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La classe inversée : historique, principe et possibilités

 

banner classe inversée

 

Ce dossier du Service du Numérique Educatif a été rédigé par Hedwige D'Hoine, chargée de mission.

Un dossier du Service du Numérique Educatif.

Le Service du Numérique Educatif  a parmi ses missions la promotion et le soutien des Technologies de l'Information et de la Communication (TIC) dans les pratiques des enseignants.
Afin d'intégrer les outils numériques à la pédagogie, le Service du Numérique Educatif a rassemblé des ressources pour tenter de répondre au mieux aux besoins des enseignants.
Ce dossier se penche plus particulièrement sur la méthode encensée et parfois décriée de la méthode de la classe inversée.


Ce dossier est articulé autour de trois axes qui sont « Eduquer via la classe inversée avec les TICE », « Eduquer avec les TICE » et « Des outils pour travailler avec les TICE dans la classe inversée ».

Le premier axe présente la méthode pédagogique de la classe inversée.  Le second s’articule autour des TICE qui permettent de mettre en œuvre la méthode de la classe inversée. Enfin, le troisième présente des outils, des tutoriels, des témoignages qui peuvent aider à mettre en place cette méthode pédagogique au sein des classes.

  

dépliant classe inversée
 (document Adobe Acrobat, ressource 13827) Les TICE au service de la classe inversée - dépliant.

Principe général

Les premières expériences de pédagogie inversée, sont nées à Harvard dans les années 1990 avec un professeur de physique, Éric Mazur. Celui qui a réellement développé le concept est un mathématicien américain, Salman Kahn, qui avait publié des vidéos sur YouTube en 2004 pour aider des enfants de sa famille en mathématiques. Il réalisa que des centaines de personnes consultaient ses vidéos. Rançon du succès en 2010, la fondation Bill Gates et Google lui offrent 3.5 millions de dollars. Il fonde la Kahn Academy. Celle-ci est toujours d’actualité mais d’autres personnes, sociétés se présentent depuis sur le marché. 


Dans sa définition de base, la classe inversée ou « flipped learning » consiste comme son nom l’indique à inverser le concept traditionnel de la classe.   Il s'agit une façon d’organiser différemment le temps de travail à l’école : la partie magistrale du cours est dispensée en utilisant les TICE (capsules vidéos, lectures personnelles, visites virtuelles, podcast …).  La découverte et l’apprentissage des savoirs se font hors classe, au rythme de l’élève alors que le temps de classe est consacré aux activités d'apprentissage actives, aux débats et aux discussions.
On peut donc dire que la partie transmissive de l’enseignement se fait à distance, hors des murs de la classe alors que la partie « apprentissage » basée sur les activités, les interactions, les échanges avec l’enseignant, les autres élèves, se fait en présence, en classe
.  

NB : ce que l'on entend par capsule est un terme venant du Québec qui désigne toute production écrite, orale ou audiovisuelle qui traite, de manière condensée, d'un sujet ou d'un thème donné.

Les conditions préalables 

On ne se lance pas dans cette nouvelle pratique pédagogique  sans un minimum d’outils .  Pour l’élève, il faut s’assurer qu’il puisse avoir accès à internet à la maison, dans un centre de documentation et d’information (CDI), à la bibliothèque. Si l’enfant n’a pas de connexion internet, on peut également lui faire des copies de fichiers sur un support tel qu’une clé USB, un DVD.

 Attention, cela ne peut être, en aucun cas, une pratique pénalisant certains.  Il faut également respecter le cadre légal fixé dans la circulaire 4516 : Gratuité de l’accès à l’Enseignement obligatoire du 29-08-2013  Gratuité d'accès à l'enseignement obligatoire - Réglementation et documentation qui précise clairement ce que les enseignants peuvent demander aux parents comme matériel scolaire, ce qui ne peut être qu’une suggestion et non une obligation.
Le matériel minimal pour les élèves est un ordinateur ou une tablette connectés à internet.


