruisme. Pour aller vers l’autre, le connaitre, décrypter les besoins qui jugulent ses émotions. De façon concrète, lui poser des questions ouvertes (qui appellent une réponse plus longue que oui/non) et des questions ouvrantes, qui touchent l’interlocuteur au-delà des catégories de sa banque de données. Par exemple, « En quoi le fait de tuer un caricaturiste est-il un avantage ? »

Le but ? Créer une « bascule », un moment où chacun passe du comportement automatique à l’apprentissage. « Si, après votre question ouvrante, l’interlocuteur se creuse la tête, c’est comme si vous aviez planté une graine, explique Pierre Biélande. Le résultat ? Aucune certitude. Mais la graine peut germer… en y mettant le temps qu’elle veut ».

Pa. D.

(1) Echos Communication : http://www.echoscommunication.org – 02 / 387 53 55. L'IFC a programmé fin avril 2015 un module de deux jours construit sur les mêmes principes (403001405).

Pourquoi ne pas interdire tous les dessins ?

Comment ont réagi des écoles où la culture familiale d’une majorité d’élèves est en tout ou partie d’origine étrangère ? Témoignage d’acteurs de l’enseignement à Molenbeek.

À l’initiative du Service de l’Instruction publique francophone à Molenbeek, un groupe de travail inter-écoles communales fondamentales récolte des outils sur le vivre-ensemble. « Nous examinons ceux proposés par le Cabinet de l’Éducation, explique M. Cherkaoui, attaché à ce service, mais aussi par nos enseignants ».

À Molenbeek, des écoles effectuent un parcours sur la caricature.
À Molenbeek, des écoles effectuent un parcours sur la caricature.
© Fotolia/Oksana Kuzmina

C’est le cas d’un des instituteurs d’une école communale où vivent 28 cultures différentes avec une majorité arabe et tzigane : « Notre professeur de théâtre est intervenu dans ma 5e primaire, au lendemain des attentats de janvier, se souvient-il. Il a lancé le débat sur le thème Que s’est-il passé à Paris et pourquoi ? ». Les réactions se sont faites à chaud. Certaines, minoritaires, évoquaient un complot : « C’est monté de toutes pièces pour faire accuser une communauté ». D’autres, minoritaires aussi, argumentaient négativement : « Ces caricaturistes l’avaient bien cherché ».

J’ai dit mon ressenti

Juste après, à la vision des Niouzz de la RTBF sur Charlie-Hebdo et l’arrestation de terroristes à Verviers, – selon l’enseignant, « une info construite, vérifiable, pas comme sur Facebook » –, un élève a proposé : « Supprimons tous les dessins pour ne plus ennuyer personne ». L’instituteur : « C’était plus qu’interpellant. Et lorsque notre pouvoir organisateur, quelques jours plus tard, a réuni une cinquantaine d’acteurs scolaires, nous avons pu dire notre ressenti ».

Sa directrice ajoute : « En fin de réunion, les participants ont mis en place ce groupe inter-écoles, pour continuer à relayer les ressentis et les besoins, fixer des procédures claires pour réagir à chaud, récolter des outils et mettre en place des stratégies, dans le respect du projet éducatif communal et de ses valeurs. Cette phase de recul et de mise en action nous a remotivés ».

En projet, avec du recul

Depuis, dans cette école, le professeur de théâtre et l’instituteur se sont mis en projet. « Une séance s’est consacrée à reconnaitre des personnages célèbres sur base de leurs caricatures », explique celui-ci. Le but ? Comprendre ce qu’est une caricature. « Lors de la seconde, nous avons invité nos élèves à nous caricaturer. Ils y ont pris du plaisir. Moi aussi », ajoute-t-il.

La suite ? Un travail sur les différentes facettes du dessin humoristique, un autre sur la liberté d’expression à partir d’un dossier pédagogique d’Amnesty international,… et en finale un spectacle qui illustre les différentes facettes de ce projet.

L’enseignant cherche des partenaires extérieurs, comme un caricaturiste molenbeekois ou le Conseil communal des ainés. « S’ajouteront des partenaires internes, note la directrice. Les professeurs de cours philosophiques vont aussi animer leurs élèves, ensemble, sur la liberté d’expression, à l’instar de ce que propose la ministre de l’Éducation ».

Bref, conclut M. Cherkaoui, « la vie continue. Nos écoles continuent leurs apprentissages. Avec tout le bagage mis en place depuis longtemps : l’équilibre du vivre-ensemble ou l’expérience d’autres projets comme un sur la Shoah, l’an dernier ».

Patrick DELMÉE

 

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