Pour l’enseignant, le même matériel est à prévoir en y ajoutant une caméra afin de pouvoir se filmer (le but final étant de produire in fine des capsules correspondant à ses besoins).  C’est un confort supplémentaire si la classe est pourvue d’un ordinateur et d’un tableau blanc interactif. Le tableau interactif permettant l’enregistrement et la diffusion des capsules. 
D’autres modalités sont essentielles. Car pour que la méthode de la classe inversée fonctionne, il faut une préparation structurée en amont. 

 Afin d’entrer en douceur dans cette nouvelle méthode, il est conseillé de procéder par étape.

Puisque le travail en classe est différent, il est judicieux de repenser et réorganiser l’espace-classe afin de pouvoir gérer de manière spatiale les travaux de groupe.   De familiariser les élèves et de laisser à chacun le temps de prendre ses marques. Vous pouvez par exemple commencer par regarder avec eux une capsule en classe et réaliser ensemble les tâches attendues. Puis, peu à peu, leur donner plus d’autonomie.


Comme pour toute leçon, il faut bien évidemment définir les activités que l’on va faire en présentiel avec les élèves, spécifier l’utilisation du temps en classe et choisir le contenu que l’on va inverser.  Il faut que ce contenu soit adapté à l’âge des élèves, à ce qu’ils savent faire. La capsule (quelle soit celle d'un collègue ou personnelle) sera courte et dans un vocabulaire adapté aux apprenants.  Il est contre-productif de faire visionner une capsule de 50 minutes à des élèves. L’avantage de la méthode de la classe inversée est que l’apprenant peut voir et revoir la capsule autant de fois qu’il l’estime nécessaire pour comprendre.  Si la capsule est trop longue, cela n’est plus possible. 


L’un des buts de la classe inversée est d'aider les élèves qui ne disposent pas d’une aide à domicile, il ne faut donc pas demander, hors de la classe, une tâche cognitivement difficile. La tâche doit être accessible et adaptée.   Il faut définir dès le départ si le travail à domicile sert à transmettre des connaissances, à faire le point sur quelques notions importantes ou à introduire une activité. A partir de là, on peut définir la charge de travail des élèves hors de la classe.  On sait vers quoi l’on va et ce que l’on attend d’eux. Cela se retrouvera dans le  plan de travail que vous avez préparé.

 

Le plan de travail


Prévoir un plan de travail c’est faciliter l’évaluation afin de permettre à l’enseignant de pointer les faiblesses de l’élève mais aussi ses réussites, prévoir une remédiation adaptée et personnalisée à chaque apprenant.  Ce plan permet aussi à l’élève de savoir clairement ce que l’on attend de lui, ce qu’il peut améliorer et devenir l’acteur de son apprentissage. Les objectifs peuvent se retrouver sur ce plan de travail

.Le plan de travail peut être entendu comme : 

  • un document adapté à chaque élève, 

  • sur lequel l’élève planifie ses activités à partir de ce qu’il souhaite et peut réaliser et de ce qu’il a à acquérir et maîtriser au terme de son cycle, Ce qui permet l’auto-évaluation.

  • sur lequel il note la réalisation des travaux effectués,

  • sur lequel il autoévalue l’ensemble en fin de période afin d’élaborer le plan de travail à venir.

L’enseignant quant à lui  

  • valide le travail envisagé, 

  • le modifie si besoin, 

  • suit, accompagne et oriente la réalisation, 

  • participe à l’évaluation globale du travail. 

 

La forme du travail hors classe.

Quand on a cerné les objectifs de la leçon, il faut alors choisir la forme du travail hors classe : capsules vidéo, documentaires, visites virtuelles de sites ou musées, livres audio, podcast,  livres, articles… vidéos existantes ou réalisées par l’enseignant, comment les stocker et les mettre à la disposition des élèves. Regarder la capsule ne suffit pas, il faut penser à la ou les tâches attendues.  On peut réaliser un questionnaire, des exercices d’application, un travail de recherche d’informations supplémentaires.  Les TICE permettent par exemple d’insérer des questionnaires à la capsule sous forme de questions ouvertes, de choix multiples… Cette partie plus pratique sera explicitée dans l’axe 3 de ce dossier.
Cette tâche permet également de vérifier que le travail qu’est le visionnage de la capsule par  l’élève est fait.  Cela permet également à l’enseignant de pointer les difficultés de l’élève. S’assurer de la réalisation du travail préliminaire par les élèves : si l’élève ne fait pas le travail demandé, la classe inversée n’a pas lieu d’être.

 

La correction filmée.


Prévoir une correction filmée des exercices, des évaluations, ainsi l’élève peut voir et revoir les explications,  définir où se situent ses difficultés (s’il en a) et comprendre d’où viennent ses erreurs et donc s’améliorer.

 

Informer, rassurer, évaluer.

Comme toute pratique nouvelle, elle risque de susciter des questions de la part des élèves, de vos collègues, de votre chef d’établissement et bien sûr des parents. Présenter cette méthode en amont permet d’éviter des soucis ultérieurement.
Prévoir une évaluation de l’utilisation de la méthode de la classe inversée permet de vérifier si les objectifs  sont atteints.   Quels sont les critères permettant de mesurer ces objectifs ?  Comment mesurer les critères ?  On peut alors comparer ces résultats avec les méthodes plus habituelles.   

Il ne faut pas appliquer les méthodes classiques avec des TICE.  Il faut repenser toute sa pédagogie.  Il ne s’agit pas de faire de l’ex cathedra avec la vidéo. La classe inversée est une méthode qui permet différentes pédagogies possibles.  Ces pédagogies différentes permettent de dynamiser son enseignement, elles offrent aux élèves différents moyens pour apprendre.  Grâce à la diversification, l’enseignant pourra trouver la stratégie qui convient à chaque élève. 

 

Exemples de pédagogies où la méthode de la classe inversée a toute sa place :

La différenciation.


La "différenciation pédagogique" ou la "pédagogie différenciée" est un "outil pour gérer et réduire les écarts entre élèves, gérer l'hétérogénéité des classes et diminuer le redoublement" (Pratiques de pédagogies différenciées à l'école primaire, sous la direction du Professeur Bernard Rey).
Dans le dossier de la Cellule Projets TICE « Le numérique et les troubles d’apprentissage », l’auteure Dominique Luca explicite ce qu’est la différenciation de manière détaillée. La différenciation pédagogique

La méthode de la classe inversée est un avantage évident car l’élève a la possibilité de revoir la capsule autant de fois que nécessaire pour comprendre le concept ou la matière abordés.  L’enseignant décèle rapidement les élèves ayant des facilités et peut leur proposer des activités supplémentaires ou des exercices de renforcement voire d’avancer plus vite dans la matière.  Quant aux plus faibles, ils bénéficient d’un soutien personnalisé.  Chacun avançant à son rythme et selon ses capacités.

 

La pédagogie active. 


 La pédagogie active a pour but de rendre l’apprenant acteur de ses apprentissages, afin qu’il construise ses savoirs à travers des situations de recherches. Comme le résumait en quelques mots Jean Piaget : « Quand on explique à un enfant, on l’empêche d’inventer ».
La pédagogie active  fait  partie des méthodes qui relèvent de ce qu’on nomme l'apprentissage expérientiel, c'est à dire “apprendre en faisant”.  Il s'agit d'impliquer l'apprenant dans des situations (fictives ou réelles) pour qu'il puisse utiliser ses compétences et les faire évoluer au cours de la formation.  


Ce qui différencie la pédagogie dite active des autres pédagogies est l’implication de l’apprenant à tous les stades de son apprentissage. Il s’agit d’une pédagogie qui affirme l’activité et la capacité de recherche propre à chaque enfant. Ce n’est pas l’enseignant qui enseigne mais l’enfant qui cherche des réponses aux questions qu’il se pose seul ou avec les autres. Célestin Freinet, John Dewey, Jean Piaget, Maria Montessori, Ovide Decroly et d’autres ont basé leurs méthodes pédagogiques sur une démarche d’auto-structuration de la connaissance : l’enfant doit trouver du sens à ce qu’il apprend par lui-même.


On voit clairement que la méthode de la classe inversée et l’utilisation des TICE sont tout indiquées dans cette pédagogie.  En effet, les capsules sont un support pour assoir les savoirs.  Elles sont disponibles partout et tout le temps.  L’élève peut y avoir recours quand il en ressent le besoin.  De plus, la méthode de la classe inversée libère du temps en présentiel pour faire encore plus d’activités avec la pédagogie active.

 

Pédagogie active et pédagogie de projet.


Comme pour la pédagogie active qui la pratique très souvent, la pédagogie de projet a pour objectif de rendre l’élève acteur de son apprentissage.  Cet apprentissage est basé autour de projets et d’activités menant à une finalité concrète.  Par exemple : réaliser un film ou un dessin animé, monter une exposition, organiser un voyage, écrire un roman ou une bande dessinée, etc.
La pédagogie de projet permet cependant une plus grande motivation car l’apprenant a un but concret à atteindre.  Les recherches qu’il effectue, les savoirs et les savoir-faire qu’il mobilise ont une finalité visible.  On sait pourquoi on apprend et pourquoi on fait les choses.


La pédagogie de projet permet également le développement des capacités de recherche, d’esprit critique car il faut vérifier la pertinence des informations découvertes.  Elle permet aussi d’apprendre à s’organiser, organiser son temps, son travail, sa pensée. Elle augmente les interactions sociales et la collaboration entre les élèves car tout le monde tend vers un objectif commun.
Bien évidemment, il faut que le projet soit fédérateur, porté par tous et accepté de tous pour que l’apprentissage soit efficace.  Un projet imposé qui n’a pas reçu l’aval du groupe classe n’a pas la même portée pédagogique.  Il faut aussi organiser ce projet dans le temps et ne pas faire « le projet » tout le temps car la lassitude crée l’ennui et l’ennui empêche d’apprendre efficacement.
La méthode de la classe inversée a tout son sens dans la pédagogie de projet.  En effet, en pratiquant la classe inversée, on dégage du temps en présentiel pour avancer dans la réalisation du projet.  On aura donc plus de temps pour utiliser, manipuler les notions découvertes hors classe dans des ateliers d’écriture, artistiques, des réalisations pratiques d’expériences, des débats, des jeux de rôles, des reconstitutions.


La pédagogie de groupe.


La pédagogie de groupe est un moyen pour sortir du modèle transmissif classique qu’est le cours magistral (un maître déverse ses connaissances à des élèves objets qui ingurgitent le savoir).
Comme le déclarait Philippe Meirieu en 1984 : « Pour l’instituteur ou le professeur qui veulent s’engager dans une entreprise de rénovation, le premier objectif est de briser le fonctionnement impositif et abstrait du cours magistral, pour mettre leurs élèves en situation d’agir et d’opérer eux-mêmes leurs propres découvertes » (Apprendre en groupe, tome I, Lyon, Chronique sociale 1984).

Pour sortir des cours magistraux et tenter toute autre approche, il faut maîtriser la technique du travail de groupe.
Il ne suffit pas de grouper des élèves pour faire du travail de groupe.  Il est indispensable de repenser la manière d’organiser son cours.
Le but de la pédagogie de groupe est de permettre aux élèves de construire leur savoir via une activité réalisée en petits groupes d’élèves. Cette activité vise à atteindre les objectifs fixés par l’enseignant.
On parle de groupe à partir d’au moins trois élèves devant interagir car c’est de la confrontation de ses membres que se construit la réflexion, que le groupe atteindra les objectifs fixés. 
Dans la pédagogie de groupe, le maître n’est plus le référent omnipotent, il délègue des responsabilités à chaque membre du groupe : les élèves quittent leur statut d’objet pour celui de sujet.

Toujours selon Philippe Meirieu (chercheur et écrivain français, spécialiste des sciences de l'éducation et de la pédagogie), la pédagogie de groupe a pour objectifs :

  • La finalisation. « Que convient-il d’apprendre maintenant pour que chacun soit capable d’affronter ces difficultés tout seul ? » (Apprendre en groupe, tome I, Lyon, Chronique sociale 1984).

  • La socialisation.  Il faut planifier les étapes pour atteindre l’objectif final, intégrer chacun au groupe et lui laisser une place ou prendre la sienne.

  • La confrontation ; il faut utiliser l’interaction entre les membres du groupe, chacun exprimant son avis et étant écouté, devant s’exprimer et se confronter à celui de l’autre.

  • L’apprentissage : l’intérêt du travail de groupe vient des interactions possibles.  Si le travail attendu correspond à des questions simples pouvant être résolues seul, le travail de groupe n’a aucun intérêt. Il faut donc des problématiques qui fassent appel aux questionnements, à l’avis des autres.  La richesse de la pluralité a alors tout son sens.

 

Organiser les groupes.

Pour pratiquer la pédagogie de groupe, il faut constituer des groupes selon les objectifs attendus. On peut alors former des groupes homogènes ou hétérogènes.  Cette organisation doit être pensée au préalable : il faut revoir l’organisation de l’espace classe en bougeant peut-être la place des tables en îlots.  L’enseignant aura alors plus de facilité à se mouvoir et aller de groupe en groupe.
L’enseignant doit également préparer minutieusement le travail en amont.  Les consignes doivent être les plus claires possibles afin que les élèves travaillent le plus possible en toute autonomie.
L’enseignant veillera aussi à l’équité de travail au sein du groupe en attribuant à chaque membre un rôle spécifique : le scribe qui note le fruit de la réflexion, le maître du temps qui veille à ce que la tâche attendue soit finalisée dans les temps impartis, le rapporteur qui présente le résultat du travail aux autres groupes.  Il faut veiller à ce que ce ne soit pas toujours le même élève qui ait la même tâche.


La méthode de la classe inversée peut s’insérer dans le travail de groupe.  Soit l’enseignant demande aux élèves de prendre connaissance de la capsule hors classe, le travail de groupe démarrera alors après ce prérequis. Soit l’enseignant peut prévoir une capsule présentant une situation-problème différente à chaque groupe.  Les groupes travaillent à partir de celle qui leur est attribuée.
Soit on peut créer des groupes de forces différentes et donner des activités en rapport.  L’enseignant pouvant aller d’un groupe à l’autre et apporter spécifiquement le soutien dont chaque groupe a besoin.  Le travail de groupe  peut s’inscrire dans un cadre de remédiation ou de dépassement.  


La pédagogie de maîtrise. 


La pédagogie de maîtrise est une stratégie pédagogique développée par Benjamin Bloom qui repose sur le principe qu’il n’y a pas de bons ou de mauvais élèves mais que certains ont juste besoin de plus de temps pour apprendre.


La procédure classique de la pédagogie de maîtrise est que l’enseignement est découpé en unités pour lesquelles les objectifs seront clairement définis.  L’élève sait exactement ce que l’on attend de lui : « L’élève sera capable de… »
Ces unités sont également découpées et classées en niveaux d’acquisition des connaissances et des compétences ; on part du plus concret vers le plus abstrait, du plus simple au plus complexe.  Ce découpage hiérarchisé est connu sous le nom de « Taxonomie de Bloom ».
Cette taxonomie est une aide aux enseignants pour formuler des consignes permettant d’évaluer le niveau de compétence des élèves et donc d’apporter une remédiation rapide puisque l’on sait définir ce que l’élève ne maîtrise pas.


Avec la méthode de la classe inversée, la taxonomie de Bloom est renversée : l’enseignant propose une situation- problème complexe.  L’élève va se poser des questions, émettre des hypothèses, des solutions possibles. Ensuite, il va faire appel aux savoirs et connaissances.
Les savoirs apportent des réponses aux questions que les élèves se sont posées alors que, traditionnellement, les savoirs servent à répondre à des questions que l’enseignant impose à l’élève.
Les TIC permettent d’amener des situations-problèmes riches, authentiques, réelles, d’aujourd’hui sur des thèmes aussi variés que la vie quotidienne, la vie sociale, scientifique, économique…

  • L’enseignant amène la situation-problème avant la classe, sous forme de capsule.
  • Le temps en présentiel devient alors un temps de débats, d’échanges, d’interactions.
  • Suite à ce temps actif en classe, l’élève poursuit la construction de son apprentissage en asseyant l’acquisition des savoirs hors la classe, via les capsules. 
  • Enfin, de retour en classe, les élèves mettent en commun ce qu’ils ont découvert, réalisent des exercices, des expériences et résolvent la situation-problème du départ.


Cette utilisation de la classe inversée est pédagogiquement la plus aboutie, la plus riche et la plus complexe.
Bien évidemment, il appartient à chaque enseignant d’appliquer la méthode qui lui correspond, avec laquelle il se sent à l’aise.  Ces exemples de pédagogies possibles sont là pour montrer qu’il n’y a pas qu’une méthode possible, que l’on peut multiplier ses pratiques afin de dynamiser ses cours, susciter l’intérêt et répondre aux besoins des élèves qui sont aussi nombreux et multiples qu’il y a d’élèves.  

 

Classe inversée et idées préconçues.

Afin de résumer brièvement les principes de la classe inversée et faire la chasse aux idées préconçues, on pourrait synthétiser ainsi :

 

   Ce qu’est la méthode de la classe inversée : Ce que la méthode de la classe inversée n’est pas :
  • Un amplificateur d’interactions et de contacts personnalisés entre les élèves et les enseignants ;

 

  • Une méthode où l’enseignant est un accompagnateur attentif qui peut pratiquer efficacement la différenciation ;

 

  •  Une méthode permettant une approche constructiviste ou socioconstructiviste  (c’est aux apprenants qu’il revient d’apprendre, mais on n’apprend pas tout seul) ;

 

  • Un moyen de ne pas laisser des élèves « en arrière » s’ils sont absents pour des raisons de maladie ou d’activités  diverses (sportives, culturelles,…) ;

 

  • Une méthode où l’espace-temps n’existe plus car les contenus  sont accessibles tout le temps, partout tant pour les révisions, les examens, la remédiation ;

 

  • Une classe où l’apprenant est d’avantage engagé dans son apprentissage.  L’élève n’est plus un objet mais le sujet de son apprentissage ;

 

  • Un lieu où l’élève peut recevoir un accompagnement personnalisé ;
  • Une méthode où l’enseignant est remplacé par des vidéos ;

 

  • Une méthode où le savoir est transmis uniquement via des capsules en ligne ;

 

  • Un cours en ligne à distance ;

 

  • Un cours où les activités ne sont pas structurées et où les élèves font tout et n’importe quoi ;

 

  • Une méthode où les apprenants  passent leur temps de classe devant un écran ;

 

  • Une méthode où le  travail pour être qualifié d’« autiste », où les élèves travaillent seuls derrière leurs écrans ;

 

  • Une méthode qui est une version numérisée de cours ex cathedra ;

 

  • Une méthode où l’enseignant est désinvesti de sa fonction.  Elle est différente et repensée autrement.  L’enseignant n’est pas dépouillé de son statut d’expert ;

 

  • Une méthode qui oblige à faire tous les cours, toute l’année,  tout le temps avec cette méthode : la répétition crée l’ennui et le désintérêt.  Il faut varier les modes d’apprentissage.

             

 

 

 

 

 

 

 

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